Publié par : La société solidaire et durable | août 28, 2014

Les punaises de lit envahissent l’Europe !


Chers lecteurs,

On les ramène dans nos bagages et elles en profitent pour infester nos matelas. Dans les grandes villes les services d’hygiènes sont débordés.

Mais il existe des pistes pour s’en débarrasser. Cimex lectularius fuit la lumière mais éprouve de nuit un irrépressible besoin de nous sucer le sang. (Carolyn Kaster-Sipa)

Cimex lectularius fuit la lumière mais éprouve de nuit un irrépressible besoin de nous sucer le sang. (Carolyn Kaster-Sipa)

A Paris, les services d’hygiène sont débordés.

A la CS3D (chambre syndicale des désinsectiseurs), Stéphane Bras constate que « la situation est de pire en pire ». Au CHU de Nice, le docteur Pascal Delaunay, spécialiste d’entomologie et parasitologie, confirme : « Depuis la fin des années 1990, l’infestation des grandes villes par les punaises de lit ne cesse de croître.

Nous arrivons aujourd’hui à une situation que notre génération n’avait jamais connue. »

Signalée depuis longtemps aux Etats-Unis, l’infestation galopante s’est répandue dans tous les pays développés.

De son vrai nom Cimex lectularius, la punaise de lit, arthropode hématophage, accompagne les humains depuis la nuit des temps. La revanche de la petit bête qui mord Certains spécialistes attribuent l’origine de cette cohabitation à nos ancêtres préhistoriques, avec leur habitude de dormir dans des cavernes, aux plafonds tapissés de chauves-souris. Celles-ci, contrairement à la plupart des mammifères, exempts de ce fléau, disposent en effet d’une punaise attitrée, qui a pu s’adapter aux humains.

Ensuite, elle a suivi les hommes dans leurs couches confortables, jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, où elle avait pratiquement disparu. « Alors, dit le docteur Delaunay, la rénovation des habitats, associée à une lutte intensive contre les cafards à coups de DDT, a fait de la punaise de lit une victime collatérale. » Les regrettées Trente Glorieuses, prospères et ignorantes du chômage, furent aussi des décennies sans punaises. Mais patatras !

La lutte contre les cafards a emprunté des voies spécifiques, épargnant les punaises. Lesquelles ont de plus développé une résistance aux insecticides plus doux, utilisés après l’interdiction du DDT.

Ajoutez l’explosion des voyages internationaux, avec le transport de punaises cachées dans les bagages, et vous aboutissez à la situation actuelle. La femelle pond quinze œufs par jour Cimex lectularius est un minuscule vampire, qui fuit la lumière mais éprouve de nuit un irrépressible besoin de nous sucer le sang – d’où des piqûres douloureuses et irritantes, voire allergisantes. La femelle pond autour de quinze œufs par jour, et les Cimex des deux sexes peuvent patienter jusqu’à une année entre deux repas d’hémoglobine. Combinée avec une aptitude à se lover dans le moindre recoin, cette résistance à la famine explique la difficulté du combat.

D’autant que, insistent les médecins spécialisés, « il ne s’agit pas du tout d’une question d’hygiène personnelle ». Chacun peut, sans le savoir, rapporter chez lui des Cimex – dans sa valise, ou dans les plis de son pantalon.

A lui, ensuite, de s’en apercevoir – par exemple en recherchant des petites traces de sang dans les draps – et de prendre vite fait quelques mesures simples pour s’en débarrasser. Ou bien de les laisser pulluler : « Ce n’est pas du tout la même chose d’avoir 10 ou 500 punaises dans son sommier », dit Pascal Delaunay, qui a créé à l’hôpital de Nice un service d’inspection à domicile, pour résoudre le problème chez des patients se trouvant « dans des cas extrêmes ».

Des chiens renifleurs contre les punaises Pour les cas qui le sont moins, les entreprises de désinsectisation disposent d’une vaste gamme de solutions. La machine à laver, le sèche-linge, le fer à repasser, la vapeur surchauffée (la bestiole ne supporte pas les températures supérieures à 60 °C), le congélateur (elle trépasse également en dessous de -20 °C) ou l’aspirateur peuvent rendre des services éminents. Il existe aussi des chiens renifleurs spécialement dressés à la détection de l’odeur des punaises et qui, dans un hôtel, peuvent vérifier de 20 à 50 chambres par jour.

Source : Fabien Gruhier – Le Nouvel observateur

Enfin, à l’université de Californie, l’équipe de Catherine Loudon explore une ancestrale méthode venue des Balkans : les propriétés adhésives (par « effet Velcro ») des feuilles d’un haricot local, dont on entourait chaque soir les lits pour piéger les punaises. Les chercheurs tentent de reproduire ce Velcro très spécial. Contre les vampires, les fausses feuilles de haricots seront-elles aussi efficaces que les vraies gousses d’ail ?

 


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