Publié par : La société solidaire et durable | janvier 23, 2015

Paris sous la mousse ? C’est pour bientôt et c’est tant mieux !


Chers lecteurs,

Paris sous la mousse ? C'est pour bientôt et c'est tant mieux !

Les bryophytes – le nom savant de notre bonne vieille mousse verte – ont la cote en ville. Une jeune entreprise veut même en faire une arme contre le changement climatique.

Elle n’a l’air de rien, accrochée au mur. Le passant la regarde à peine ; les techniciens de surface ont d’ailleurs plutôt l’habitude de la chasser au nettoyeur haute-pression, à la demande des copropriétés énervées. La mousse, c’est bien elle, pourrait pourtant un jour tranquillement envahir Paris, pour le bien-être de ses habitants. C’est en tout cas ce qu’espère Adrien Bénard, fondateur d’Anthios, une jeune entreprise de culture des bryophytes, nom savant de notre mousse.

Spécialisé dans le kokedama, un délicat art végétal japonais où une sphère de terreau entourée de mousse sert de support à une plante d’ornement, Adrien Bénard s’est interrogé il y a quelques années sur la durabilité de ses approvisionnements. Car la mousse, c’est bien connu, pousse en forêt. « J’ai compris que ce que je pouvais me procurer était d’origine sauvage et que cette filière conduisait à les prélèvements quasi industriels, parfois à destination de l’export », explique-il. Pour ne pas participer au pillage, il décide de cultiver les bryophytes. Plus facile à dire qu’à faire ! Car peu de pays disposent de spécialistes en la matière.

Le rêve de l’urbaniste préparant la ville à vivre à +2°C

Direction le Japon, où la mousse est vénérée (ou presque). Il y découvre des grands maîtres et des usages méconnus sous nos latitudes. Au pays du Soleil levant, on utilise en effet déjà les mille et une vertus environnementales des bryophytes. Sur les toitures, sur les murs, sur les sols, la mousse est la bienvenue. Et pour cause : elle absorbe les eaux de ruissellement, convertit les particules fines en biomasse, ne pèse rien, ne nécessite ni arrosage, ni entretien, n’a pas besoin de pesticides car elle dispose de propriétés antigerminatives. Bref, la mousse est le rêve de l’urbaniste écolo préparant la ville à vivre à +2°C. Voilà d’ailleurs une décennie que les entreprises japonaises en plantent sur leurs buildings pour lutter contre l’effet d’îlot thermique, un phénomène de réchauffement de l’air en ville.

Lauréat en 2013 de l’appel à projet de la mairie de Paris pour le programme « végétalisation innovante », Adrien Bénard se lance sur les pas des ingénieurs nippons. C’est au Centre de production horticole de la ville de Paris, à Rungis (Val-de-Marne), qu’il se frotte à la culture de mousses locales, made in Ile-de-France. Depuis plusieurs mois, il y cherche le mélange parfait de variétés, adaptable à toutes les expositions lumineuses. Mais aussi les supports nécessaires pour permettre à la mousse de vivre à la verticale – avec donc peu d’apports d’eau de pluie – sans se déshydrater.

Reste à démonter les légendes urbaines

Dans quelques mois devraient être mûrs des tapis moussus d’un mètre de large et de longueur indéfinie, que l’on pourra rouler et même stocker, avant de les accrocher aux dents creuses, murs aveugles et recoins minéraux parisiens. Restera à démonter les légendes urbaines – « Ça fait tomber les tuiles », « Ça étouffe le gazon » – qui collent à la peau des bryophytes. « Elle est encore trop souvent perçue comme une plante indésirable : il faut réhabiliter la mousse ! », clame Adrien Bénard. Le street art écolo et les graffitis à base de mousse dont Anthios s’est fait une spécialité devraient participer à redorer son blason. En attendant la verte invasion.

Source : http://www.terraeco.net


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