Publié par : La société solidaire et durable | mai 28, 2012

Crise en Europe, crise de la crédibilité européenne !


Chers lecteurs,

J’aimerais partager avec vous un article sur la crise en Europe que j’ai découvert sur le site lemonde.fr et qui a été réalisé par le Président de la Youth Diplomacy Thomas Friang.

Article réalisé par Thomas Friang, Président de la Youth Diplomacy.

Il est frappant de constater l’impact de la crise de la dette souveraine des pays européens sur la crédibilité de l’Union Européenne (UE) sur la scène mondiale.

Quoique en disent certains experts, il est essentiel de rappeler que cette crise frappe tous les pays européens. Les écarts de taux d’intérêt sur les obligations d’Etat à 10 ans entre la France/l’Italie/l’Espagne/le Portugal/la Grèce d’une part et l’Allemagne/les Pays-Bas d’autre part ont l’air de dire qu’il y a des bons et des mauvais élèves… Faux ! Il y a de bons élèves du déficit public (Allemagne, pays-Bas), mais certainement pas de la dette : celle de l’Allemagne, s’élevant à 82,3% du PIB, est supérieure à la moyenne européenne en 2010 (80%) et 22,3 points au-delà de la limite des 60% fixée par le Pacte de Stabilité et de Croissance que la France et l’Allemagne ont été les premières à bafouer en 2003.

La crise dont nous parlons touche donc même ceux que nous érigeons parfois rapidement en modèles dans le débat national. Voici l’une des nombreuses facettes d’un phénomène dont nous devrions prendre conscience : le regard que nous portons sur la crise est bien trop franco-français.
A l’étranger, ce qui se passe est une petite révolution dans les équilibres géopolitiques. C’est en abordant le sujet avec les diplomates des pays du G20 que cette rupture apparait le plus.

Au cours du séminaire « ModelG20 » consacré à la transition entre la présidence française et la présidence mexicaine du G20 organisé à Paris fin janvier, le N°2 de l’ambassade du Mexique à Paris n’hésite pas à déclarer à la Chef du Service des Affaires Multilatérales du Trésor devant un parterre d’étudiants : « vous vous en rappelez, le Mexique a une certaine expérience dans la gestion de crise économique et financière… vu votre situation, si vous, les Européens, avez besoin de conseils, n’hésitez pas à nous demander, on vous aidera volontiers. Avec le FMI. » Réinjectant dans le débat la peur d’être mis sous un programme de contrôle du FMI qui était déjà en vogue dans le discours souverainiste de Margaret Thatcher, ce diplomate mexicain fait mouche, interloquant la négociatrice française par sa condescendance.

Présent lors des Etats Généraux de l’Europe début mars, l’ancien ministre du commerce extérieur du Canada, Pierre Pettigrew, n’hésite pas à jeter un pavé dans la mare : « Vous avez créé les règles de Maastricht. C’était un modèle de gouvernance économique internationale et le Canada s’en est inspiré pour gérer son budget fédéral. Ca été une vraie réussite économique pour nous, on vous doit une fière chandelle, mais vous auriez mieux fait de vous appliquer vos propres règles ».

Attaque en bonne et due forme ; c’est une page de l’Histoire européenne qui est cornée. Ses remarques font écho à la réponse formulée par le Dr. Alok Sheel, conseiller économique et financier du Premier Ministre indien, négociateur de l’Union indienne au G20, auquel il était demandé fin mars si l’hypothèse d’une UE prenant la présidence tournante du G20 était crédible. « Why not », disait-il avec flegme. Avant d’ajouter que l’avenir de l’Union Européenne, c’était « up or die »… le fédéralisme budgétaire ou la mort. En haut fonctionnaire de la plus grande démocratie du monde, il rappelait fièrement qu’une telle construction ne pourrait se faire sans les citoyens européens. Rappelant ainsi au passage l’exigence d’instances plus démocratiques, là où l’UE gère les crises à coup de Conseil Européen qui ne rend que trop indirectement compte de ses décisions.

Sur la scène internationale, l’Europe entière, sans distinction des bons et des mauvais élèves, fait désormais face à ses contradictions et est dans une mauvaise passe. Pour conserver le leadership qui a encore miraculeusement permis de faire élire une Française à la tête du FMI et retrouver notre crédibilité, il faudra sortir de l’ornière humblement, et corriger l’une de notre principale faiblesse ancestrale que l’on pourrait résumer par la maxime: faites ce que je dis mais pas ce que je fais.

Runfola Gabriel, Ingénieur en environnement et horticulture.


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