Publié par : La société solidaire et durable | juin 17, 2018

A Tours, un HLM intègrera une ferme urbaine en 2019 !


Chers lecteurs,

En 2019, à Tours, « Les Jardins Perchés » sortiront de terre. Ce HLM d’un genre nouveau accueillera en son coeur une ferme maraîchère de 2000 m².

Ce ne sont pas les HLM qui vont aux champs, mais les champs qui viennent aux HLM (Crédit : Résidence Les Jardins Perchés et Tours Habitat)Ce ne sont pas les HLM qui vont aux champs, mais les champs qui viennent aux HLM (Crédit : Résidence Les Jardins Perchés et Tours Habitat)

Putain c’qu’il est blême, mon HLM! », chantait Renaud en 1980. Aujourd’hui, certains logements sociaux prennent des couleurs, et tirent même vers le vert.  “Les Jardins Perchés” est le nom d’un vaste projet d’HLM, à Tours (Indre-et-Loire), au coeur duquel sera construite une ferme maraîchère de plus de 2 000 m². Le but, « renouer un contact entre l’urbain et la culture maraîchère tout en créant du lien social”,  expliquent les dirigeants de Tour(s)Habitat, le bailleur social de l’immeuble, dans un communiqué de presse.

Ce projet hybride est l’un des premiers en France qui prévoit dès sa conception de mêler habitat social et production maraîchère. Il vient de gagner le prix “Habitat” du concours européen organisé par “Le Monde Smart Cities” pour récompenser les innovations urbaines. Le jury a salué la démarche écologique et sociale du futur HLM.

Les habitants invités à jardiner

Composée de trois bâtiments de trois étages reliés par des passerelles aériennes, la résidence abritera 75 logements du T1 au T5 . À leurs pieds, un jardin avec 1 200 m² de surfaces cultivables et, sur les toits, 776m² de serres hydroponiques. Le tout sera exploité par un maraîcher professionnel, “sans pesticides”.

En plus de produire des denrées quasiment biologiques – impossible d’obtenir le label bio pour des produits cultivés hors sol – les serres devraient aussi “isoler la toiture et améliorer la performance énergétique des bâtiments”, souligne Grégoire Simon, directeur général de l’office HLM de Tours, interrogé par Le Monde. La consommation énergétique du bâtiment devrait être réduite de 20% par rapport à la réglementation en vigueur.

Et pour les habitants ? Tours Habitat promet que les volontaires seront associés à l’activité agricole. Un espace cultivable au sol leur sera destiné. Ils devraient aussi avoir« la possibilité de participer à des activités proposées par un maraîcher souhaitant partager et transmettre sa passion ».

Le coût total du bâtiment devrait approcher les 10 millions d’euros, selon Infos-Tours. Un projet pas simple à mettre en oeuvre : le maraîcher qui devait cultiver les espaces verts, Macadam Farm, a récemment abandonné le navire, en invoquant des “difficultés de pilotage et de gestion”. L’office HLM est la recherche d’un nouveau partenaire.

Un modèle « reproductible »

Pour faire en sorte que le projet soit économiquement viable, Tours Habitat a fait appel, en autres, à des experts de l’INRA (l’Institut national de la recherche agronomique), de la chambre d’agriculture départementale et de Fermes d’avenir, une association qui propose une alternative écologique et locale à l’agriculture intensive.

Le bailleur souhaite que le modèle de l’immeuble soit « reproductible » : « Il est libre de droit. L’objectif est de tester et de démontrer la viabilité du concept afin d’être copiés, critiqués, améliorés« , poursuit le communiqué.

Écologique, social et nourricier, le concept de potager urbain est dans le vent, tant sur les toits, dans les parkings, ou au coeur des immeubles.

Dans des HLM, à Toulouse, un maraîcher s’est approprié de lui-même les espaces verts environnants, alors qu’à Sarcelles, ce sont les habitants de logements sociaux qui ont créé leur potager de toute pièce.

Source : Wedemain / Emma Derome

Publicités
Publié par : La société solidaire et durable | juin 17, 2018

On a 20 ans pour changer le monde, au coeur de nos campagnes !


Chers lecteurs,

Réalisé par Hélène Médigue, le film qui est sortie en salle le mercredi 11 avril est une fenêtre sur un monde que certain.e.s veulent changer par la voie des champs. Ses protagonistes font preuve d’une énergie communicative rare qui bouscule les habitudes pour convaincre et embarquer avec eux le plus grand nombre d’acteurs possible.

l_champs_de_poireaux-768x430

Mise à nue

Le premier plan s’ouvre sur une vaste plaine. Une terre mise à nue : peu de haies, peu de vie. Ici, la terre est comme de la pierre – dure, quasi-minérale et presque inerte. C’est un « huitième continent qui se dessine sous nos pieds« , comme l’explique peu de temps après le paysan-permaculteur, auteur et formateur Xavier Mathias. A voir le couple Lydia et Claude Bourguignon (du laboratoire d’analyse microbiologique des sols) creuser difficilement dedans pour en analyser la teneur, on prend déjà la mesure du temps : « Les sols sont fertilisés mais ils ne sont plus fertiles, la profession agricole a décapitalisé » souligne l’expert en qualité des sols, qui avec sa femme, depuis des années, sensibilise au besoin de garder les terres en vie.

Parce qu’elles seraient mortes ? Avec le temps oui. Le temps passé à les saturer de produits chimiques et à les labourer à la force du tracteur les a épuisées. Pire, « c’est une campagne déshumanisée », déplore Xavier Mathias, bien conscient du chantier nécessaire pour inverser la vapeur. A ses côtés, Maxime de Rostolan, fondateur de l’association Fermes d’Avenir (dont je vous parlais déjà ici en octobre 2016) confie LE chiffre clef qui lui a fait quitter la vie urbaine pour se lancer à corps (et à coeur) dévolus dans la vie paysanne : « on a divisé par 25 notre efficacité énergétique pour faire de l’agriculture, comment est-ce possible !? » interroge-t-il face caméra, de cet air candide qui partout l’accompagne, du haut de sa carrure, pour questionner et convaincre les grands de ce monde de mettre fin à « cet état de faillite programmée ».

L’ancien ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll, le militant puis ministre de la transition écologique Nicolas Hulot, le candidat Emmanuel Macron (alors « en mâche » pendant sa campagne, comme plaisantent les membres de Ferme d’Avenir) font partie des personnalités que l’équipe va rencontrer, tour à tour, pour tenter de convaincre de la nécessité de faire évoluer les pratiques agricoles, d’innover en mettant en place d’autres systèmes de production, d’autres modèles économiques. Des rencontres qui donnent aussi le « la » du temps très vite : « le temps long n’est pas intégrable dans le débat politique aujourd’hui, l’immédiat nous plombe au quotidien, l’actualité et les contraintes nous rattrapent« , avoue tout de go Stéphane Le Foll, au début du film…

20 ans

A l’assaut des pouvoir publics – Image extraite du film « On a 20 ans pour changer le monde », d’Hélène Médigue

Histoire d’une désynchronisation

Alors que le film distille habillement des chiffres symboliques (on apprend notamment que la production nationale a chuté en volume et en 15 ans, de 12 % pour les légumes et 26 % pour les fruits; ou que le suicide est la troisième cause de décès chez les agriculteurs exploitants, un suicide tous les 2 jours – soit 20 % supérieur à la moyenne nationale), des séquences aussi drôles que poétiques le parcourent également, tel cet échange avec le célèbre botaniste Françis Hallé, qui émet de « doutes sérieux sur l’être humain en tant qu’espèce zoologique » et déplore que nous ne fassions « que des conneries« , avant de se faire hisser en haut d’un arbre, seul lieu où il se sente véritablement apaisé dans ce monde…

Au fur et à mesure, ces paysans s’apparentent à des abeilles ouvrières qui ne cessent de s’activer pour le gagner, ce fichu temps. « Je suis habitée par cette idée que notre conscience est à la traîne de la science« , confie la réalisatrice Hélène Médigue. Concernée par ces problématiques depuis longtemps, elle inscrit ce film dans la lignée de ces précédents films (sur l’autisme et la médecine générale notamment), dans une quête de sens pour relier deux visions, deux mondes agricoles qui bien souvent ont du mal à communiquer ensemble… « Je me suis concentrée sur l’exemple de Fermes d’Avenir, mais il y a d’autres acteurs qui agissent dans le secteur bien sûr ! En leur compagnie pendant un an avec une caméra au plus près des personnages, j’ai surtout eu affaire à des urbains qui sortent de grandes écoles, des jeunes de 20 à 40 ans qui s’emparent de ces sujets et s’attaquent à la transition sur tous les front – l’information, l’influence, la production, le financement… » explique la réalisatrice, désireuse de relier plus que de dénoncer. « J’ai organisé des rencontres spécifiquement pour le film« , note-t-elle encore, heureuse d’avoir convaincu un agriculteur conventionnel (Vincent Louault) de se lancer dans le défi progressif d’une culture plus biologique… « mais quand il faut changer, il faut aussi que l’état les aide ! » relève Hélène Médigue.

20 ans 2

Fermes d’Avenir convainc un agriculteur conventionnel, Vincent Louault (à gauche) de suivre progressivement leur exemple – Image extraite du film

Si le film a bénéficié de la confiance absolue et l’investissement du producteur, François Charlent, il bénéficie aussi d’une musique sur mesure composée par Christian Olivier, « grand musicien, arrangeur, auteur à texte, interprète et surtout poète ! » s’enthousiasme la réalisatrice, qui s’est tenue à ses côtés image par image afin de ficeler cela au mieux : « J’ai un atelier de création et c’est dans cet endroit un peu hors du temps qu’on se retrouvait pour visionner image après image, on travaillait les sons, Hélène me soufflait des pistes et je sculptais au fur et à mesure les compositions. Ce qui m’inspire ce sont les choses qui se croisent, se bousculent, partent dans tous les sens mais toujours gardent un élément en commun, cette espèce de l qui maintient la spécificité de chaque son, thème, voix et qui les fait vivre ensemble » indique pour sa part le compositeur (cf. la bande annonce ci-dessous)

Vingt ans ?

De fait, une question intrigue avec le choix du titre et cette affirmation qu’il fait sienne, « 20 ans pour changer le monde ». Pas moins ? Pas plus ? « Le climatologue Jean Jouzel dit trois ans, ce qui est un peu flippant. L’écologiste Yves Cochet dit que l’effondrement est inévitable d’ici 2030, et le GIEC nous donnes un horizon de à 2100. Alors je fais comme Obélix, je tranche, et me dis que ce sera plus probablement en vingt ans ! Quand on voit les progrès faits ces dernières vingt années en plus… », relève Maxime de Rostolan quand on l’interroge à ce sujet.

Signe positif, d’après lui : le fait qu’il y ait de moins en moins de débat sur le constat (des menaces climatiques et environnementales), et que les échanges auxquels il prend part se focalisent surtout sur les solutions. « Le débat technico-politico-économique doit toujours être remis en cause, et notre approche a pour ambition d’impliquer institutionnels comme financeurs, paysans comme citoyens, associations comme syndicats » relève encore le fondateur de Fermes d’Avenir, qui pour la sortie du film publie également un livre éponyme dans lequel il s’adresse à une vingtaine de personnalités, du maire de son village à l’humoriste Guillaume Meurice.

In fine, les plus convaincus n’apprendront rien sur le propos de fond du film, les puristes regretteront que seul l’exemple de Fermes d’Avenir soit mis en avant, mais l’énergie déployée par l’ensemble des protagonistes mis en images et en musique dans ce film a de quoi convaincre et faire découvrir un monde bien ancré dans la terre – et ce malgré les cernes, les cheveux en bataille et les vieux t-shirts de ces acteurs de terrain ! Hélène Médigue, pour sa part, envisage de créer maintenant des fermes thérapeutiques adaptées pour l’accueil d’adultes autistes : « ce film a été la confirmation de l’énergie que je veux mettre dans le développement de ces lieux ». Une histoire à suivre, donc, ou comment allier encore plus dimensions écologiques et sociales et oeuvrer pour la beauté du monde…

Source : http://alternatives.blog.lemonde.fr/ Anne-Sophie Novel

Publié par : La société solidaire et durable | juin 17, 2018

Chômage de longue durée : ces 10 territoires ont l’antidote !


Chers lecteurs,

Ramener à zéro le chiffre du chômage de longue durée dans cinq ans, c’est l’objectif de dix territoires qui expérimentent le projet « territoires zéro chômage de longue durée » conçu par ATD Quart Monde. Les premiers résultats sont déjà là.

Une séance de formation dans les locaux d'EmerJean le 7 juin. EmerJean, comme les autres EBE assure la formation continue de ses salariés (crédit Marie Ferapie)Une séance de formation dans les locaux d’EmerJean le 7 juin. EmerJean, comme les autres EBE assure la formation continue de ses salariés (crédit Marie Ferapie)

Halima est en recherche d’emploi depuis deux ans quand elle entend parler, en 2016, du projet mené par la municipalité de Villeurbanne pour le quartier Saint-Jean : créer une entreprise qui ne recruterait en CDI et à temps choisi que des profils comme le sien, au chômage depuis plus d’un an et résidents du quartier.

Les salariés n’y exerceraient que des activités sur mesure. « J’ai imaginé les activités que je voulais et que je pouvais exercer, comme le soutien scolaire, la formation à l’informatique, des services que les autres entreprises locales n’assuraient pas. Je prenais un risque, celui d’être profondément déçue si l’entreprise ne voyait pas le jour, mais aujourd’hui EmerJean existe bien. » 

EmerJean est l’une des dix « entreprises à but d’emploi » (EBE) créées en 2017 sur dix communes ou communautés de communes de l’hexagone pour expérimenter pendant cinq ans le projet « territoires zéro chômage de longue durée »  portée par l’association du même nom, TZCLD. Le projet est né d’une idée simple, d’ATD Quart Monde.

Un chômeur de longue durée coûte 18 000 euros en moyenne par an à l’État et la collectivité ; pourquoi ne pas convertir cette somme en salaire au SMIC, à travers un outil ad hoc, un fonds de collecte des aides publiques pour financer les EBE ? Cette idée a été inscrite dans la loi du 29 février 2016, votée à l’unanimité par le Parlement.

Chaque EBE est financée aux deux tiers par ce dispositif et pour le reste, par ses activités commerciales. À cette date, le bilan est positif, se réjouit Laurent Grandguillaume, président de TZCLD : « En un an, 25 % des chômeurs de longue durée de ces dix territoires ont été embauchés. Les EBE génèrent un chiffre d’affaire suffisant pour grossir leurs effectifs. Une onzième EBE a même été créée mi-mai en Meurthe-et-Moselle ».

Imaginer de nouvelles activités pérennes

L’idée d’ »activer les dépenses passives », et de transformer en salaire les allocations versées par l’Etat et les collectivités ne date pas d’hier. Elle est à l’origine du RMI créé en 1988 sous le gouvernement de Michel Rocard.

Elle a été reprise en 1995 par Jacques Chirac pendant sa campagne présidentielle ; il proposait « une exonération complète de charges sociales assortie d’une subvention de 2.000 francs par mois [soit l’équivalent de 55 % environ des allocations-chômage] pour toute embauche de chômeur de longue durée sur une activité nouvelle »  (Libération, 17 janvier 1995).L’idée a été rejetée : cette mesure aurait produit un effet d’aubaine qui aurait pénalisé les autres demandeurs d’emploi.

« Il y a des besoins auxquels les entreprises ne répondent pas, parce que ce ne serait pas suffisamment rentable ; ce sont ces besoins-là que les EBE veulent satisfaire » explique Denis Prost, chef du projet TZCLD des communes bretonnes de Pipriac et Saint Ganton, en Ille-et-Vilaine.

Entre vingt et quarante activités non concurrentielles ont ainsi été créées par les salariés des EBE : petits travaux de maintenance, blanchisserie, recyclage et compostage des déchets, maraîchage urbaine, épicerie ambulante… qui débouchent parfois sur une proposition d’emploi.

« Je faisais depuis un an des tâches administratives pour la maison de santé de Pipriac quand elle m’a proposé un poste de secrétaire médicale à mi-temps, raconte Lucie. J’ai signé mon CDI le 1ermars, un an et deux mois après avoir signé avec l’EBE le CDI qui mettait fin à une inactivité professionnelle de huit ans ».

« Chaque fois qu’on imagine une activité que ni le centre social ni les entreprises locales n’assurent, explique Bertrand Foucher, président d’EmerJean, on vise la pérennité de l’emploi créé, plus que la pérennité de l’entreprise. L’EBE n’est qu’un tremplin. »

Des territoires dynamisés

Pour fonder une EBE il faut mobiliser tout un territoire. Deux ans de travail de communication, du porte-à-porte souvent, pour informer les habitants et les chômeurs éligibles, vaincre la peur de certains de n’être plus capables, rassurer les entreprises, les convaincre de rentrer au capital ou de nouer un partenariat, avant de créer l’entreprise. C’est un projet qui ne peut se construire qu’à l’échelle d’un petit territoire de 5 000 à 10 000 habitants.

La carte des territoires habilités en 2016 à expérimenter le projet "territoires zéro chômage de longue durée" (crédit TZCLD)

La carte des territoires habilités en 2016 à expérimenter le projet « territoires zéro chômage de longue durée » (crédit TZCLD)

Notre projet au fond est plus qu’un remède au chômage, commente Aurelie Mathelin, cheffe de projet TZCLD en Meurthe-et-Moselle. C’est tout un territoire qui se reconsidère, qui examine le potentiel de ses femmes et de ses hommes, ses ressources économiques, ses gâchis… Je vous donne un exemple : l’une des activités de notre EBE, La Fabrique, est d’assurer l’entretien de vergers, de revaloriser les fruits perdus des vergers abandonnés. On va aller plus loin. Avec les maraîchers du secteur et les arboriculteurs on pense ouvrir une conserverie ».

La dynamique créée par ces entreprises va-t-elle s’éteindre en 2021, date de fin de l’expérimentation ? Selon les informations publiées par Le Monde lundi 11 juin, la prolongation de l’expérimentation et l’extension du projet à quarante territoires volontaires feraient partie du Plan antipauvreté d’Emmanuel Macron, qui sera dévoilé début juillet, à Versailles.

Source : wedemain / Paola De Rohan-Csermak

Publié par : La société solidaire et durable | juin 4, 2018

Les promesses de l’économie bleue d’après Gunter Pauli !


Chers lecteurs,

Gunter Pauli est un entrepreneur belge, né en 1956 à Anvers. Titulaire d’un MBA de l’Insead de Fontainebleau et conférencier passionné, il parle plusieurs langues et a voyagé sur tous les continents.

JPEG - 159.7 ko

De sensibilité écologiste, il lance dans les années 1990 « Ecover », une entreprise productrice de lessives biologiques. Pauli y croit : toute son usine est biodégradable. Il paie même à ses employés le km parcouru à vélo pour se rendre à l’usine.

Vient alors le choc de sa vie : en se rendant en Indonésie d’où provient l’huile de palme dont il se sert pour produire ses lessives bio, il se découvre coresponsable de la déforestation du Bornéo, c’est-à-dire le biotope naturel des derniers grands primates. Car biodégradabilité et recyclabilité ne riment pas toujours avec « développement durable ».

Pauli vend alors sa boite et approfondit sa réflexion. Il rencontre alors le Pr Heitor Gurgulina de Suza, à l’époque recteur de l’Université des Nations unies qui lui demande, 3 ans avant le protocole de Kyoto, d’imaginer un modèle économique qui ne produira ni émissions ni déchets mais permettra la création d’emplois, de cohésion sociale sans coûter plus cher.

Comme réponse à ce défi, Pauli développe le concept d’« économie bleue », une simple référence à la couleur de notre planète vue à distance.

Le bio-mimétisme

Point de départ de sa démarche ? Le bio-mimétisme. Tout part d’un respect et d’une admiration de la sagesse intrinsèque des écosystèmes dont les industriels feraient bien de s’inspirer. Dans la nature, observe Pauli, deux questions qui nous préoccupent n’existent tout simplement pas : les déchets et le chômage. « A-t-on jamais croisé des arbres, des poissons ou des champignons sans emplois ? » s’interroge-t-il.

Car, la feuille morte qui tombe de l’arbre n’est pas proprement un « déchet » puisqu’elle servira d’office de terreau à d’autres cultures. Contrairement à nos productions industrielles qui s’effectuent souvent en se coupant de ce qui les entoure dans la nature, tout est constamment en lien avec tout, et ceci pour le meilleur et le pire.

Définition de l’économie bleue

Pour résumer sa pensée, Pauli différencie trois types d’économie :

L’Économie Rouge, c’est ce que nous connaissons actuellement, a entraîné la faillite mondiale actuelle. C’est une économie qui emprunte à tous et à tout, à la nature, à l’humanité, sans penser à rembourser un jour. Les fameuses économies d’échelles visant une baisse du coût unitaire de chaque article manufacturé en ignorant totalement les conséquences induites (…)

L’Économie Verte, en comparaison, exige des entreprises de nouveaux investissements, attend des consommateurs qu’ils paient plus cher pour des résultats et des produits équivalents ou moindres, mais soucieux de l’environnement. Or, ce qui était déjà une gageure en période de richesse, est devenu en temps de crise quasiment impossible (…)

L’Économie Bleue. Si nous changeons de perspective, nous constaterons que l’Économie Bleue s’attache à des questions de régénération qui vont au-delà de la préservation ou de la conservation. L’Économie Bleue ne recycle pas, elle régénère. D’une certaine façon, l’Économie bleue consiste à s’assurer qu’un écosystème maintient ses règles évolutives afin que tous puissent bénéficier des flux infinis de la Nature en matière de créativité, adaptabilité et abondance.

Objectif zéro déchets

Pour Pauli, l’objectif n’est pas de faire « moins » de déchets, mais en s’inspirant de la nature, d’arriver à « zéro déchets » ! Non pas par des privations et de l’austérité suicidaire, mais par l’ingéniosité et des sauts technologiques. Après tout, abolir les déchets… la nature le fait déjà. Si nos industries ressemblaient à la nature, chaque déchet serait l’aliment d’une autre industrie. Plus qu’une « économie circulaire », il s’agit d’une économie « en cascade ».

Et cela s’avère possible lorsque l’homme, en mobilisant sa créativité invente des nouvelles technologies et des nouveaux procédés permettant de métamorphoser les « déchets » de hier en « ressources » de demain. Et pas besoin de taxes, de subventions, ou même d’investissement, seulement de beauté et d’ingéniosité.

Pour Pauli, le système actuel qui prospère grâce à la pollution, ressemble à celui qui vivait grâce à l’esclavage. Or, comme toute révolution, l’abolition de l’esclavage a dû franchir trois étapes dans l’esprit humain : d’abord on l’a considérée comme ridicule, puis comme dangereuse, puis comme évidente. D’où Gandhi :

D’abord ils vous ignorent, puis ils se moquent de vous, puis ils vous combattent, puis vous gagnez.

Bien qu’il soit membre du très malthusien Club de Rome, Gunter Pauli, auteur de « Croissance sans limites », ne croit pas que l’homme est une métastase cancéreuse de l’univers, tout au contraire. Il adore la science et pense que rien qu’avec les déchets et la connaissance, il y a de quoi nourrir des milliards d’individus sur terre.

L’abolition de la pollution est l’objectif de son Institut de recherche, le Zero Emission Research and Initiatives (ZERI). Entrepreneur dans l’âme, il plaisante en disant qu’il ne s’agit pas seulement d’un think-tank (une boîte à idées) mais d’un do-tank (une boîte capable d’agir). De nombreux inventeurs et scientifiques, bloqués par le conformisme des États et une finance hostile au progrès, apportent conseils et suggestions.

Comment ça marche ?

Voici quelques exemples de l’économie bleue existants ou en cours de réalisation, ou qui n’ont pas réussis :

  • Marc de café pour produire des champignons. Du caféier à la tasse, nous ne consommons que 0,2 % de la biomasse de la plante. Le reste est gaspillé. Absurde ! Le marc de café, est de loin le meilleur compost possible pour la culture de champignons. Car une fois bouillie, la fibre du café est un terreau idéal. Déjà dans des centaines de villes aux quatre coins de la planète, la collecte du marc de café permet d’alimenter des champignonnières. Quant aux surplus de champignons, ils seront utilisés pour nourrir du bétail.
  • Imiter la pêche sélective des baleines et des dauphins. Ces poissons produisent des bulles sous leur proie. Les poissons les plus légers se retrouvent propulsés vers les hauteurs où les prédateurs les récupèrent. Mais les femelles qui portent des œufs, et qui sont donc plus lourdes, restent en bas. Résultat : la pêche ne porte pas atteinte au cycle de reproduction. A titre expérimental, l’Indonésie teste actuellement une dizaine de catamarans équipés de tuyaux injectant des bulles d’air sous les bancs de poissons afin d’imiter le procédé. Le principe est génial, mais c’est loin d’être gagné d’avance.
  • Couches culottes pour faire pousser des arbres fruitiers. A Berlin, on tente l’expérience. Les parents de nourrissons se voient offerts de couches culottes gratuites. Une seule condition pour en profiter : les ramener lorsque bébé a fait ses besoins. Les couches culottes en question se transforment en « terre noire » favorisant grandement la culture d’arbres fruitiers. En bout de chaîne, c’est la vente des arbres qui permet la gratuité de l’ensemble de la chaîne.
  • Déchets de viande pour produire des médicaments. Les armées de Napoléon se servaient d’asticots pour nettoyer les plaies des blessés. Aujourd’hui, un abattoir africain utilise ses déchets de viande, en les exposant aux mouches, pour en produire. Trempés dans de l’eau bouillante, les asticots, après avoir libéré l’enzyme précieuse qui permet de soigner les plaies, servent de nourriture aux cailles et aux poissons.
  • La pierre pour produire du papier. Aujourd’hui, pour produire une tonne de papier, il faut de la fibre et sept tonnes d’eau. Énorme ! Un nouveau procédé permet de produire du papier sans eau et sans arbres, uniquement avec de la poussière de pierre, de craie et du plastique recyclé. Résultat : du papier recyclable une centaine de fois, trente fois plus qu’aujourd’hui.
  • Transformer le CO2 en nourriture. Comme tout le monde, Pauli constate que les centrales à charbon rejettent du CO2. « On dit que le CO2 est mauvais parce que nous ne savons pas quoi en faire. Donc c’est nous qui sommes mauvais ! » Or, le CO2, on peut le capturer avec de la spiruline, une micro-algue qui représente un complément alimentaire idéal et facile à produire. A ce titre, elle intéresse beaucoup l’Agence spatiale européenne qui réfléchit beaucoup sur comment, lors de voyages interplanétaires, transformer « les déchets » des astronautes en ressources utiles.
  • Appareils sans piles. Le système naturel cherche toujours à faire plus avec le moins d’énergie possible. Comment les systèmes naturels génèrent-ils de l’électricité tous les jours ? Ce n’est pas grâce au soleil comme on le croit souvent. Mais par la gravité et la biochimie. Les systèmes naturels n’utilisent ni piles, ni métaux : comment peut-on résoudre le problème de la connectivité, si ce n’est en regardant comment la vie elle-même génère de l’électricité ? Et de montrer un prototype de film électrocardiogramme (thin film electrocardiogram), un électrocardiogramme qui marche sans batterie, comme un patch, qui permet, en utilisant la connectivité naturelle du corps, de fonctionner pendant 24 heures, sans piles, sans fil. « Oubliez les technologies qui ont besoin de trop d’énergie pour fonctionner comme le Bluetooth ! » Faisons tout sans piles. Les prothèses auditives, les téléphones mobiles peuvent fonctionner par la conductivité naturelle que nos corps produisent. Comme le dispositif nanométrique inventé par le Pr Jorge Reynolds qui permet de récupérer l’électricité produite par notre corps et qui nous permet d’envisager bientôt des Pacemakers ne nécessitant ni chirurgie, ni anesthésie, ni piles pour fonctionner… Le Fraunhofer Institut est en train de produire le premier téléphone mobile qui fonctionne en convertissant la pression générée par la voix en électricité ! On peut créer de l’électricité avec le corps (60 volts/heure) ou par la pression de la voix et cela permet d’envisager de faire fonctionner un téléphone mobile pendant plus de 200 heures ! Plus vous parlez, plus votre téléphone est chargé !
  • La soie pour se raser. La nature produit depuis des milliards d’années des polymères à partir des acides aminés d’insectes (vers à soie, araignées, etc.) ou de mollusques (moules, etc.). Si nous étions capables de les fabriquer comme eux plutôt que d’utiliser la pétrochimie, nous arriverions à révolutionner profondément la production. Aujourd’hui, on est capable d’utiliser la soie pour faire des réparations nerveuses ou osseuses. L’araignée est capable de produire 9 types de soies différentes, avec des qualités de résistance différentes selon l’eau qu’elle y incorpore. « On utilise 100 000 tonnes d’acier pour fabriquer des rasoirs jetables », s’enflamme Gunter Pauli, « alors que la capacité de la soie pourrait nous permettre de nous raser sans jamais pénétrer la peau. On pourrait remplacer l’acier et le titane de nos lames de rasoir par de la soie, ne nécessitant ni pétrole, ni énergie, ni déchets. Un hectare de mûrier permet de produire 2 tonnes de soie. La Chine ancienne a travaillé à régénérer des sols arides en y plantant des mûriers dont la soie a été le sous-produit. Pour fabriquer des rasoirs avec de la soie, il faudrait planter des mûriers sur 250 000 hectares de sols arides qu’on pourrait reconquérir par ce moyen et qui permettraient de générer plus de 12 500 emplois », explique Pauli, chiffres à l’appui. Au final, « l’observation et l’imitation des systèmes naturels pourraient nous permettre de générer des polymères naturels, conquérir des terres arides et créer des emplois ! »

On le voit, pour Gunter Pauli, l’économie bleue sera une occasion fantastique pour notre réindustrialisation et un gisement énorme d’emplois non-délocalisables. « 10 ans, 100 innovations, 100 millions d’emplois », est d’ailleurs le sous-titre de son ouvrage « L’Économie bleue », paru aux éditions Caillade en octobre 2011.

Ses idées sont tellement simples qu’il en a fait un livre de fables pour les enfants. En 2013, la Chine a autorisé la diffusion de ses fables dans ses écoles maternelles et l’édition francophone, imprimé aux Pays-Bas sur « papier-pierre » est désormais disponible. (Les Fables de Gunter, pour ne jamais cesser de rêver, Bluekids 2014).

Conclusion

Deux questions restent cependant à éclaircir. D’abord, à l’intérieur du système financier néolibéral et suicidaire actuel, l’économie bleue, en tant que mouvement entrepreneurial écologique, sauf à se contenter d’être « une niche » de survie, ne pourra jamais réellement réaliser ses objectifs. Pour cela il faut, comme l’exigent Lyndon LaRouche et Jacques Cheminade, rétablir le temps long, celui de la créativité humaine et son interaction avec la nature.

Ensuite, ni Pauli, ni des jeunes chercheurs tel que le scientifique français de talent Idriss Aberkane qui s’en inspire, ne comprennent réellement le rôle fondamental de l’homme, une créature qu’ils continuent à considérer comme en contradiction avec une nature qu’ils ont tendance à déifier et dont ils demandent que l’on « imite » l’intelligence ». Ils oublient que [lorsque l’homme « imite », non pas la nature mais les principes physiques qui le régissent, il ne fait qu’agir en accord avec sa propre nature, celui d’être la conscience pensante et donc le pilote responsable de l’univers. Nous leur disons :

L’anthropocène a commencé depuis plusieurs décennies et aucune issue ne nous ramènera vers le passé.

Vous pouvez lire le livre de Gunter Pauli, l’économie Bleue et visiter son site internet en cliquant sur l’image ci-dessous !

Source : https://www.gunterpauli.com/ et http://www.solidariteetprogres.org/

Publié par : La société solidaire et durable | juin 2, 2018

Ce jardinier réinvente l’agriculture sur moins d’un hectare !


Chers lecteurs,

Dans sa ferme des « Jardins de la Grelinette », au sud de Montréal, Jean-Martin Fortier, l’auteur de Jardinier-maraîcher, cultive des légumes bio sur moins d’un hectare. « Le nouveau paradigme est de comprendre que nous faisons partie de la nature et que l’on peut s’inspirer d’elle. Nous sommes au début de cette nouvelle vision de l’agriculture. »

Comment êtes-vous devenu un maraîcher militant ?

J’ai grandi dans la banlieue de Montréal dans un endroit pas totalement bétonné, mais où les maisons se ressemblent toutes. (…) L’écologie ne m’intéressait pas particulièrement. C’est à 18 ans que j’ai découvert la beauté et la fragilité du monde, dans les grandes forêts de Colombie britannique. Ce voyage m’a orienté vers des études d’écologie. Je voulais consacrer ma vie à la défense de cette nature.

Si on ne la protège pas, elle devient du béton. La nature ne peut pas toujours être recréée. On peut planter des arbres, mais on ne peut pas restituer des écosystèmes. J’ai choisi finalement ce métier de jardinier pour être dehors, car je ne me voyais pas travailler dans un bureau

Vous dites de vous que vous êtes un fermier de familles, qu’est-ce au juste ?

Un fermier de famille, c’est un peu comme un médecin de famille. Nous sommes en ASC (agriculture soutenue par la commnauté). La ferme est à une heure de Montréal. On les rencontre chaque semaine, on discute et on les invite deux fois par an. Avec le temps, les gens nous connaissent bien.

Maude-Hélène et Jean-Martin Fortier au marché de Saint-Armand

Je sais que mes légumes sont très importants dans leur vie. Ils goûtent, ils voient et ils nous rencontrent. Ils se rendent compte que ces légumes n’ont rien à voir avec ce que l’on peut trouver dans les supermarchés. Ils savent que cela vient de chez nous et comment nous travaillons pour les produire. Ils me racontent que lorsqu’ils rentrent chez eux, ils déballent les légumes, et les posent un à un sur la table. Ils trouvent cela beau. Ces légumes ont une grande valeur. Car on met tout en œuvre pour faire des légumes qui sont beaux en apparence mais aussi de très bonne qualité.

Comment produit-on de tels légumes ?

Notre projet de ferme est basé sur la vie dans le sol. Nous faisons des légumes qui ont une super qualité nutritive. C’est difficile à mesurer mais c’est mon impression. Cela se ressent dans l’énergie de ces légumes. Les légumes conventionnels sont aussi souvent très beaux, mais ils sont comparables aux solutions que l’on vous donne à l’hôpital. Elle vous apporte tous les éléments nutritifs dont vous avez besoin, mais ce n’est pas comme un bon repas pris à la maison. J’ai cette conviction que l’énergie d’un sol vivant se retrouve dans les légumes. Mais je n’ai pas le bagage scientifique pour l’expliquer.

Comment entretenez-vous la vie dans votre sol ?

Nous avons appelé notre ferme les jardins de la Grelinette, car cet outil est symbolique de notre façon de faire : ne pas retourner le sol, pratiquer un travail doux, gentil, qui permet d’aérer sans bouleverser les couches. Depuis 2005, nous avons installé sur 8000 m2 des planches permanentes, comme un gros potager. Nous n’avons jamais labouré. La flore microbienne est à sa place, là où elle s’est développée.

Au milieu d’un champ de pois

Si on vient toujours bouleverser le sol, on dérange, voire on empêche ce travail que la nature fait gratuitement. Par exemple, en laissant faire les vers de terre qui transforment les matières organiques en humus et aèrent le sol. Les équipements utilisés sont très importants. C’est aussi le choix et la quantité des matières organiques que l’on apporte pour nourrir le sol.

Vous ne touchez jamais le sol ?

On le touche un peu, car nous produisons cinquante légumes différents sur neuf mois de l’année. Nous travaillons en surface, délicatement, avec la grelinette et des outils légers qui fonctionnent, une simple perceuse, par exemple pour mélanger le compost à la terre avec des mouvements rotatifs horizontaux. Depuis huit ans, la qualité de notre sol s’est améliorée. On le voit à l’œil nu. Sa texture est plus grumeleuse. Nous avons de moins en moins de mauvaises herbes car on ne remonte pas les graines en surface en retournant la terre. Les analyses que nous réalisons chaque année en laboratoire le montre aussi. À force d’entretenir le jardin gentiment, il est devenu plus clément.

Quelles ont été vos sources d’inspiration ?

Eliot Coleman, qui est un des pionniers de l’agriculture biologique aux Etats-Unis. Dans son premier livre, il a jeté les bases d’un système tel que celui que nous avons mis en place. Il a inventé ou importé d’Allemagne, de Suisse, de France, la plupart des outils que nous utilisons, et qui pour la plupart ne sont pas connus en France. Son premier livre m’a guidé quand j’ai commencé et je l’ouvrais chaque fois que je ne savais pas comment m’y prendre. Cela m’a donné envie d’écrire Le jardinier maraîcher, car j’ai pris conscience de la portée que peut avoir la transmission d’un savoir-faire. Il n’y avait rien de tel en français.

Est-ce un modèle reproductible ?

Tout ce que je fais a été inspiré de ce que faisaient les maraîchers en Ile-de-France au XIXe siècle. J’ai vu des photos dans des livres de l’époque et cela ressemble à ma ferme. C’était du maraîchage intensif sur petite surface. C’étaient des outils qui ressemblent à ceux que l’on utilise, c’était de la vente directe, c’était de la qualité. Ce qui manquait c’était un modèle pour montrer comment faire.

Tout le monde a un tracteur aujourd’hui, même les petits agriculteurs. Mais le tracteur détermine les outils dont vous allez avoir besoin. Or, dans ce métier, la récolte représente 50 % du temps et ça ne se fait pas avec un tracteur ! Nous, nous avons commencé avec peu : un petit motoculteur et quelques outils à main. C’était accessible.

Ce motoculteur remue la terre de manière latérale, ce qui évite de mélanger les horizons

L’agriculture conventionnelle utilise environ dix calories par calorie produite. Quelle est la performance de votre système du point de vue énergétique ?

Je n’ai jamais fait ce calcul. Je ne sais même pas la quantité de légumes que je produis dans l’année. On parle en coût et en prix. Dans mon livre, il y a beaucoup de technique maraîchère, mais j’ai aussi développé cet aspect économique car nous faisons cela pour gagner notre vie. Nous sommes des écologistes, mais le projet de la ferme, c’est pour en vivre. Et nous en vivons bien.

C’est-à-dire ?

C’est un revenu suffisant pour payer les factures et avoir une certaine liberté sans que cela soit des extravagances. Nous travaillons sur la ferme avec ma femme. Nous avons deux enfants. Nous avons construit la maison. Nous vivons avec une certaine autonomie. Pas de transport quotidien pour aller travailler, des bons légumes sur place que nous échangeons contre d’autres fermiers. On mange comme des rois. On prend trois mois de vacances par an, on part voyager avec le camion et les vélos, beaucoup en Amérique centrale.

Jean-Martin Fortier note précisément tout ce qui est fait et ce qu’il observe dans le jardin

C’est important d’avoir du temps pour faire autre chose. Notre vie a beaucoup de sens et nos clients nous le rappellent toutes les semaines. À nous deux, on génère 60000 $ de revenu annuel. Il faut comprendre que pour arriver là, nous avons mis du temps pour apprendre ce métier. En partageant nos connaissances, j’espère que cela pourra accélérer le processus.

Quelle est la situation des agriculteurs de petites surfaces outre-atlantique ?

Notre ferme est bien connue du ministre de l’Agriculture et ce n’est pas facile de nous mettre des bâtons dans les roues. Les écoles d’agriculture ont doublé leur nombre d’élèves. Nous avons été les seuls sur moins d’un hectare jusqu’en 2010.

Mais notre travail a fait évoluer cette situation. Cinq de nos stagiaires ont créé leur propre ferme sur notre modèle et elle marche bien, dès le démarrage. Je suis surpris de voir qu’au Québec mon livre, qui est un ouvrage technique, est devenu un best-seller, que l’on trouve en grande surface, bien en vue. Je cherche à toucher la génération qui va me succéder.

Jean-Martin Fortier à Paris

Aux Etats-Unis, où l’on fait du marketing autour de tout, les jeunes trouvent que l’agriculture que je pratique est « cool ». Je suis accueilli comme un héros avec des affiches dans les rencontres organisées par les Greenhorns (association d’aide aux jeunes agriculteurs bios qui démarrent une ferme) ou dans les Farmhack qui permettent aux agriculteurs et ingénieurs d’inventer des outils simples qui facilitent le travail et sont disponibles en Open source. Ce sont des fêtes, très colorées, avec banjos et DJ. Depuis dix ans, ces évènements se multiplient. Il y a toute une jeunesse mobilisée autour d’une autre agriculture, avec des marchés de producteurs, ces rencontres avec les ingénieurs. Ils forment une communauté très connectée, très innovante.

Jean Martin Fortier à Montlouis sur Loire près de Tours, 2018 avec Gabriel Runfola, président de la Maison de l’Agriculture Urbaine

Comment voyez-vous votre ferme dans dix ans ?

J’aime le voyage. Je n’ai pas de destination finale. J’apprécie énormément d’approfondir ce que nous faisons aujourd’hui et d’avoir le luxe de pouvoir faire des expériences, en innovant au niveau biologique. Ce qui m’intéresse n’est pas la technique, la machinerie, mais la biologie du sol. Je cherche comment créer des synergies dans la nature qui vont être bénéfiques à la croissance des légumes.

Le nouveau paradigme, c’est de comprendre que nous faisons partie de la nature et que l’on peut s’inspirer d’elle. Nous sommes au début de cette nouvelle vision de l’agriculture.

Source : article de reporterre.net / https://reporterre.net

Publié par : La société solidaire et durable | mai 18, 2018

Sylvothérapie : ces arbres qui peuvent nous soigner !


Chers lecteurs,

Envie de déstresser, de vous échapper de la ville et de prendre un bol d’air frais ? La sylvothérapie, ou « bain de forêt », est faite pour vous ! Les excursions dans la nature apporteraient différents bénéfices pour la santé, réduisant l’hormone du stress, le rythme cardiaque ou stimulant l’immunité.

La sylvothérapie, ou thérapie par les arbres, nous vient du Japon, où elle est communément appelée « Shinrin-Yoku ». Cette pratique traditionnelle consiste à s’immerger dans la nature et à faire travailler ses sens au contact de la forêt. Le « bain de forêt » a fait l’objet de nombreuses études scientifiques, surtout au Japon. En voici les résultats les plus marquants.

1. Bonne pour la santé mentale

La sylvothérapie aide à réduire le stress. En 2007, des chercheurs de l’université de Kyoto ont étudié 498 personnes en bonne santé. Un jour, les participants faisaient deux promenades en forêt. Les données étaient comparées avec un jour témoin, grâce à des questionnaires testant l’humeur. Les scores liés à la dépression diminuaient significativement le jour où les participants allaient en forêt.

Dans d’autres travaux, il a été montré que les niveaux de cortisol diminuaient dans la salive des participants quand ils avaient fait une balade en forêt. En forêt, les arbres libèrent des molécules volatiles, les phytoncides, comme l’alpha-pinène, qui pourraient avoir un effet antistress.

2. Bonne pour la santé cardiovasculaire

Différentes études se sont penchées sur l’effet de la thérapie par la nature sur les paramètres cardiovasculaires. Par exemple, une recherche parue en 2015 a suivi 17 femmes japonaises qui participaient à un programme de sylvothérapie. L’étude a révélé une baisse significative de leur rythme cardiaque grâce au bain de forêt.

Dans une autre étude plus importante, comprenant 420 étudiants répartis dans 35 localités, les chercheurs ont demandé à la moitié d’entre eux d’aller faire un tour en forêt ou en ville. Le lendemain, les groupes ont été inversés : ceux qui étaient allés en ville sont partis en forêt et vice versa. En moyenne, les participants ont marché un quart d’heure et sont restés un quart d’heure assis à observer le paysage. L’expérience a montré que l’environnement forestier favorise une pression sanguine plus faible. Le bain de forêt réduit le rythme cardiaque et la pression artérielle, ce qui limite le risque cardiovasculaire.

3. Bonne pour la glycémie

Dans une étude de l’université d’Hokkaido, des patients souffrant de diabète de type 2 devaient marcher 3 ou 6 km dans la forêt, lors de différentes sessions. L’expérience a montré que la marche dans la forêt réduisait la glycémie et le niveau d’hémoglobine glyquée. La dépense énergétique liée à la marche peut jouer un rôle.

4. Bonne pour l’immunité

Le bain de forêt a un effet sur certaines cellules du système immunitaire : les natural killers, ou cellules NK. Ainsi, toujours dans une étude japonaise, 13 femmes en bonne santé ont passé deux jours et deux nuits en forêt, ce qui a augmenté de manière significative l’activité et le nombre de cellules NK. L’augmentation de l’activité de ces cellules immunitaires a duré sept jours après le moment passé en forêt.

Eric Brisbare, est accompagnateur en montagne et a parcouru les plus belles forêts du monde… Il pratique la sylvothérapie depuis des années. Dans son ouvrage « Un bain d’arbres » aux Editions Marabout, il nous fait découvrir La sylvothérapie, une pratique peu développée en France mais très répandue au Japon, qui permet de se ressourcer grâce aux arbres en captant leur énergie. Un « bain de forêt » comme disent les Japonais. 

Un bain de forêt au coeur du Massif des Vosges, ça vous dirait? Cette thérapie apporte un maximum de bien-être, d’énergie, et permet de se ressourcer et d’évacuer sa nervosité en captant l’énergie de la forêt ! Être au contact des arbres apporte d’éminentes vertus relaxantes, leur présence diminue notre taux de cortisol, l’hormone du stress produite par notre organisme. Renseignements séjours Shinrin Yoku: http://www.ericbrisbare.com https://www.facebook.com/accompagnate…  / ericnews@gmail.com

Depuis quelques années, la sylvothérapie est largement pratiquée pour lutter contre le stress et les virus. La sylvothérapie ou ‘tree hugging‘ (littéralement « enlacer les arbres ») repose sur l’idée que la proximité physique ou, mieux encore, que le contact avec les arbres peut apporter de meilleures sensations de bien-être psycho-physique, grâce à l’énergie transmise à notre organisme par ces grandes plantes.

Source : https://www.futura-sciences.com

Publié par : La société solidaire et durable | mai 18, 2018

5 algues comestibles aux bienfaits exceptionnels !


Chers lecteurs,

Largement plébiscitées en cosmétique, la réputation concernant les bienfaits des algues n’est plus à faire. Si les Français n’hésite pas à s’en tartiner le visage et le corps, les algues arrivent rarement jusqu’à l’assiette. Pourtant, les algues ont un intérêt nutritionnel incontestable. Exceptionnellement riches en vitamines, minéraux et oligo-éléments, ces légumes de la mer sont de précieux alliés santé. Ainsi les algues ont la part belle dans le régime alimentaire japonais. Et ce n’est sans doute par un hasard si le pays du soleil levant fait partie de ces “zones bleues” où l’on trouve le plus grand nombre de centenaires. Encore trop méconnues des Français, découvrez ces algues alimentaires aux incroyables vertus nutritionnelles.

La nori

Si ce nom ne vous dit peut-être rien, beaucoup d’entre vous en ont déjà mangé. Les amateurs de sushis en particulier. Il s’agit en effet de l’algue de couleur sombre qui entoure généralement les maki-sushis. Facile à utiliser, son goût est relativement neutre. C’est donc l’algue idéale pour introduire en douceur les légumes de la mer dans notre alimentation.

En plus de leur léger goût iodé, les algues nori sont un concentré de nutriments. Leurs tissus contiennent plus de protéines que la viande (près de 30 %) et près de dix fois plus de calcium que le lait. Il s’agit également d’une source importante en vitamines A, C, E et B. 1 g seulement de nori sec suffit à couvrir 30 % de nos besoins journaliers en vitamines B12. Et ce n’est pas tout. Cette algue ne contient pas moins de 10 acides aminés essentiels parmi lesquels l’acide glutamique ou la taurine. Pour ne rien gâcher, une portion de nori est source de cuivre, de fer, de manganèse, de zinc ou d’iode. Au Japon, on considère que la consommation de nori permet de lutter contre les maladies cardiovasculaires, le diabète et de combattre certains cancers hormonodépendants tels que les cancers du sein ou de la prostate. Avec plus de 30 % de fibres, la nori est idéale pour faciliter la digestion.

La laitue de mer

Cette algue de couleur vive au goût légèrement corsé se mange autant en salade qu’en accompagnement des poissons. Souvent vendue sous forme de paillette, elle vient aisément relever la saveur d’une soupe ou d’un gratin.

Jusqu’à 8 fois plus riche en vitamine C que l’orange et contenant 12 fois plus de fer que les lentilles, la laitue de mer est une source précieuse de nutriments. Elle est une source privilégiée de calcium, de magnésium et de fer, avec des taux jusqu’à 10 fois supérieurs à ceux des épinards. Sa richesse en vitamines et minéraux permet de renforcer le système immunitaire, d’améliorer la vision et de favoriser la production d’hormones sexuelles

Le kombu

En séchant, cette algue brune se couvre d’une sorte de poudre blanche. Il s’agit de glutamate naturel, un acide aminé qui permet de lutter contre le cholestérol et de réguler la pression sanguine. Inutile donc de chercher à les nettoyer. On utilise notamment cette algue pour améliorer la cuisson des légumineuses et en augmenter le taux de protéines. C’est également un excellent exhausteur de goût.

Comme la laitue de mer ou la nori, le kombu est particulièrement riche en calcium et en magnésium, mais surtout en potassium et en sodium. L’algue constitue également un apport important en vitamines A, B1, B12, C, E, F, K et PP. Le kombu est également l’algue la plus riche en sucre non caloriques qui peuvent entrer dans le régime alimentaire des diabétiques.

Le wakamé

Cette algue au léger goût d’huître est généralement servie en salade, comme c’est le cas  dans de nombreux établissement japonais en France.

Aussi riche en protéines que les œufs, cette algue est également bourrée de vitamines A, B et C. Avec un bon apport également en acides aminés, le wakamé est idéal pour stimuler l’organisme et favoriser le système immunitaire. Sa richesse en nutriment est également précieuse pour la santé de la peau et des yeux. Consommée telle quelle ou sous forme de compléments alimentaires, cette algue est particulièrement légère, tout en étant très riche en calcium, potassium et magnésium. Et les taux de fer, jusqu’à 4 fois plus élevés que dans les épinards, ne sont pas en reste, ce qui lui confère des propriétés reminéralisantes exceptionnelles. C’est pourquoi la médecine japonaise en fait beaucoup usage pour les femmes qui ont accouché.

L’agar-agar

Cet extrait d’algues rouges est un gélifiant extraordinaire. Il constitue donc une alternative naturelle et saine à la gélatine animale pour les végétariens, végétaliens et ceux qui suivraient un régime hallal ou casher.

Hypocalorique et dénué de matière grasse, l’agar-agar est souvent conseillé dans le cadre d’un régime amincissant sain. Mais ce n’est pas là son seul avantage. En gonflant au contact de l’eau, les substances végétales qui le composent sont efficaces pour débarrasser l’estomac et les intestins des impuretés.

Source : http://www.bioalaune.com

Rédaction : Manon Laplace

Publié par : La société solidaire et durable | mai 18, 2018

L’Union Européenne autorise la vente des semences paysannes !


Chers lecteurs,

Après des années de combat, les partisans du bio obtiennent enfin satisfaction. Désormais, les agriculteurs pourront céder leurs graines sans être des hors-la-loi.

Victoire ! Désormais, les agriculteurs bio pourront vendre les semences issues de leurs propres productions ! Ainsi en ont décidé les députés européens, au grand dam de Monsanto et compagnie.

Jusqu’alors, seules les semences répertoriées par un catalogue officiel pouvaient être légalement commercialisées. Or, comme le souligne Le Figaro, « la majorité de ces semences appartenait à des multinationales comme Monsanto. » Résultat : une uniformisation des fruits et légumes, une standardisation de notre alimentation et un appauvrissement de la biodiversité.

Mais jeudi dernier, donc, les eurodéputés ont mis un terme à la « criminalisation » de ce qu’on appelle les semences paysannes. À l’occasion d’une nouvelle législation dont le but est de soutenir le bio, ils ont adopté une mesure autorisant les agriculteurs bio à vendre les graines issues de leurs récoltes « maison ».

Cette décision, qui n’entrera en vigueur que dans deux ans et demi, en 2021, met un terme à 37 ans de contraintes (la commercialisation de semences hors catalogue officiel ayant été interdite par décret en 1981).

Chaque paysan bio redeviendra libre de développer ses propres variétés et de les mettre sur le marché, comme ça s’est toujours pratiqué par le passé. Objectif : favoriser la vitalité de notre biodiversité, redonner vie aux milliers de variétés de fruits et de légumes qui existent et faire vaciller cette inquiétante statistique donnée par la FAO (L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) et relayée par Le Figaro : les trois quarts de notre alimentation seraient aujourd’hui issus de seulement 12 espèces végétales et 5 espèces animales. Cette mesure était réclamée depuis des années.

Source : positivr.fr


Chers lecteurs,

Pendant des décennies, de nombreuses études ont montré que des régimes stricts et hypocaloriques pouvaient être la clé d’une vie plus longue et plus saine. Mais pourquoi ?

Une nouvelle étude examinant les effets du jeûne chez les souris semble fournir des réponses, en démontrant que seulement 24 heures de restriction calorique a le pouvoir d’actionner un interrupteur métabolique, qui a comme effet de stimuler la régénération des cellules souches dans l’intestin.

Ces cellules souches intestinales ne parviennent pas à se régénérer aussi efficacement lorsque nous vieillissons, et comme elles sont importantes pour nous aider à maintenir des tissus sains et à combattre les maladies, cet interrupteur cellulaire est un élément très précieux, et il est donc important de connaître son fonctionnement.

« Le jeûne a de nombreux effets sur l’intestin, incluant la stimulation de la régénération des cellules ainsi que des utilisations potentielles dans tout type de maladie qui touche l’intestin, comme les infections ou les cancers », explique Omer Yilmaz, biologiste au MIT.

« Cette étude a fourni des preuves que le jeûne induit un changement métabolique dans les cellules souches intestinales, de l’utilisation des glucides à la combustion des graisses».

Vis à vis de l’étude, ce changement ne signifie pas seulement que les cellules utilisent les graisses comme source d’énergie à la place des glucides. En effet, cela a également engendré une amélioration du fonctionnement global des cellules.

Les cellules souches intestinales, que les chercheurs décrivent comme les « chevaux de trait de l’intestin », renouvellent généralement la muqueuse intestinale en environ cinq jours, mais avec le changement métabolique activé, il est possible que ce renouvellement puisse être accéléré. En laboratoire, l’équipe de Yilmaz a utilisé des cellules souches intestinales de souris qui avaient jeûné pendant 24 heures, et les a cultivées dans le but de développer des structures appelées organoïdes. En culture cellulaire, un organoïde est une structure multicellulaire tridimensionnelle qui reproduit in vitro la micro-anatomie d’un organe. Ici, il s’agissait donc de reproduire un modèle de l’organe en question, comme une sorte de « mini-intestin ».

Après avoir étudié le développement des organoïdes, les chercheurs ont constaté que la capacité de régénération des cellules souches provenant des souris à jeun était deux fois supérieure à celle des souris qui n’avaient pas jeuné.

cellules souches jeun souris

À droite, les organoïdes intestinaux boostés provenant des souris à jeun.

Crédits : Maria Mihaylova/Chia-Wei Cheng

« Il était évident que le jeûne avait un impact considérable sur la capacité des cellules de cryptes intestinales à former plus d’organoïdes, ce qui est dû aux cellules souches », explique l’une des chercheuses biomédicales, Maria Mihaylova. « C’est quelque chose que nous avions pu constater à la fois chez les jeunes souris et les souris âgées, et nous voulions vraiment comprendre les mécanismes moléculaires qui conduisent à cela ».

Pour le savoir, les équipes ont séquencé l’ARN messager des cellules souches des souris à jeun, et ont découvert que le jeûne avait activé des facteurs de transcription appelés « récepteurs activés par les proliférateurs de peroxysomes » (peroxisome proliferator-activated receptor, ou PPAR), qui activent les gènes impliqués dans le métabolisme des acides gras.

Dans ce cas, cette activation a induit les cellules à décomposer les acides gras au lieu du glucose, tout en augmentant simultanément la capacité de ces dernières à se régénérer. Quand les chercheurs ont bloqué l’activation du PPAR, ils ont pu constater que le boost de régénération avait pris fin, mais ce n’est pas tout. En traitant des souris avec une molécule appelée GW501516, qui active les effets des PPAR, ils ont été capables de reproduire certains des effets bénéfiques du jeûne chez la souris.

« C’était aussi très surprenant » déclare l’un des chercheurs, Chia-Wei Cheng. « Activer simplement une voie métabolique est suffisant pour inverser certains phénotypes d’âge ». Cela nous rapproche certainement de la perspective potentielle d’activation de ce commutateur métabolique par le biais d’une pilule ou d’un autre traitement médicamenteux, stimulant la santé intestinale chez les patients sans les contraindre à jeûner. Un tel traitement pourrait également, peut-être, nous permettre de vivre plus longtemps et de « mieux vieillir ».

« Dans un ensemble complet d’expériences de qualité, les auteurs subvertissent le système en provoquant ces changements métaboliques sans nécessiter de jeûne, en constatant donc des effets similaires », explique le biochimiste Jared Rutter de l’Université de l’Utah, qui n’a pas été impliqué dans la recherche. « Ce travail s’inscrit dans un domaine en croissance rapide, qui démontre que la nutrition et le métabolisme ont des effets profonds sur le comportement des cellules, et cela peut prédisposer à développer des maladies ».

Les chercheurs ont encore beaucoup d’éléments à étudier avant de comprendre pleinement l’ampleur et le fonctionnement de ce changement métabolique. Et la tâche est d’autant plus difficile car ces manipulations sont moins évidentes chez l’humain que chez la souris. Ces résultats ne représentent donc que le premier aboutissement d’une recherche très complexe, mais ils sont très encourageants et indiquent que la direction empruntée est probablement la bonne.

Source : https://trustmyscience.com

Publié par : La société solidaire et durable | mai 13, 2018

Du manque de confiance en soi à la naissance d’un jeune Leader !


Chers lecteurs,

Yann Feliz

Yann Feliz est un jeune Leader expert en confiance en soi. Du haut de ses 18 ans, il a décidé d’impacter le monde en faisant des vidéos de motivations comme celle présente ci-dessous :

Rien ne peut vous arrêter !

Il a également décidé récemment de faire un défi, celui de faire une vidéo par jour pendant 30 jours pour partager des éléments de sa vie. Ses objectifs sont de sortir de sa zone de confort, être plus à l’aise en vidéo, impacter encore plus de personne, tout transmettre en vidéo pour laisser des traces et faire grandir des personnes ! Voir la vidéo de présentation de ce défi ci-dessous :

Même s’il est encore très jeune aujourd’hui, saviez vous qu’il y a quelques années au collège ce garçon incroyable était un adolescent avec un manque de confiance en soi et dont l’école traditionnelle ne le correspondait pas  du tout.

En l’espace d’un an, pendant qu’il était étudiant, il a  consacré environ 3h par jour pour trouver ses qualités et sa vraie personnalité. Voici ce qu’il dis souvent : « Après un long travail, j’avais enfin trouvé que j’étais quelqu’un avec une énergie et une imagination gigantesque qui aimait construire et transmettre son savoir aux autres ! »  Il a décidé de développer son potentiel dans plusieurs niveaux de sa vie qu’il appelle souvent développement personnel : la santé, le sport mais aussi l’alimentation, l’entreprenariat et son imagination.

Dans les trois interviews ci-dessous, il partage avec vous son histoire, les challenges qu’il a du relever et les enseignements qu’il en a retirés.

Interview 1 : Comment impacter son entourage à seulement 18 ans !

Interview 2 réalisé par Roxane de Marles

Interview 3 réalisé par Wilfred Kamga

Après cette transformation, il a compris alors qu’il devait agir, passer à l’action pour combler le fossé entre son potentiel (ce qu’il peut faire), et ses résultats (ce qu’il fait réellement).

Aujourd’hui à seulement 18 ans c’est devenu un pur optimiste avec une grande vision qui a pour mission de montrer au monde qu’avec l’envie et la détermination tout est possible en respectant trois valeurs : Transmettre, Inspirer et Construire ! Pour cela il a créé un blog qui a pour mission de transmettre, inspirer et construire.

Comment TRANSMETTRE/INSPIRER/CONSTRUIRE à 18ans seulement ?

Au travers de son blog et les réseaux sociaux, il accompagne les personnes ambitieuses à développer leur motivation, imagination et à construire un empire positif dans leur vie !

Nous vous encourageons à suivre ses conseils, vidéos et articles sur son blog yanfeliz.com et son compte youtube Yan Feliz.

Source : YannFeliz.com / Yann Feliz / youtube / Mathieu Jetil /  Roxane de Marles / Wilfred Kamga / Beata Chainay

 

Older Posts »

Catégories