Publié par : La société solidaire et durable | décembre 16, 2013

« Une société espionnée n’est plus une démocratie » !


Chers lecteurs,

Les révélations d’Edward Snowden n’en finissent plus de faire des vagues. Après les géants de l’internet, ce sont maintenant les intellectuels qui se mobilisent. Originaires des 4 coins du monde, ils ont décidé de condamner fermement les dérives des services secrets américains qui mettent à mal la démocratie. Dans une tribune, ils en appellent même aux Nations Unies pour qu’elles mettent un peu d’ordre dans tout ça.

Ils sont plus de 500 et ont décidé de tirer la sonnette d’alarme. Pour ces écrivains reconnus et réputés, la NSA est allée trop loin. En espionnant ainsi ses citoyens, les Etats-Unis ont bafoué la démocratie. « En quelques clics, l’Etat peut accéder à votre portable, vos mails, vos réseaux sociaux et vos recherches sur internet », explique la pétition publiée par une trentaine de journaux du monde entier. Pire, pour eux, les Etats-Unis, ont bafoué le principe de la présomption d’innocence, chèrement acquis. « L’espionnage de masse considère tout citoyen comme un suspect potentiel ». Ces écrivains, originaires de 80 pays, en appellent à l’ONU pour qu’elle adopte une convention des droits numériques. Ils estiment que ces droits numériques ont autant d’importance que n’importe quel droit des citoyens et qu’il est urgent de légiférer. Et ce ne sont pas des anonymes, bien au contraire. Parmi eux, cinq prix Nobel de littérature, dont Elfriede Jelinek ou Günther Grass.

« Une personne qui est espionnée n’est plus libre, une société espionnée n’est plus une démocratie »

Selon une étude du PEN American Center, basé à New-York, les écrivains sont plus sensibles à la protection de la vie privée des citoyens que la moyenne. Ils seraient 66% à désapprouver les pratiques des services secrets américains, même s’il s’agit de lutter contre le terrorisme, alors que dans la population moyenne, ce chiffre n’est que de 44%. Le PEN American Center a poussé l’étude plus loin en questionnant 528 auteurs sur leur rapport à la surveillance d’Etat. Et les résultats sont édifiants. Non seulement, ils se sentent surveillés en permanence mais cela les amène à pratiquer l’autocensure dans leur travail. Par exemple 24% d’entre eux évitent d’aborder certains sujets lors d’une conversation téléphonique ou d’un échange de mails. Et 9% de plus sont tentés de le faire.

Une atteinte à la liberté d’être informé

Parmi les sujets sensibles : le Moyen-Orient, l’Afrique du nord, les affaires militaires, les incarcérations de masse ou la politique anti-drogue du gouvernement. Selon l’étude, cette autocensure contribue non seulement à restreindre la liberté d’expression mais aussi à limiter celle d’être informé. Comme les auteurs évitent de faire des recherches sur les sujets sensibles par peur des poursuites ou des ennuis, le public n’a pas accès à certaines informations. Ce manque à gagner n’est bien sûr pas quantifiable.

Le manifeste « Pour une défense de la démocratie à l’ère numérique » en français

Voici un interview avec Juli Zeh, écrivain allemande et l’une des initiatrices de cet appel :

http://videos.arte.tv/fr/videos/interview-mit-juli-zeh–7733822.html

Source : http://www.arte.tv.fr

 

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