Publié par : La société solidaire et durable-Club de pensée citoyen | mai 30, 2013

Des microbes pour remplacer les pesticides ?


Chers lecteurs,

L’utilisation prometteuse des microbes dans les vignes, efficace mais encore mal comprise, pourrait sortir l’agriculture de l’alternative OGM-pesticides.

La culture en biodynamie est encore mal connue des scientifiques, mais ouvre un champ prometteur (photo d'illustration).

Plusieurs travaux internationaux ont récemment été publiés qui font le point sur les différentes options dont pourra bénéficier l’agriculture pour lutter contre les infections et le parasitisme des plantes afin d’en favoriser la production. Globalement, deux méthodes ont été utilisées et souvent l’alternative ne nous est proposée qu’entre les plantes génétiquement modifiées et les pesticides.

Les organismes génétiquement modifiés sont maintenant plantés sur 170 millions d’hectares (11 % des terres cultivables), et il paraît difficile d’en limiter à l’avenir l’utilisation en dépit d’une résistance forte en Europe. Elles sont utilisées pour leur résistance aux insectes et aux herbicides. L’alternative pour les agriculteurs consistant à utiliser des pesticides est également critiquée du fait des effets présumés ou démontrés des pesticides à faibles doses sur les mammifères, dont l’homme (en particulier sur la fertilité), et sur les abeilles.

Il n’est pas sûr que nous n’ayons le choix qu’entre ces deux solutions : une troisième solution, témoin de la spécificité française, s’est petit à petit fait jour dans la culture du vignoble avec l’utilisation progressive de l’agriculture biologique qui évite pour l’essentiel les pesticides chimiques. Une des particularités françaises a été le développement de vin obtenu par culture en biodynamie. Dans ce modèle empirique et complexe sont utilisées des données dont on comprend mal la rationalité, mais certains des meilleurs vins français en sont issus.

Une pratique empirique efficace

La question de la rationalité de la biodynamie trouve un éclairage nouveau dans les études récentes basées sur le « microbiote de la rhizosphère », c’est-à-dire les microbes qui entourent les racines des végétaux, et en particulier des vignes. Il est démontré depuis peu que les microbes qui vivent à la racine des plantes sont susceptibles de les protéger contre les attaques extérieures de virus, de bactéries, mais aussi d’insectes. Il ne faut pas oublier que l’ivermectine, un insecticide antiviral et antiparasitaire puissant, est produit naturellement par des champignons microscopiques de l’environnement. Dans un travail récent, il a été montré que la transplantation des microbes présents aux racines d’une plante résistant naturellement aux insectes dans un autre terrain permettait de transmettre cette résistance aux plantes semées dans le terrain ainsi fertilisé.

Un nouveau champ scientifique se développe dans l’étude du microbiote de la rhizosphère. Il donnera probablement une consistance à la pratique empirique de la viticulture en biodynamie qui a fait la preuve de son efficacité empiriquement contre les raisonnements liés à la connaissance scientifique incomplète d’une époque. Il est possible qu’une partie non négligeable de l’agriculture soit à l’avenir aidée par des greffes de microbes qui remplaceront en partie pesticides et OGM. En tout cas, cette hypothèse a un support scientifique très solide et la microbiologie de l’environnement a de beaux jours devant elle.

Source : lepoint.fr


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