Publié par : La société solidaire et durable | octobre 17, 2014

Jean Tirole prix Nobel, un économiste enraciné en France et acclamé aux États-Unis !


Chers lecteurs,

Jean Tirole est le troisième lauréat français du prix Nobel d'économie

Le prix Nobel récompense en Jean Tirole un économiste alliant excellence mathématique française et rayonnement anglo-saxon, qui a choisi de jouer de son prestige à Toulouse, loin de l’agitation médiatique.

Même s’il assure que la distinction était « une grosse surprise », son nom était depuis des années dans les petits papiers des experts du comité Nobel. Le Français Jean Tirole a reçu lundi le prix Nobel d’économie 2014 pour « son analyse de la puissance du marché et de la régulation ». Une récompense dans laquelle le Premier ministre Manuel Valls a voulu lire « un pied-de-nez au « French bashing », sport national et international », saluant « un autre Français au firmament après Patrick Modiano ».

Un économiste discret mais mondialement connu

Professeur à Polytechnique, ce natif de Troyes n’a pas attendu l’annonce de Stockholm pour atteindre le sommet de sa discipline. Âgé de 61 ans, Jean Tirole est l’un des économistes les plus influents de son époque. Ses livres, traduits dans plusieurs langues, sont des références dans les universités du monde entier. Le plus célèbre, The Therory of Industrial Organization, analyse les comportements stratégiques des acteurs économiques à la lumière des structures du marché.

Son CV déroule 24 pages de récompenses, publications et prix en tous genres. Lauréat du prix récompensant le meilleur jeune économiste européen en 1993, au côté de son ami et complice Jean-Jacques Laffont, et du prix Claude Levi-Strauss en 2010, Jean Tirole est surtout le deuxième économiste à avoir reçu en France une médaille d’or du CNRS, en 2007, après Maurice Allais en 1978. Troisième Français à recevoir le Nobel d’économie après Gérard Debeu en 1983 et Maurice Allais en 1988, Jean Tirole est le 11e économiste le plus cité au monde dans la recherche, selon le classement établi par la banque de réserve fédérale de Saint-Louis, aux États-Unis.

Il a rapproché l’économie de la psychologie comportementale

Président de la Toulouse School of Economics (TSE) et professeur invité du célèbre « Massachussets Institute of Technology » (MIT) de Boston, Jean Tirole est l’un des grands spécialistes de la théorie « des jeux », qui décortique les mécanismes à l’oeuvre et les arbitrages derrière les décisions des agents économiques, en faisant appel aussi à la psychologie. Plus concrètement, il s’est penché aussi bien sur la régulation des banques et des télécommunications que sur les émissions de gaz carbonique. Ses travaux menés avec Jean-Jacques Laffont dans les années 1990 ont notamment contribué à populariser le concept de droits d’émissions de CO2.

Il a « éclairci la manière de comprendre et de réglementer les industries dominées par quelques entreprises importantes », a indiqué le comité Nobel.  « La meilleure régulation ou politique en matière de concurrence doit (…) être soigneusement adaptée aux conditions spécifiques de chaque secteur. Dans une série d’articles et de livres, Jean Tirole a présenté un cadre général pour concevoir de telles politiques et l’a appliqué à un certain nombre de secteurs,  qui vont des télécoms à la banque », a résumé l’Académie royale des sciences.

S’il a toujours refusé de prendre position en politique – à la différence de Thomas Piketty avec Ségolène Royal et Olivier Blanchard avec Nicolas Sarkozy – le nouveau prix Nobel a tout de même appelé lundi à réformer le marché français de l’emploi, le jugeant « assez catastrophique ». « Je pense qu’il va falloir changer les choses si on veut donner un avenir à nos enfants », a-t-il estimé après avoir reçu sa distinction.

Une ambition internationale au service du paysage universitaire français

Moins médiatique que d’autres économistes français sortis de Polytechnique et de Ponts et Chaussées, il a très tôt compris l’intérêt d’aller se frotter au système universitaire américain, qui est de loin le plus grand pourvoyeur de Nobel d’économie ces dernières années et où les conditions de recherche sont jugées bien meilleures. Après sa thèse à l’université Paris-Dauphine, Jean Tirole s’est donc fendu d’un PhD, l’équivalent français du doctorat, au célèbre « Massachussets Institute of Technology ».

Interviewé dans Challenges le 9 octobre sur cette domination américaine sur les grandes distinctions en sciences économiques, il reconnaissait: « Elle ne reflète qu’une situation dans laquelle les États-Unis ont beaucoup investi pour attirer les meilleurs économistes. Je la regrette énormément, mais en même temps, je ne peux crier au scandale ».

Une récente publication du FMI a ainsi établi un classement de 25 jeunes économistes prometteurs, distinguant sept Français… dont six expatriés aux États-Unis. Plutôt que de crier au scandale, donc, Jean Tirole s’est employé à sa manière à redorer le blason des sciences économiques en France en mettant son prestige au service de l’école toulousaine d’économie (TSE). Avec pour ambition de la hisser dans « le top 10 mondial de la recherche en économie.

Source : http://www.rtl.fr


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