Publié par : La société solidaire et durable | novembre 30, 2012

Le captage du CO2 industriel pour limiter les effets du réchauffement climatique, un sujet controversé !


Chers lecteurs,

Rechercher des solutions innovantes afin de diminuer le rejet de CO2 dans l’atmosphère est un des objectifs des entreprises polluantes. Une des solutions retenue par Total « au nom de la lutte contre le réchauffement climatique », assure-t-il est le captage et l’enfouissement du CO2 qu’elle rejette et afin de l’enfouir dans des strates géologiques ayant autrefois contenu du gaz, du pétrole ou du charbon. Le projet situé à Lacq dans les Pyrénées Atlantiques est exploité par la société en tant que gisement de gaz depuis 1960.

Qu’est ce que le captage et la séquestration du CO2 ?

Il s’agit d’enfouir le dioxyde de carbone, massivement et de manière sécurisée. Le captage du CO2 consiste à capturer artificiellement le dioxyde de carbone dans l’air ou à la sortie de toutes les cheminées et pots d’échappement est un préalable qui est aujourd’hui, en général, techniquement possible, mais n’est pas économiquement rentable. Les promoteurs du stockage géologique projettent donc plutôt de le prélever en sortie de grosses installations industrielles. À titre d’exemple, l’entreprise norvégienne SARGAS a annoncé mi-2008 avoir réussi – après six mois de test – à capter 95 % du gaz carbonique de sa chaudière à haute pression de Värtan (Suède), pour un prix de l’électricité néanmoins supérieur de 25 % à celui d’une centrale au charbon classique.

La technique de captage du CO2 soulève plusieurs questions :

D’une part, les projets de captation de CO2 peuvent bénéficier de « crédits carbone ». Il s’agit de crédits qui seront donnés aux entreprises en fonction de la quantité « d’émissions évitées ». Donc ces entreprises pourront continuer à polluer tranquillement, sans aucun effort. D’où l’intérêt, pour des grands groupes, de maîtriser cette technologie pour compenser ailleurs leurs autres émissions et éviter de devoir acheter des crédits carbone.

De plus, c’est la première fois qu’une de ces installations se situerait en zone habitée et cultivée (concernant le projet situé à Lacq dans les Pyrénées Atlantiques)  ce qui pose de nombreuses questions quant aux risques environnementaux et sanitaires (autour de lacs volcaniques, des remontées massives de gaz carbonique ont déjà provoqué l’asphyxie et la mort des populations environnantes, comme lors de la catastrophe du lac Nyos, au Cameroun, en 1986). D’autre risques sont à envisager amplifié par le « faible retour d’expérience » tels des risques de sismicité, de mouvements de terrain, d’acidification du milieu, de remontées gazeuses vers une nappe d’eau potable, voire de dégazage brutal. Enfin, la communauté scientifique ne s’accorde pas sur le risque de fuites possible du CO2 stocké qui contiendrait des traces de métaux comme le mercure, le plomb ou le nickel, ou encore des traces de dérivés chlorés pouvant contaminer l’air et l’eau avoisinante.

À la question des risques vient s’ajouter celle de l’efficacité énergétique. Car pour pouvoir capter le CO2, il faut le comprimer à haute température. Ce qui nécessite beaucoup d’énergie et réduit d’autant l’efficacité énergétique. Mais le groupe assure que le bilan environnemental demeure largement positif ce que Greenpeace conteste.
Enfin, la technique est coûteuse !

Après avoir obtenu l’autorisation préfectorale en mai 2009, Total a enfoui jusqu’à 4.500 mètres de profondeur, 120.000 tonnes de CO2 en deux ans, pour un coût de 60 millions d’euros. Il existe actuellement environ 140 projets dans le monde. Des milliards de tonnes de CO2 pourraient ainsi être récupérées chaque année et injectées dans les sous-sols.

Qu’est ce que le projet Lorrain Ulcos ?

Le projet « ULCOS-BF » (pour « Ultra Low CO2 Steelmaking – Blast Furnace », ce qui signifie « Processus sidérurgiques de type haut fourneau à très basses émissions de CO2 »), porté par ArcelorMittal, s’inscrit dans une initiative de l’industrie sidérurgique européenne dont l’objectif est de réduire de manière significative les émissions de CO2 occasionnées par la production d’acier. Il vise à mettre en place un démonstrateur industriel de captage, transport et stockage géologique des émissions de CO2 de l’un des haut-fourneaux du site sidérurgique de Florange en Lorraine. Ce projet représente une première mondiale dans son domaine.

Dans le cadre de ce projet, ArcelorMittal a déposé le 15 avril 2010 une demande de permis exclusif de recherches de formations souterraines naturelles aptes au stockage géologique de CO2 à destination industrielle pour une durée de cinq ans. Conformément au code minier, cette demande a fait l’objet d’une publication au Journal Officiel de la République Française et d’une mise en concurrence. Le Gouvernement a tenu à ce qu’elle fasse également l’objet d’une consultation publique, bien que cette étape ne soit pas légalement obligatoire.

Le permis octroyé au terme de ce processus confère à ArcelorMittal le droit exclusif d’accéder, dans le périmètre sollicité, à une meilleure connaissance géologique du sous-sol afin d’évaluer son aptitude à stocker de manière sûre et permanente du dioxyde de carbone. Certains travaux, et en particulier les essais d’injection de dioxyde de carbone, restent soumis à l’octroi d’une autorisation complémentaire, qui implique notamment la réalisation d’une étude d’impact et l’organisation d’une enquête publique.

La délivrance de ce permis est une condition indispensable à la poursuite du projet ULCOS-BF. Un financement européen a par ailleurs été sollicité dans le cadre de l’appel d’offre européen dit « NER 300 », et une enveloppe de 150 millions d’euros a été réservée pour ce projet dans le cadre des Investissements d’avenir. L’Union Européenne vient d’accepter le projet Ulcos. Et finalement pour Florange, il n’y aura pas de plan social ni de nationalisation. Le gouvernement a choisi la troisième voie dans le dossier du site sidérurgique de Florange. Ainsi, ArcelorMittal a accepté de conserver les 629 emplois de la filière liquide, ainsi que d’investir 180 millions d’euros en cinq ans.

L’Etat veille, en parallèle, à ce que le projet ULCOS-BF soit mis en œuvre en toute sécurité pour la santé humaine et pour l’environnement, dans les meilleures conditions de transparence vis-à-vis des citoyens. Les actions d’information et de concertation avec le public vont se poursuivre dans le cadre des processus réglementaires, mais également dans le cadre d’actions volontaires conduites par le porteur de projet.

Runfola Gabriel, Ingénieur en environnement et horticulture

Source : Lepoint.fr et wikipedia


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