Publié par : La société solidaire et durable | juin 11, 2012

La green et blue economy : est ce un concept de marchandisation de l’environnement, un nouveau capitalisme vert et bleu ?


Chers lecteurs,

A quelques jours du sommet de la terre de Rio +20 qui aura lieu du 20 au 22 juin 2012 et après avoir mis en avant la green et blue economy (économie verte et bleu) dans d’autres articles que j’ai écrit ou repris, il serait intéressant d’avoir un regard critique sur ces nouveaux concepts. En effet est-ce que la green et blue economy ne serait pas un nouveau concept de capitalisme vert et bleu crée par les Nations Unies poussant finalement à la marchandisation de l’environnement, à la manipulation du climat dans un but de générer de nouveaux marchés et profits pour les institutions internationales et les entreprises multinationales et ainsi relancer la croissance mondiale plutôt qu’une véritable solution pour résoudre les problèmes environnementaux, réduire les émissions de gaz à effets de serre et réduire les inégalités entre les peuples (s’attaquer donc aux causes du problème) ?

Tout d’abord, dans les concepts de blue et green economy, le développement durable et l’environnement sont réduit à des facteurs économiques qui permettrait d’apporter une nouvelle croissance mondiale pour notamment faire face à la crise planétaire que nous vivons actuellement. Finalement ce type de concept peut se manifester par la mise en place d’une économie favorisant une plus grande marchandisation de la nature. qui profiterait plus aux institutions internationales et aux grandes entreprises multinationales plutôt qu’aux peuples de la terre.

Ensuite, une autre question est de savoir qui va finalement contrôler cette nouvelle économie verte et bleu ? Ce qui est curieux c’est que cela arrive au moment où les entreprises multinationales ont atteint leur sommet, leur zénith en ce qui concerne le contrôle qu’elles exercent sur tous les aspects de l’économie mais aussi de la vie sociale en général. Et maintenant nous avons une situation où les entreprises multinationales sont sur le point d’avoir le contrôle de la vie elle-même, et de décider de celui qui vit et de celui qui meurt. Maintenant tout le monde parle de la green et blue economy et même les entreprises multinationales qui polluent l’environnement et exploitent les ressources de la terre. Le risque est que ces entreprises d’énergie sales se voient elles même comme étant au milieu de l’économie verte et pensent qu’elles sont donc plus respectueuses de l’environnement. Alors l’industrie chimique, pétrolière et celle du charbon, parlent toutes d’économie verte. Et en fin de compte ce concept risque de ne plus être compris par personne ! Est ce-finalement devenu un thème d’affaire de plus des grandes entreprises multinationales ? Un business qui peut rapporter gros et derrière lequel il serait possible de tout faire !

Finalement le concept de green et blue economy, sans respect de l’environnement, sans égard pour les communautés locales et les infrastructures sociales risque de se manifester à travers plus d’accaparement de la terre, des sols et des ressources, avec plus de marchés du carbone. Et les ressources naturelles risquent de ne pas être distribuées équitablement en fonction de la préservation de la nature mais au contraire ce sont les secteurs ayant les revenus les plus élevés qui auront évidemment un plus grand accès aux services écosystémiques.

Pourtant d’autres solutions existent :

Tout d’abord le pouvoir pourrait être remis dans les mains des peuples, dans les mains de la base, des communautés de base. Et la meilleure structure de gouvernance pour le monde en crise, pour le monde qui devrait être reconstruit, ne devrait pas être basé sur le même paradigme, sur le même système qui est à l’origine du problème. Le système des Nations Unies est lui même en crise. Les peuples doivent ils reprendre possessions de leur vie et de l’environnement ? Et est ce que rien ne devrait être fait sans consultations et sans l’approbation des populations qui vivent directement de et sur l’environnement ? Et le niveau suivant serait-ce que toutes ces communautés établissent des liens et mettent en réseau un mouvement des mouvements de base qui érige une structure qui se dresse au niveau régional, national et global ?

Ensuite face à ces concepts de green et blue economy, il s’agit de trouver des solutions qui permettent vraiment de réduire les émissions des gaz à effets de serre mais aussi l’utilisation des ressources naturelles comme l’agriculture paysanne et biologique, libre de pétrole, mais qui génère une plus grande biodiversité sauvage et agricole. Par exemple, face à l’urbanisation sauvage qui implique des territoires entiers afin d’y implanter des agrocarburants et des plantations, etc., il y a au contraire une autre solution consistant à récupérer les campagnes, faire de l’agriculture péri-urbaine, utiliser d’autres modes de transports que la voiture comme le vélo. Face à la financiarisation stricte de l’environnement par le capitalisme, il existe d’autres alternatives comme des coopératives alternatives et des banques éthiques au niveau communautaire.

Pour finir, nous avons besoin d’un nouveau modèle économique et nous devons transformer fondamentalement le modèle dans lequel nous vivons. Et l’une des choses que nous avons besoins de changer, ce sont nos modèles de production et de consommation. Nous devons repenser la façon dont nous extrayons les ressources naturelles, la façon dont nous produisons, les mobilités. Mais est ce que cela peut être conduit dans la perspective d’augmenter la croissance économique et les profits ? Cela doit être piloté par quelque chose que nous devons reconstruire et qui sera le fondement de ce nouveau modèle économique qui tiendra compte des besoins sociaux des populations, de l’environnement et d’une économie qui soit véritablement solidaire, durable et soutenable dans le temps.

Mais la nature n’a pas de prix, elle est la base sur laquelle nous vivons et elle est un bien commun. Finalement, la solution du problème se situe entre l’économie verte ou bleu et les droits de la nature. L’économie verte ou bleu c’est mettre un prix à la nature et la mettre sur le marché à un niveau mondial jamais vu avant tandis que l’option des droits de la nature revient à dire que nous ne devrions pas traiter la nature comme quelque chose que nous pouvons transformer, exploiter et faire ce que nous voulons mais comme faisant partie de notre foyer, et reconnaître que dans ce système, non seulement les êtres humains sont au centre, mais la nature l’est également. Ce sont donc deux approches totalement distinctes. L’une dit : plus de capitalisme pour résoudre le déséquilibre causé par le capitalisme, et l’autre dit : nous ne pouvons plus continuer avec le capitalisme, nous devons apprendre un modèle de relation avec la nature complètement différent, non pas à travers le marché, non pas en introduisant les prix partout, mais en reconnaissant les valeurs intrinsèques, les propres lois de la nature prises comme telles.

Runfola Gabriel, Ingénieur en horticulture et environnement


Responses

  1. Je suis dacort sur l’argument, traite par Gabriel.!


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