Publié par : La société solidaire et durable-Club de pensée citoyen | janvier 12, 2013

Yann Arthus-Bertrand: « Empreintes » du photographe de la Terre vue du ciel !


Chers lecteurs,

Au physique  c’est un cocktail de séducteur et de major Thompson. Il a la silhouette d’un professeur de boxe française et la moustache d’un dandy. Entre son agence, sa fondation, ses films, ses livres, ses émissions de télévision, Yann Arthus-Bertrand fait feu de tout bois. Lors de sa réception sous la Coupole, son épée, conçue par Philippe Starck et figurant un pic embrochant des déchets divers, fit sensation. Sur le pommeau, un mot, un seul : amour. YAB se présente comme un enfant de la petite-bourgeoisie. Graveurs, brodeurs et bijoutiers depuis six générations, les Arthus-Bertrand sont pourtant loin d’être des modestes artisans. La famille s’est surtout distinguée dans l’édition de médailles, militaires et autres. Renvoyé de 14 écoles, le jeune Yann collectionnait plutôt les mauvais points. Un adolescent rebelle, incapable de décrocher son baccalauréat, dont ses parents ne savaient que faire.

Il cherche d’abord à devenir acteur et se trouve propulsé, par hasard ou entregent, aux côtés de Michèle Morgan dans « Dis-moi qui tuer » (un film d’Etienne Périer qui n’est pas son meilleur). Puis il joue un rôle secondaire dans « OSS 117 prend des vacances » (de Pierre Kalfon, avec Edwige Feuillère et Elsa Martinelli) avant de tirer un trait sur sa prometteuse carrière. D’autres fauves l’attirent, ceux du parc animalier de Saint-Augustin, dans l’Allier. Il veillera sur eux pendant dix ans, avant de partir avec son épouse Anne vivre au Kenya comme dans « Daktari ». Avec leurs deux enfants, ils habitent dans le parc national du Masai Mara. Chaque jour pendant trois ans, il photographie une famille de lions dont il étudie le comportement de façon scientifique. © Sipa

Ces lions lui apprennent la photographie en lui enseignant la patience, la lumière. Mais ce qui va totalement changer son regard, c’est la montgolfière. Car, pour nourrir sa petite famille, Yann organise des safaris en ballon. Et tout en dévoilant à ses passagers ce qui est invisible du sol, lui aussi prend conscience des possibilités qu’offre le ciel. De retour en France, l’idée mijote dans sa cervelle. Elle mûrira de longues années pendant lesquelles il se distingue en couvrant le rallye Paris-Dakar, qui n’a rien de spécialement écologique, ou en immortalisant les animaux du Salon de l’Agriculture et leurs propriétaires, excellente intuition commerciale. Car YAB a du flair. Et il sait prendre des risques à bon escient.

En 1991, sentant l’heure venue, il crée Altitude, première agence de presse et banque d’images de photographies aériennes dans le monde, et en 1992, année du Sommet de la Terre de Rio, l’idée d’entreprendre l’inventaire des plus beaux paysages du monde vus du ciel le frappe comme la pomme de Newton. « J’étais moins activiste qu’aujourd’hui, mon travail était plus axé sur la beauté et l’importance de la préserver », reconnaît-il.

Avec une petite équipe et des moyens limités (mais tout de même le parrainage de l’Unesco), il se lance et 3 000 heures d’hélicoptère plus tard, « la Terre vue du ciel » rencontre un succès prodigieux. Plus de 3 millions d’exemplaires de l’album vendus, des expositions dans le monde entier, une série documentaire, un long-métrage dévoilé à l’occasion de la Journée mondiale de l’Environnement, « Home », qui casse la baraque dans plus de 100 pays.

Le sémillant YAB est riche, célèbre, glorifié, jalousé. Plusieurs établissements scolaires portent son nom et il est le parrain de deux oursons des Pyrénées. Le descendant de médaillistes est devenu une icône. Il confesse aujourd’hui ne plus être le même. « Je ne pense pas que l’on puisse faire ce que j’ai fait pendant tant d’années sans être transformé. Tout ce travail m’a rendu moins con, c’est évident. » Le grand protecteur de l’environnement savoure son éclatante revanche. Lui dont tous les musées parisiens refusèrent les photographies jusqu’à ce que le Luxembourg les accueille s’autorise à jouer l’avocat du diable : « Il y a des gens qui trouvent que mes photos sont des cartes postales, et que je n’ai aucun sens artistique. Mais qu’est-ce qu’une bonne photo ? Qu’est-ce que la beauté ? »

Réalisé par Guillaume de Lestrange et Laurent Menec, ce portrait s’inscrit dans le droit-fil de la série « Empreintes ». Comme on pouvait s’y attendre, il est souvent teinté d’hagiographie, mais est-ce si grave ? Quoi que l’on pense des images de Yann Arthus-Bertrand, certaines parlent d’elles-mêmes. On songe à ce coeur de mangrove, aussi célèbre que le décolleté de Marilyn, au mot gravé sur son épée d’académicien. L’amour, c’est le fin mot de l’histoire. YAB aime le monde, et le monde le lui rend bien.

Voici la vidéo de présentation du reportage Empreintes sur Yann Arthus Bertrand :

Runfola Gabriel, Ingénieur en environnement et horticulture

Source : Le nouvel Observateur / Eric de Saint-Angel


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