Publié par : La société solidaire et durable | décembre 9, 2012

« Finance folle » : les robots traders attaquent le monde réel !


Chers lecteurs,

robot-traderKerviel à la Société générale, Ikil chez JP Morgan, Patrice Tourre chez Goldman Sachs : les Bourses, et les banques concernées, ont encore récemment vacillé sous les assauts de traders isolés. Ceux-ci appartiennent pourtant déjà au passé. Ils ont été remplacés par de simples robots bien plus rapides qu’eux. L’équipe de « Cash investigation » réalise une enquête éclairante, diffusée le vendredi 8 juin 2012 sur France 2, sur le « trading à haute fréquence ».

Des ordres boursiers chaque microseconde

Les hauts plafonds du palais Brongniart ont été troqués contre les tôles d’un hangar en banlieue de Londres. La Bourse française s’est rapprochée de ses clients, dont la plupart sont dans le coin, commentent les deux réalisateurs, Irène Bénéfice et Olivier Toscer. La distance a son importance : plus les tuyaux de télécommunications sont courts, plus les échanges vont vite. Or, les robots passent des ordres toutes les microsecondes.

C’est l’intérêt : le plus rapide peut remporter beaucoup sur les marchés financiers. Les réalisateurs indiquent ainsi que les sociétés de trading à haute fréquence ont gagné 3,7 milliards d’euros en 2011 aux Etats-Unis, où deux tiers des opérations boursières sont réalisées par des ordinateurs.

Un crash de 14 minutes

Le 6 mai 2010, à 14 heures 42 minutes 44 secondes précisément, les cours du Dow Jones s’effondrent aux Etats-Unis. En quelques secondes, tous les voyants des entreprises cotées passent au rouge. Les analystes croient d’abord à une réaction des traders aux événements grecs.

Il n’en est rien. Le robot d’une seule entreprise de trading à haute fréquence est en cause. Il a vendu 3 000 contrats extrêmement rapidement, entraînant les autres robots dans la panique. Le « flash crash » durera quatorze minutes. Des millions d’euros partiront en fumée.

Pas encore de faillites d’entreprises

Lors du flash crash américain de juin 2010, l’action de l’entreprise Procter & Gamble a perdu 30% de sa valeur en quelques minutes. De quoi mettre les entreprises en danger, même si aucune faillite n’a encore eu lieu, explique le coréalisateur Olivier Toscer :

« Avant, c’était relativement simple : si le business était bon, le cours de l’action montait. Alors que les traders haute fréquence ne tiennent aucun compte des perspectives à moyen ou long terme de l’entreprise. Leur seul intérêt, c’est de faire bouger les cours, faire croire qu’il y a un mouvement. Les entreprises ne peuvent plus prévoir le cours de leur action. »

Conséquences, liste l’enquêteur :

  • les entreprises ne savent plus combien elles valent et banques ne savent plus à quelle hauteur leur prêter ;
  • les investisseurs qui ont perdu beaucoup d’argent avec ces actions yoyo risquent de ne plus en acheter par la suite ;
  • si l’entreprise a moins de perspectives claires, elle devient plus frileuse, et investit moins.

Des algorithmes tenus secrets

Les machines achètent, vendent, passent des ordres selon des algorithmes tenus secrets par les entreprises qui les mettent au point.

Mais celles-ci recourent parfois à des techniques que l’Autorité française des marchés qualifie de frauduleuses. A visage masqué, un ingénieur qui conçoit de tels algorithmes raconte comment un certain nombre d’entreprises de trading à haute fréquence « envoient des rafales d’ordres pour saturer les ordinateurs de la Bourse et ralentir les flux » : seuls les plus rapides peuvent passer des ordres, les autres sont bloqués. C’est la méthode de la « saturation ».

Celle du « brouillage » est devenue, selon l’homme flouté, « ultraclassique » depuis peu : un système informatique envoie un ordre, et le tue aussitôt. Pour profiter du mouvement qu’il a pu initier. Pour Olivier Toscer, rien de nouveau sur le principe, si ce n’est la rapidité de l’opération, qui la rend désormais indétectable pour les gendarmes de la Bourse.

Runfola Gabriel, Ingénieur en environnement et horticulture

Source : rue89.com et France 2


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