Publié par : La société solidaire et durable | mai 3, 2013

Tu seras un homme, un film très émouvant de Benoît Cohen !


Chers lecteurs,

J’aimerais vous présenter un film que j’ai vu en avant première le jeudi 2 mai 2013 au 400 coups d’Angers (un cinéma d’art et d’essai), il s’agit du film très émouvant  « Tu seras un homme » de Benoît Cohen !

Synopsis :

Tu sera un homme5Léo a dix ans. C’est un poète solitaire qui semble avoir quitté trop tôt la légèreté de l’enfance pour se réfugier dans la lecture. Sa rencontre avec Théo, 20 ans, jeune adulte insouciant, l’oblige à sortir de sa coquille. En devenant meilleurs amis malgré leur différence d’âge, tous deux vont s’aider à grandir.

Mais cette amitié n’est pas au goût de tout le monde et le père de l’enfant décide d’y mettre un terme. Alors Théo entraine Léo pour une escapade au bord de la mer, au risque de ne plus contrôler la situation…

Mais qui est Benoît Cohen ?

benoit-cohen-6315Après avoir suivi des cours de cinéma à l’université, Benoît Cohen débute en réalisant plusieurs courts métrages et crée très vite sa société de production. Il réalise son premier long métrage en 1996, Caméléone, un thriller avec Chiara Mastroianni.

En 2001, il tourne son second film Les Acteurs anonymes. Cohen écrit cette comédie avec l’actrice Eléonore Pourriat, c’est le début d’une collaboration durable. Le cinéaste y dirige Julien Boisselier et Mathieu Demy. A partir de là, une « famille Cohen » se met en place. Deux ans plus tard, il réalise Nos enfants chéris et Romane Bohringer rejoint la famille. En 2006, Cohen tourne la comédie Qui m’aime me suive, dans laquelle un brillant médecin (Mathieu Demy) quitte tout pour monter un groupe de rock. Benoît Cohen développe dans ces films la thématique de la crise d’identité des trentenaires. Fort du succès que son film a rencontré, le réalisateur crée avec Eléonore Pourriat, la série « Nos enfants chéris » (2007). En 2009, sort son cinquième long métrage Les Violette, suivi, en 2013, de Tu seras un homme.

La sortie Nationale du film Tu seras un homme est le 15 mai 2013 ! Alors je vous conseil fortement d’aller le voir, vous ne serais pas déçu !

Tu sera un homme 4

Voici ici la bande annonce du film :

Et ici un entretien avec le réalisateur Benoît Cohen !

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Scénariste, producteur, réalisateur, Benoit Cohen est un cinéaste libre, guidé par ses passions et son envie d’explorer le septième art sous différents angles. Dans son sixième long-métrage, il se penche sur l’amitié fusionnelle d’un enfant de dix ans et un jeune homme de vingt ans.

L’enfance s’impose au cœur de la plupart de vos films, c’est un sujet que vous n’arrivez pas à dépasser, qui vous nourrit, vous ramène à vos propres souvenirs ?

C’est effectivement un sujet qui me passionne. Comment un être humain se construit en fonction de l’éducation qu’il reçoit et des rencontres qu’il fait. Cela rejoint le thème principal de la plupart de mes films, à savoir « comment réaliser nos rêves ». Tout ce que l’adulte va avoir envie de vivre plus tard est mis en place dès son enfance. J’ai voulu montrer cet instant très particulier du passage de l’enfance à l’adolescence, ce moment où l’enfant est sur le point de franchir cette première marche qui le mènera à l’âge adulte. C’est un instant magique. Un mélange d’émotions enfantines, de relations très tactiles et de réactions qui peuvent parfois ressembler à celles des adultes, sans être encore polluées par la peur ou les doutes.

Ce sujet reflète t-il vos propres appréhensions par rapport à vos enfants, à leurs réactions, leur cheminement ?

C’est un sujet universel. La question de la transmission est au cœur même de l’éducation. Chaque parent se demande s’il fait les bons choix pour ses enfants, s’il les oriente de manière pertinente, si ses conseils ne vont pas avoir sur eux des conséquences négatives, s’il n’est pas trop influencé par ses propres frustrations ou ses propres fantasmes. Comment les aiguiller vers une voie qui nous semble bonne tout en leur laissant un maximum de liberté. Les parents dans le film sont deux exemples flagrants de « non assistance à personne en danger ». Car oui l’enfant est un être en danger à qui les parents doivent essayer de transmettre les armes pour faire face à la dureté de la vie. La mère a démissionné, suite au traumatisme de l’accident de son enfant, et le père, obsédé par la sécurité et rongé par la peur, pense bien faire en surprotégeant son fils alors qu’il l’isole complètement du monde extérieur et est incapable de lui donner l’amour dont il a besoin. C’est un personnage dont la trajectoire m’intéresse beaucoup. Entre le début où il est rigide et désagréable et la fin où il prend conscience de la fausse route qu’il emprunte depuis des années, l’évolution du personnage est spectaculaire. J’ai adoré travailler avec Grégoire Monsaingeon qui est un grand acteur de théâtre et dont c’est la première apparition à l’écran. Il a la froideur et l’humanité des acteurs de Dreyer ou de Bergman. C’est aussi passionnant de continuer mon travail avec Eléonore Pourriat qui, film après film, montre l’étendue de son talent en interprétant des personnages aussi différents que la rock star de Qui m’aime me suive, la petite fille des Violette ou ici cette mère dépressive qui va renaître à la vie et profondément se transformer au cours du film.

Pourquoi avoir fait du personnage du film un enfant « handicapé » ?

Je trouvais intéressant d’annoncer au début que cet enfant était handicapé et de très vite se rendre compte que seuls les parents le considéraient comme tel. Léo a effectivement eu un accident grave mais ses séquelles physiques restent mineures. La réaction des parents est excessive, ils projettent sur lui leurs propres peurs et leurs névroses. C’est finalement ça le handicap de cet enfant. Cette histoire d’handicap traverse le film sans qu’on sache vraiment de quel type de handicap on parle. J’aime les non-dits, que tout ne soit pas forcément montré ou expliqué.

Vous avez choisi de mettre en scène votre propre fils, est-ce quelque chose de déstabilisant ou au contraire une motivation supplémentaire?

Nous avons l’habitude de travailler en famille, au sens large du terme. Nous entretenons un réel esprit de troupe aussi bien avec les acteurs qu’avec les techniciens. Aurélio avait déjà fait plusieurs apparitions dans mes projets précédents mais là il porte quasiment l’intégralité du film sur ses épaules. Ce qui m’a rassuré dès le début c’est la présence permanente d’Eléonore sur le plateau. C’est une excellente directrice d’acteurs et le fait qu’elle soit sa mère était évidemment un atout. Elle a su lui donner confiance, ce qui était le plus important. De son côté, Aurélio m’a vraiment bluffé. Je ne pensais pas que, du haut de ses dix ans, il arriverait à donner à ce personnage une telle ampleur, qu’il endosserait ce rôle avec une telle rigueur et une telle intelligence. Ce qui m’a le plus impressionné, c’est la façon dont il s’est emparé du « handicap » de Léonard, sans que nous lui donnions de réelles consignes. Il a inventé une gestuelle très fine, quasiment imperceptible, des déhanchements qui marquent délicatement la singularité du personnage. Ce genre d’expérience entre un père et son fils est assez unique. J’ai beau avoir essayé de le considérer tout au long du tournage avant tout comme un simple acteur, j’ai senti petit à petit que ce film se glissait entre nous. J’ai perdu mon père juste avant le tournage. Tu seras un homme lui est dédié. Ce film, de par son sujet et la manière dont nous l’avons tourné, crée un lien incroyable entre mon père, moi et mon propre fils.

Et d’où vient l’émouvant Jules Sagot ?

Je l’ai rencontré au conservatoire du Ve arrondissement de Paris où j’ai moi-même suivi des cours de théâtre il y a quelques années et où j’ai trouvé beaucoup d’acteurs de mes précédents films. D’ailleurs Eléonore, Grégoire et toute la bande des copains qui débarquent au milieu de Tu seras un homme viennent aussi de ce cours tenu par Bruno Wacrenier, professeur de génie. A l’époque où il était déjà le baby-sitter d’Aurélio, Jules nous a invité à la représentation d’une pièce qu’il avait écrite. J’ai trouvé son écriture magnifique et je lui ai, dans la foulée, proposé de travailler sur un projet autour de sa relation avec Aurélio. Quelques semaines plus tard, il nous a remis un objet un peu non identifié d’une quarantaine de pages que nous avons ensuite transformé en scénario avec Eléonore. Quand je l’ai retrouvé sur le plateau en tant qu’acteur, j’ai été enthousiasmé par ce qu’il amenait au personnage de Théo. Que son duo avec Aurélio fonctionne ne m’étonnait qu’à moitié, cela faisait des années que je les voyais évoluer côte à côte mais j’ai trouvé que pour quelqu’un qui n’avait jamais été devant une caméra, il dégageait une grâce et une poésie qui dépassait mes espérances.

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Pourquoi avez-vous choisi la musique de Federico Pellegrini (French Cowboy) pour accompagner votre film ? 

J’ai eu beaucoup de mal à trouver la bonne musique. Plusieurs compositeurs ont travaillé sur ce projet avant qu’on ne découvre les chansons de Federico. Dès l’écoute des premiers morceaux, son univers musical s’est imposé. Ses mélodies et ses paroles étaient parfaitement en accord avec le sujet du film et son rythme. Ce sont des mélodies très planantes, qui correspondent bien à l’état dans lequel sont plongés les personnages. En les écoutant, j’ai vraiment eu l’impression qu’elles avaient été écrites pour Tu seras un homme.  Je pensais au début n’utiliser que des chansons préexistantes mais comme Federico aimait beaucoup le film, je lui ai proposé d’écrire quelques morceaux à l’image. Il a accepté, simplement. Le hasard veut que son nouvel album sorte en même temps que le film et nous allons donc organiser des avant-premières suivies de concerts, renforçant le lien entre les deux projets.

Que vous reste t-il aujourd’hui de cette nouvelle aventure ?

La joie d’avoir pu tourner un film en totale liberté et de découvrir un territoire cinématographique que je n’avais jamais exploré. Je suis passé, au cours de ces dernières années, par plein de genres différents : le polar, le documentaire, la comédie, le film expérimental… J’aime que chaque projet m’ouvre de nouveaux horizons. C’est ce qui me permet d’avancer, de m’épanouir. Et même si je tourne des séries pour la télévision et que je développe des projets plus ambitieux, cela ne m’empêche pas d’avoir envie de continuer à défendre ce type de projets, intimistes, construit autour de comédiens pas forcément connus.

Faire des films est une aventure au long court. Comme me disait Claude Chabrol, qui m’a beaucoup aidé à mes débuts, « l’important c’est de tourner ». J’ai le sentiment de continuer à apprendre mon métier film après film, de faire mon bonhomme de chemin contre vents et marées, de tenir mon cap.

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Aurélio Cohen, le fils du réalisateur !

Enfin ce film vient de recevoir le prix du Meilleur Film Etranger au Festival International du film d’Arizona.

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Un grand bravo à Benoît Cohen pour ce film qui est très émouvant et pleins de surprises, nous questionnant sur le passage du monde de l’adolescence au monde adulte !

Pour en savoir plus, voici ci-contre le lien d’information du film : http://tuserasunhomme-lefilm.fr/site/13-2/

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