Publié par : La société solidaire et durable | février 5, 2015

Les nouvelles technologies favorisent-elles le lien social ?


Chers lecteurs,

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Le débat commence par le rappel de quelques grandes révolutions technologiques: l’imprimerie, le téléphone, le cinéma, la télévision, la radio et enfin Internet. L’une des grandes révolutions qu’a connu Internet lui-même a été le développement de sites permettant de mettre en relation les personnes entre elles et de les faire échanger ou collaborer, c’est ce qu’on a appelé le Web 2.0 dont l’exemple le plus parlant est celui des réseaux sociaux tels Facebook ou Twitter. Ces réseaux sociaux permettent d’échanger, de s’entraider, de faire connaissance, de retrouver des amis et en définitive facilite la communication. Cependant, malgré le fait que la plupart des foyers français soient équipés en nouvelles technologies, et notamment en technologies de communication, 1/3 des Français affirment ressentir un sentiment de solitude, au point que le gouvernement en a fait une Grande Cause Nationale en 2011.

La question se pose de savoir si finalement ces nouvelles technologies et notamment le Web 2.0 ne permettraient pas de renforcer un lien social existant sans finalement permettre de rompre l’isolement. Les réseaux sociaux ne permettraient pas de faire aboutir des rencontres virtuelles sur de véritables amitiés ou relations, ils permettraient seulement d’alimenter des fantasmes qui, en définitive, n’aboutiraient pas à grand chose et surtout pas à la moindre relation transcendante. Pour autant, il convient de signaler que la virtualité peut aussi permettre à chacun de désinhiber, de parler sans tabous et donc d’accéder à une plus grande intimité, plus rapidement, même virtuelle. La virtualité nourrirait un lien social différent du lien réel.

L’un des participants insiste ensuite sur le fait qu’indirectement Internet est vecteur de lien social, en permettant par exemple de retrouver un travail et ainsi de rompre l’isolement et de se réinsérer dans la société.

Quelqu’un souligne le paradoxe suivant: on communique avec le monde entier mais demeure finalement isolé dans sa chambre sans même avoir la capacité de saluer son voisin. Les NTIC développeraient donc effectivement un certain type de lien virtuel mais celui-ci se ferait au détriment du lien réel et aboutirait à une certaine forme d’isolement et de rupture avec la « vraie vie ». Ils contribueraient même à l’isolement des personnes au sein d’un même foyer car chacun se rue sur son ordinateur en rentrant ou passe la soirée en tête à tête avec lui.

Est posée ensuite la question de la culture de l’immédiateté et de l’intolérance à la frustration. En effet, la lettre que l’on attendait patiemment a disparu au profit de modes de communication instantanés comme le mail et le SMS.

Les nouvelles technologies généreraient aussi une certaine forme d’addiction. On regarde sans cesse ses mails, les statuts de ses amis sur Facebook, on tripote en permanence son téléphone portable, on est scotché sur son jeu en réseau.

L’assemblée s’interroge alors sur le rôle de l’éducation au sens large mais également et surtout sur le rôle des parents par rapport aux nouvelles technologies. Cependant, ils ont parfois développé eux aussi une certaine dépendance vis à vis de ces technologies, les connaissent peu ou ont une autorité parentale totalement déliquescente.

La génération Y est presque née un ordinateur entre les mains et développe plus de lien social, cependant, ce lien est souvent superficiel. Pour les séniors, ces technologies sont parfois une véritable avancée car leur permettent de rester en lien avec leurs enfants et petits-enfants.

Une autre question est soulevée par les participants: celle du rôle des nouvelles technologies dans la diffusion et l’intégration de l’information par les citoyens. Les NTIC, malgré la facilité qu’elle représentent pour accéder à l’information, représenteraient un danger dans la mesure où l’information n’y est pas hiérarchisée.

Il faudrait donc éduquer dès le plus jeune âge à la bonne utilisation des nouvelles technologies afin d’en tirer profit tout en parvenant à se prémunir des nuisances associées. La prise de conscience peut également être empirique, il est possible de se rendre compte à un moment donné qu’on a développé une véritable addiction et que le lien virtuel ne vaut pas le lien social réel, aussi on peut toujours décidé d’en revenir, ce n’est pas une fatalité.

L’assemblée s’accorde à souligner que parallèlement au développement de ces lieux de rassemblement virtuels, on a observé le déclin des lieux de rassemblements physiques et réels. Les petits commerçants qui participaient à la vie du quartier et permettaient de créer et d’entretenir un certain lien social dans les villes ont disparu peu à peu, laissant place à l’anonymat des supermarchés et centres commerciaux. Il ne faut cependant pas oublier qu’Internet permet aussi le rassemblement de masses dans la « vraie vie », comme ce fut le cas lors des révolutions arabes ou précédemment les « apéros Facebook ».

Les participants ont souligné l’impact négatif que peut avoir Internet sur le lien social.

Cependant, il ne faut pas oublier que la télévision et le baladeur ont un impact bien pire encore dans la mesure où ils ne sont pas interactifs comme l’est Internet.

Les participants continue sur le lien social en général en affirmant que le lien social s’étiole peu à peu, notamment dans les transports au commun dans lesquels on se parlait bien plus facilement à une certaine époque. Ceci s’expliquerait par le fait que les gens ne prennent plus le temps et par une certaine peur de l’Autre. C’est peut-être aussi cette surexposition à la publicité et aux écrans, y compris dans la rue, qui est en cause, car ils captent notre attention, notre œil est inexorablement attiré vers l’écran et non plus vers l’Autre. Un participant rebondit pour dire qu’en même temps, éviter le contact et le lien, c’est également éviter le conflit.

La discussion se poursuit ensuite sur le besoin presque viscéral que peuvent éprouver certaines personnes d’être connectées au monde en permanence. Ce besoin ne serait-il pas révélateur de notre rapport à la solitude? Nous n’aurions plus le droit d’être seul ou les gens ressentiraient une peur viscérale et incontrôlable de se retrouver seuls avec eux-mêmes. Pour certaines personnes, la solitude, l’isolement dont ils sont victimes (qui sont distincts de la peur d’être seule avec soi-même) génèrent un véritable sentiment de souffrance. Mais ce sentiment de souffrance ne devrait-il pas être le ressort qui devrait nous donner envie d’aller vers les autres?

Face au mode de vie foncièrement individualiste qui est le nôtre, quelqu’un se demande si finalement les SDF ne seraient pas moins seuls dans la rue que d’autres personnes qui ne vivent pas dans la misère.

Finalement, le bilan concernant les nouvelles technologies est mitigé. Il dépend de l’usage qu’on en fait. Libre à chacun de savoir se prémunir de leurs effets pernicieux car autant qu’elles peuvent favoriser le contact et l’entraide, elles peuvent nous priver du lien social réel et nous plonger dans l’isolement par écran interposé.

Source : http://www.cafes-citoyens.fr


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