Publié par : La société solidaire et durable-Club de pensée citoyen | février 5, 2014

Pour aller plus loin, c’est quoi l’équilibre entre Masculin et Féminin !


Chers lecteurs,

Christine Champougny Oddoux, psychothérapeute,  auteur de « Femmes et déesses tout simplement » a écrit :

Un certain « On » dit , entre autres que les femmes sont trop sensibles, tergiversent, sont incapables de trancher et regardent beaucoup en arrière.

« On » dit aussi que les hommes agissent sans prendre le temps de ressentir leurs émotions, qu’ils manquent de nuances, qu’ils ne s’intéressent pas au coté « subtil » des choses.

Serait-ce la réponse du berger à la bergère ?

En tout cas, il me semble que ce « On » entretient la guéguerre entre les sexes.

Je pense comme elle que nous entretenons tous et toutes trop souvent une vision du masculin primaire et quelque peu égoïste qui enferme les hommes dans un rôle  dont nous ne pouvons plus les faire sortir pour notre malheur à eux comme à nous

Et nous entretenons aussi, nous les femmes malgré nous une vision du féminin compliqué et un peu victime qui pousse les hommes à tenter de se dégager de leur culpabilité plus ou moins consciente en  nous  qualifiant d’excessives et de manipulatrices.

En tant que femmes nous avons sûrement à gagner à cesser de regarder l’homme, soit comme un patriarche qui guette l’occasion de se libérer de toute autre responsabilité que celle de son travail soit  comme un être incapable de comprendre les profondeurs de la complexité féminine !

Si nous souhaitons construire une nouvelle alliance avec eux nous avons à changer de position, à   sortir d’une place de victimes qui les transformentà priori en bourreaux dès lors qu’ils ne sont plus nos sauveurs.

Quant à ces messieurs, il serait temps qu’ils développent l’art de la critique constructive. La critique qui prend en compte la difficulté et qui ouvre vers de nouvelles stratégies, plutôt que de démontrer l’incompétence.

Mais pourquoi est-ce si difficile d’adopter pleinement ces nouvelles positions ?

Au cours des siècles la  supériorité physique de l’homme lui a  donné la responsabilité de la sécurité de son foyer et de son pays dans la plupart des civilisations. Leur aurions nous laissé ainsi la lourde tâche de nous défendre contre tout ce qui nous agresse ?

En effet un homme qui  n’était pas fort, portait une culpabilité, que parfois nous ne saurions démentir, en l’absence de sa protection la famille se sentait affaiblie.

Mais en leur conférant cette mission « Sois fort » n’ avons nous pas poussé l’homme vers certains excès…?

Aujourd’hui nous vivons dans un monde où chacun, homme comme femme, cherche sa liberté et revendique son autonomie, tout en espérant plus ou moins secrètement un lien suffisamment solide et souple à la fois qui le rassurerait dans toutes les autorisations qu’il a besoin de s’accorder.

Pour réussir ce pari, je crois qu’il est temps de prendre conscience que nous portons tous, en tant qu’êtres humains une part masculine et une part féminine. Et il est temps que nous cessions d’opposer l’homme et la femme pour apprendre à accueillir le masculin et le féminin, dans leurs dimensions complémentaires.

Car la rancune sourdement installée au fond de nous créée par le manque de l’autre dimension, engendre notre souffrance. Nous projetons trop souvent ce manque à l’extérieur de nous même.

Alors il est peut-être temps que les femmes comme les hommes reconnaissent leur ombre .

Cette ombre nourrie par le personnage intérieur critique et exigeant, qui ridiculise et cherche à dissimuler toute forme de faiblesse et de vulnérabilité.

Il est temps que nous regardions tous à quel point nous avons besoin de pouvoir « offrir notre amour sans avoir à craindre que cet amour soit exploité, trahi, violé » (Alice Miller le drame de l’enfant doué).

Trop souvent nous réprimons notre amour de peur qu’il ne soit une erreur.

Comment avons nous appris à faire cela ?

Avons nous le sentiment d’avoir trop donné, sans avoir suffisamment reçu en retour ?

Nous sommes nous habitués depuis notre plus jeune âge, à ne pas nous sentir respectés, à nous sentir considérés comme le jouet du désir des autres.

Sommes nous conscients lorsque nous choisissons de nous protéger. Savons nous contre quoi nous croyons à tout prix devoir nous protéger ?

Entretenons nous la croyance perfide,  que si nous ne luttions pas, surviendrait à priori l’abus.

Ou bien est-ce l’amour de nous-même que nous avons réprimé ?

Avons nous plutôt tenté de ne rien désirer personnellement pour ne plus souffrir de ce manque de respect, mais au contraire tenter d’obtenir la reconnaissance de l’autre (et aussi celle de la société judéo-chrétienne) pour notre sublime dévouement ?

Espérons nous offrir aux autres cet amour inconditionnel qui nous fait rêver ?

Entretenons nous l’espoir que l’amour entre adultes devrait être inconditionnel, pour mériter le nom d’amour ?

Que de questions à se poser,

Ou bien que de questions que nous évitons de nous poser pour ne pas se faire mal !!!

Personnellement je crois que l’équilibre entre le féminin et le masculin intérieur serait la libre circulation de l’amour entre ce féminin et ce masculin.

L’amour, cela pourrait être la permission mutuellement consentie (y compris et même d’abord à l’intérieur de soi) de ressentir la joie comme la douleur, l’envie de donner, comme celle de refuser, de s’assumer tout autant dans sa puissance que dans ses limites.

Et d’où vient que cette permission est si difficile à offrir et à recevoir. Ce que nous appelons le regard de l’autre, semble nous l’interdire… Peut-être parce que la permission c’est la « liberté ».

La liberté lorsque nous sommes seuls, nous savons la concevoir.

La liberté face à l’autre est plus difficile à concevoir puisqu’elle s’oppose à cette idée que « notre liberté s’arrête où commence celle d’autrui ».

Pourtant le défi serait bien de se sentir libres et unis.
Unis parce que complémentaires et pourtant libres  … quel programme !

Ne sommes nous pas conditionnés par l’évidence de notre complémentarité !
Cette évidence contribuerait-elle à ce que nous soyons emprisonnés dans un sentiment de dépendance qui entretient la colère……….. ?

Un autre thème de café psy pourrait être « Peut-on s’aimer sans dépendance ? »

Et nous pourrions ainsi  ensemble tenter d’explorer humblement, les moyens que nous avons à disposition pour relever ce défi qui concerne tellement d’êtres humains… pour ne pas dire tous.

Source : Nicolle Bensusan Psychothérapeute © / Textes déposés à la Société des gens de lettres


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