Publié par : La société solidaire et durable | décembre 1, 2013

Il apprend aux agriculteurs à se passer de pesticides !


Chers lecteurs,

Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne), hier. Tounis Aoudjali, chef de l’exploitation du lycée agricole de la ville, rêve d’une agriculture qui utiliserait moins la chimie.

En Seine-et-Marne, Tounis Aoudjali, ingénieur agronome, distille des conseils pour limiter les produits chimiques. Une préoccupation partagée par les sénateurs qui se penchaient la nuit dernière sur cette question.

Avec un mois de retard sur le calendrier, Tounis Aoudjali a entamé hier le labour d’un de ses champs. Décaler ses semis de blé d’octobre à novembre lui permet de se dispenser de désherbants. C’est autant de pesticides en moins pour les nappes phréatiques, actuellement en phase de remplissage. Sur ses 80 ha de terres en Seine-et-Marne, cet ingénieur agricole de 36 ans, originaire du Tchad, expérimente des techniques alternatives pour réduire l’usage des produits chimiques.

Chef de l’exploitation du lycée agricole de Brie-Comte-Robert, l’un des plus grands d’Ile-de-France avec 480 élèves, Tounis distille ses conseils aux étudiants, agriculteurs, jardiniers amateurs qui viennent y apprendre à cultiver autrement. Alors qu’une proposition de loi, étudiée la nuit dernière au Sénat, indique vouloir interdire l’utilisation de produits phytosanitaires dans les espaces verts, les forêts et les promenades accessibles au public, l’ingénieur formé à Clermont-Ferrand affirme que « le développement durable est désormais au cœur des formations scolaires agricoles ». Sous ses 5000 m2 de serres horticoles, il apprend aux maraîchers à produire des légumes bio. Il propose aussi des stages aux jardiniers amateurs et aux jardiniers municipaux. « De plus en plus de villes veulent limiter l’usage des pesticides mais aussi moins consommer d’eau pour l’entretien de leurs parcs et jardins », explique le chef d’exploitation, qui résume ses conseils en une formule : « Davantage d’agronomie, moins de chimie. »

« Laisser pousser une pelouse, c’est être plus en phase avec la nature et cela permet de consommer moins de carburant pour la tonte », argumente l’ingénieur. Pour apprendre aux étudiants en agriculture à ne pas devenir accros aux produits chimiques, Tounis Aoudjali s’appuie sur des techniques empiriques. En mélangeant différentes variétés de blé sur un champ, il limite l’impact éventuel des maladies. En réimplantant des haies au milieu des parcelles, il attire les coccinelles qui se régalent des pucerons. Et pour éviter le désherbage chimique des cultures de colza, il sème au sol des lentilles qui viennent concurrencer les mauvaises herbes. « On sent que les mentalités changent, que les jeunes sont prêts à expérimenter des méthodes alternatives », confie le professeur.

Mais ce discours a parfois plus de mal à passer auprès de certains agriculteurs qui n’ont souvent qu’une obsession en tête : le rendement. « Lorsqu’on est seul sur une exploitation de 150 ha, faire du désherbage mécanique demande quatre ou cinq fois plus de temps qu’un désherbage chimique, et on ne peut pas le faire tout seul, concède Tounis Aoudjali. On ne peut pas demander de changer du jour au lendemain des techniques de production utilisées depuis les années 1960, mais je crois que la mutation est en marche. »

Source : LeParisien.fr


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