Publié par : La société solidaire et durable | juin 29, 2015

Soleil et santé : combattre la désinformation et les idées reçues !


Chers lecteurs,

ImageTous aux abris ! Le soleil revient ! Avec l’arrivée des beaux jours, c’est à peu près toujours le même marronnier que nous sert avec une belle unanimité la presse occidentale : le soleil représente un danger mortel. Pour s’en prémunir, il convient de porter des lunettes anti- UV, de limiter notre exposition, ou bien de se badigeonner copieusement de crèmes protectrices à filtration UV garantie. Le but : échapper au mélanome – le cancer de la peau le plus grave – qui serait dû à des expositions solaires répétées. Pourtant, le mélanome ne représente que 2 % de la mortalité par cancers. Une cause de décès rare, donc. Et si, à vouloir protéger une population entière d’un danger hypothétique, on l’exposait à d’autres risques ?

La panacée solaire

C’est ce que pense, entre autres, le Dr Brigitte Houssin, auteur en 2010 d’un ouvrage sur les bienfaits du soleil dont Néosanté vous a déjà parlé plusieurs fois : « Soleil, mensonges et propagande ». Médecin libérale spécialisée en micro-nutrition et ostéopathie, Brigitte Houssin s’est livrée à une patiente et exhaustive revue de la littérature scientifique au sujet des effets du soleil sur le corps. Elle a notamment exploré le cycle de la vitamine D que notre peau, comme celle des autres animaux, synthétise sous l’effet des rayonnements UV à partir d’une substance proche du cholestérol située sous la peau. Résultat : sans nier les risques d’une exposition excessive, des milliers d’études prouvent qu’en s’exposant régulièrement au soleil aux beaux jours, on prévient et on traite une foule de maladies.

Côté système musculo-squelettique, le soleil protège non seulement du rachitisme et de sa forme adulte, l’ostéomalacie, mais également de l’ostéoporose, de l’arthrose et de l’arthrite. Il donne une meilleure force musculaire et diminue le risque de chute. Sur le plan métabolique, il évite le surpoids, le syndrome métabolique, le diabète et les lésions rénales qui y sont liées. Sur le plan cardio-vasculaire, il éloigne la perspective d’accident vasculaire cérébral et divise par deux le risque cardiaque en améliorant les contractions du cœur et en évitant l’hypertension et l’athérosclérose. Il protège également contre la vascularisation excessive de la rétine qui entraîne la plupart des pathologies oculaires, notamment la dégénérescence maculaire liée à l’âge. Côté immunité, il accroît la résistance aux infections et éloigne la grippe, les infections ORL et la tuberculose. Il fait reculer les maladies auto-immunes ou à composante inflammatoire comme le diabète de type 1, les maladies rhumatismales, l’asthme et les maladies inflammatoires de l’intestin. Son rôle dans la prévention de la sclérose en plaques et dans l’amélioration du statut des malades est de mieux en mieux connu. Enfin, à doses thérapeutiques, il améliore la qualité de la peau : l’acné, l’eczéma atopique et le psoriasis sont nettement améliorés, voire guéris à la suite d’expositions à des doses thérapeutiques de soleil.

Un remède anti-cancer

La vitamine D liée au soleil améliore la fertilité, notamment en évitant les ovaires poly-kystiques et en limitant le risque de pré-éclampsie de la femme enceinte. Elle favorise une meilleure détoxification par le foie et les intestins. Enfin, elle régule les gènes d’une douzaine de protéines qui servent au développement du cerveau. C’est peut-être pourquoi elle prévient également l’autisme et la schizophrénie quand la mère a suffisamment pris le soleil au cours de la grossesse. Des statistiques montrent que l’autisme a augmenté corrélativement au début de la recommandation d’éviter le soleil…

Un bon taux de vitamine D est également relié à une prévalence diminuée des maladies d’Alzheimer et de Parkinson, tandis qu’une supplémentation améliore ces dernières en cas de maladie déclarée. Côté psy, le soleil améliore l’humeur et les performances intellectuelles et fait reculer la dépression. Des données récentes indiquent qu’il régule la thyroïde. Enfin pour conclure cette liste longue mais probablement incomplète, les scientifiques spécialistes de la vitamine D estiment que l’exposition au soleil éloigne de nombreux cancers, y compris le mélanome !

La réalité, c’est que le rôle anti-cancer du soleil a été remarqué dès 1980 par deux médecins militaires, les frères Garland, qui avaient observé une corrélation négative entre le niveau d’ensoleillement et l’incidence des cancers du côlon et du sein. Dans la foulée, le Dr William Grant, ancien scientifique de la NASA et fondateur du Sunlight, Nutrition and Health Research Center, aboutissait aux mêmes conclusions à l’aide de grandes séries statistiques. À partir de 2008, ces chercheurs concluaient que le rayonnement solaire protège du cancer du sein et du poumon. Depuis, la liste des cancers prévenus par le soleil n’a cessé de s’allonger, s’enrichissant notamment des cancers de la prostate, des ovaires, du pancréas et des lymphomes.

Par ailleurs, la vitamine D a non seulement un rôle préventif contre le cancer, mais elle augmente le taux de survie en cas de maladie déclarée. « Conséquence d’un excès d’éviction solaire, le déficit de vitamine D favorise la survenue des cancers », conclut Brigitte Houssin. Rien d’étonnant à ce que malgré les campagnes en faveur de l’éradication solaire, le nombre de mélanomes ait triplé en vingt ans, comme le reconnaît l’Institut national du cancer…

« Ce cancer de la peau, le plus agressif, en augmentation depuis 1970, atteint surtout les personnes à peau très claire, aux yeux bleus, aux cheveux roux ou blonds ou ayant des taches de rousseur apparues à l’adolescence », indique-t-elle.

Statistiquement, son taux de mortalité augmente au fur et à mesure que l’on s’approche de l’Équateur pour les Anglais émigrés en Australie, en Nouvelle-Zélande ou au Sud des Etats-Unis. Mais c’est le contraire pour les populations autochtones, pour lesquelles la mortalité par mélanome diminue plus on se rapproche de l’équateur.

Pas de seuil qui tienne

Bien plus que la durée d’exposition, ce serait donc à la fois le manque et les coups de soleil qui favoriseraient ce cancer. C’est pour cela que les personnes à peau claire, dont la peau arrête moins les rayonnements UV et particulièrement les UVA, doivent faire preuve d’une plus grande prudence que les personnes à peau foncée. À l’inverse, ces dernières doivent s’exposer plus souvent au soleil pour produire de la vitamine D à doses préventives.

Cependant, il existe d’autres facteurs de risques pour le mélanome, comme une faible consommation de fruits et légumes. Les antioxydants présents dans ces derniers préviennent les lésions de la peau liées aux UVA. Finalement, pour les spécialistes de la question, le taux sanguin de vitamine D apparaît aujourd’hui comme un meilleur indicateur sanitaire que le seul niveau d’ensoleillement puisqu’il inclut à la fois la variable de l’ensoleillement, celle du type de peau et celle du comportement face au soleil. En effet, si les peaux claires sont plus fragiles face au soleil, elles sont également vingt fois plus performantes à produire de la vitamine D. Ce phénomène explique à la fois la vulnérabilité des communautés à peau foncée dans les régions nordiques et celle des peaux blanches dans les zones proches de l’équateur.

« On ne peut pas se contenter d’un discours simpliste, pour ou contre l’exposition au soleil », résume Brigitte Houssin. Car la quantité, abusive ou raisonnable de soleil n’est pas fixe. Elle varie en fonction de la couleur de la peau de celui qui s’expose, de son mode de vie, de son alimentation, de la latitude, de la saison, de la météo, de la pollution atmosphérique, de l’altitude et de l’heure de la journée. Autant de critères impossibles à mettre en équation pour donner un seuil limite d’exposition.

L’envers des écrans

Comment dès lors profiter du soleil sans se mettre en danger ? Certainement pas en se tartinant de crème protectrice comme le préconisent des campagnes publiques menées en Australie depuis quarante ans. Dans ce pays où la population majoritairement blanche était particulièrement touchée par le cancer de la peau, la coutume de se couvrir de crème au moindre rayon a provoqué le retour de l’ostéomalacie, le rachitisme de l’adulte qui se manifeste par une minéralisation insuffisante de l’os entraînant des déformations osseuses, un manque de tonus musculaire et une augmentation de la fréquence des infections respiratoires.

Il existe pourtant un critère unique et 100 % fiable, résultante de toutes les variables en présence pour parvenir à déterminer la bonne dose de soleil, la dose thérapeutique sans excès : le rougissement. Il est le signe incontestable de surexposition. Pour une personne de type celtique prenant un bain de soleil en milieu de journée en Europe du Nord, ce seuil peut être atteint en dix minutes et suffit à produire la quantité de vitamine D dont l’organisme a besoin.

Cependant, au nord de la latitude correspondant à Malte, la synthèse de vitamine D est négligeable, surtout en zone urbaine entre novembre et avril, sauf en altitude. Plusieurs recherches conduisent à la recommandation que pour obtenir une dose thérapeutique de soleil, il convient de s’exposer, sans protection, entre 30 et 60 % du temps provoquant le rougissement. Votre expérience et vos sensations sont vos guides (Cf. Le vrai mode d’emploi du soleil). Évidemment, au fur et à mesure que la peau s’habitue au soleil, la durée doit être revue à la hausse.

Effets pervers des crèmes solaires

« Les crèmes solaires donnent une fausse sécurité », affirme Brigitte Houssin. « Elles empêchent la survenue du coup de soleil. Avec elles, plus de rougeur cutanée, ce merveilleux indicateur que la peau n’en peut plus. » Autrement dit, elles prétendent éviter l’incendie en bloquant le signal d’alarme. Résultat, on reste plus longtemps au soleil et les autres composantes du spectre lumineux agressent les cellules de notre peau sans que nous nous en rendions compte. Deuxième problème : elles nous privent des UVB qui sont précisément responsables de la synthèse de la vitamine D. En effet, elles ne filtrent qu’une partie du rayonnement, les UVB et la partie des UVA dont les longueurs d’onde sont les plus courtes. « Par bonheur, la plupart des utilisateurs ne mettent pas assez de crème solaire pour générer l’ensemble des inconvénients qu’elles occasionnent » commente la spécialiste. « Ils parviennent tout de même à faire de la vitamine D… » Pourquoi ne pas faire plus simple, non polluant et gratuit ? Bannir les filtres et se mettre à l’ombre ou se couvrir avant de rougir.

Les yeux, victimes de l’héliophobie

Mais la phobie anti-soleil ne porte pas que sur la peau. Les yeux aussi en sont les victimes. Transformées en accessoires de mode, les lunettes solaires peuvent être l’une des plus dangereuses de nos protections. Sur les marchés, à la sauvette ou dans les magasins pour touristes, vous pouvez acheter pour une poignée d’euros des modèles au design inspiré des grandes marques à la mode. Problème : si ces lunettes low-cost procurent un confort visuel et vous donnent un look de star, elles peuvent mettre vos yeux en danger. En diminuant l’éblouissement, elles provoquent en effet l’ouverture de la pupille, ce qui, dans le cas où la filtration UV est insuffisante, expose la rétine à des rayonnements plus importants qu’en l’absence de lunettes… Cela, tous les fabricants de verres anti-UV respectant la norme CE l’admettent sans peine, alléguant que, eux, garantissent des protections de cette partie du spectre la plus dangereuse… Pour autant, doit-on se fier à une protection dont les débuts remontent à 250 ans, alors même que l’humanité s’en est passé sans dommage depuis les origines ? « Surtout pas ! » répondrait le photographe John Ott, créateur pour Walt Disney des premiers films séquentiels qui mettaient en scène la croissance des plantes en accéléré.

Guéri après avoir lâché ses lunettes

Ce spécialiste de l’image s’intéressa de près aux effets de la lumière sur le vivant après avoir remarqué que des plantes dont la croissance était perturbée sous des serres de verre retrouvaient un développement normal une fois placées sous des serres de plastique. La différence ? Le plastique ne filtre pas les UV. Afin de photographier des plantes à l’abri du vent, il mit donc au point des lampes dont le rayonnement lumineux était constitué de longueurs d’ondes dans des proportions équivalentes à celles du soleil. Seules de telles lampes permettaient une croissance harmonieuse des végétaux en intérieur. Fort de ces premières découvertes, il mena plusieurs études dans des élevages puis, à son insu, sur lui-même. Ayant eu la confirmation qu’une lumière plein spectre favorisait la santé animale, il décida de se soigner en quittant pour quelques semaines la grisaille de Chicago où il vivait, au profit du soleil de Floride.

Dans la fleur de l’âge, John Ott, qui portait des lunettes depuis l’enfance, commençait à se dégarnir, souffrait de fatigue chronique, d’infections respiratoires et d’une arthrite de la hanche l’obligeant à marcher à l’aide d’une canne. Après trois semaines de vacances à la plage avec des lunettes de soleil ou des verres correcteurs, il revient à Chicago sans avoir eu d’amélioration. Mais un jour, il cassa ses lunettes de vision et dut sortir dehors en plein soleil, sans verre correcteur pendant plusieurs jours.

Rapidement, il remarqua une régression de son arthrite et une amélioration de sa mobilité articulaire. Son état s’améliorant rapidement, John Ott en déduisit que, comme les végétaux sous serres de verre, il avait été privé des bienfaits du soleil par ses lunettes. Il retourna en Floride une semaine, s’exposa au soleil ou demeura à l’ombre d’un arbre sans lunettes et guérit définitivement. Il retrouva une chevelure abondante et ne porta plus de corrections, sauf pour lire de très petits caractères jusqu’à son décès à l’âge de 90 ans.

Entre 1973 et 1975, John Ott eut l’occasion de mener une vaste étude comparant les effets des néons classiques et ceux d’un éclairage plein spectre sur les élèves scolarisés. Résultat : le taux d’absentéisme, la concentration et les résultats scolaires des élèves étaient significativement améliorés s’ils bénéficiaient d’un éclairage proche de la lumière complète du soleil. Mieux, les enfants hyperactifs voyaient leur comportement et leur capacité d’apprentissage normalisés. Malheureusement, les travaux de John Ott n’ont pas influencé les politiques de santé publique. D’un point de vue scientifique, il est pourtant admis que l’œil est connecté par le système nerveux à la glande pinéale, chargée de la sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil. Située entre les deux oreilles, elle produit cette hormone dans les moments d’obscurité, permettant un sommeil réparateur et cesse de la produire au bout d’une demi-heure d’exposition à une lumière intense. Le mécanisme fonctionne même chez les aveugles, mais pas chez les personnes ayant subi une ablation des yeux. Or, plusieurs longueurs d’onde sont nécessaires à cette inhibition de la mélatonine, parmi lesquelles les UV que nos lunettes solaires les plus onéreuses s’emploient à filtrer efficacement pour protéger notre rétine…

Mais la protéger de quoi au juste ? Dans les conditions de lumière intense comme une banquise en plein soleil ou les sommets enneigés de l’Himalaya, les autochtones se sont toujours parfaitement adaptés. Quand le ciel était sans nuages, les Eskimos portaient traditionnellement devant leurs yeux une protection constituée d’un os de phoque fendu à l’horizontale. Ces lunettes « primitives » protègent l’œil contre la réverbération intense de la lumière sur la banquise, mais sans modifier les proportions du cocktail lumineux. Même chose pour les crins de yack dont on couvre les yeux des enfants chez les caravaniers du Népal, lorsque le ciel est sans nuage et les pentes enneigées.

Le vrai mode d’emploi du soleil

Bannissez les crèmes et autres écrans solaires

Ils bloquent les UV responsables de la synthèse de la vitamine D et privent la peau de son signal d’alarme : le rougissement. Ne les utilisez qu’en cas d’incapacité à vous protéger par des vêtements, casquettes et chapeaux.

Sevrez-vous des lunettes solaires

Dans le meilleur des cas, elles filtrent les UV et privent le cerveau de l’information lumineuse permettant au corps de s’adapter à la lumière. Dans le pire, elles assombrissent la lumière visible et provoquent une dilatation de la pupille, exposant la rétine à une quantité encore plus importante d’UV. En cas de sensibilité particulière, le sevrage doit être progressif.

Protégez vos yeux à l’ancienne

Si nécessaire, protégez vos yeux avec chapeaux ou casquettes à visières. Ce conseil est valable même en montagne ou en mer, après un temps d’adaptation, sauf pathologie spécifique.

Cherchez la douceur du soleil et non sa brûlure

Pour cela, limitez votre temps d’exposition à environ la moitié du temps provoquant le rougissement de votre peau, sans filtre, si possible sans lunettes, même correctrices et en exposant la plus grande surface de peau possible. Ce temps variant en permanence, fiez-vousà vos sensations : transpiration abondante, chaleur excessive, brûlure ou vertige sont le signe qu’il est temps de mettre votre peau à l’ombre.

Exposez-vous le moins vêtu possible tout au long de l’année

Ceci afin de profiter des infrarouges en hiver et de fabriquer de la vitamine D dès que l’ensoleillement est suffisant. Ne cherchez pas à bronzer.L’exposition à la lumière du soleil n’a pas besoin d’être intense pour fabriquer de la vitamine D. Par beau temps en été, à l’ombre légère d’un parasol ou d’un arbre ou bien habillé de vêtements légers non occultant, la lumière est encore suffisante pour permettre à la peau de fabriquer de la vitamine D, sans risque de coups de soleil. Mais
inutile de s’exposer trop longtemps car, passé un certain seuil d’exposition, la fabrication de la vitamine D s’arrête.

Protégez vos enfants

Chapeaux à visière et vêtements sont de mise à la plage pour les petits qui restent statiques en plein soleil. Leurs yeux et leur peau sont fragiles et fabriquent très bien la vitamine D sous un T-shirt.

Adoptez une alimentation hélio-compatible

Une alimentation riche en antioxydants et en oméga 3 a un effet protecteur. Fruits, légumes, huiles riches en oméga 3, poisson, viande et œufs, plutôt que laitages, céréales à gluten et sucres. Qu’on l’appelle régime Okinawa ou diète paléolithique, c’est la plus adaptative face au soleil.

La lumière complète nous est nécessaire

Image© Inconnu

La science mesure au moins en partie à quel point la lumière complète nous est nécessaire. Parmi les trois composantes de la proportion de la lumière qui atteint le sol terrestre – infrarouges, lumière visible et utraviolets – chacune a des effets spécifiques sur l’organisme. Les rayonnements infrarouges par exemple, pénètrent la peau en profondeur en provoquant une accélération des mouvements des molécules et des atomes, réchauffant les tissus et dilatant les vaisseaux sanguins, ce qui participe à l’élimination des toxines. En kinésithérapie, on connaît bien leur capacité à relâcher les spasmes musculaires et à favoriser la guérison de divers troubles organiques. Ce sont eux qui, principalement, nous font ressentir la chaleur du rayonnement solaire. Mieux, pour le Dr Damien Downing, médecin nutritionniste au Royaume-Uni et auteur de Du bon usage du soleil, il est de plus en plus admis que l’exposition aux rayons infrarouges permet de mieux tolérer les ultraviolets et vice-versa.

Il y a presque cent ans, le Dr Fougerat de David de Lastours, avait remarqué que sous les tropiques les colons blancs échappaient au blues des coloniaux lorsqu’ils quittaient tout vêtement et exposaient leur corps tout entier à la lumière solaire, comme les indigènes.

« La chaleur ne paraît plus aussi accablante, l’impression de lassitude disparaît, la fatigue s’enfuit, le blanc devient capable d’effort. »

Pour ce pionnier de l’héliothérapie dans les années 1920, les UV dont le rayonnement est arrêté par le moindre voile de tissu étaient l’antidote des infrarouges. C’est pourquoi rien qu’en se dévêtant, les blancs retrouvaient leur tonus. Plus récemment, la complémentarité inverse entre les UV et les infrarouges a été montrée par des chercheurs qui ont exposé des cellules de peau à un rayonnement infrarouge puis à un rayonnement UV. L’exposition préalable aux rayons infrarouges protégeait les cellules des dommages des UV. Or le matin, l’augmentation du rayonnement infrarouge du soleil précède celle du rayonnement UV. Le professeur Louis Dubertret, dermatologue à l’hôpital Saint-Louis à Paris, émet l’hypothèse que les organismes vivants seraient préparés à affronter le rayonnement UV grâce au rayonnement infrarouge. C’est pourquoi toute interférence avec le rayonnement naturel du soleil, perturberait aussi notre capacité à nous y adapter…

La meilleure protection ? Ne pas en avoir !

Informés de ces recherches, bon nombre de naturistes estiment que la meilleure des protections, c’est de ne pas en avoir du tout ! Non seulement pour la peau mais aussi pour l’oeil. Ainsi, France Guillain, conférencière bien connue dans le domaine de la santé naturelle, se réfère à des travaux scientifiques concernant les graisses fluides également appelées graisses brunes qui transportent les cellules souches dans les divers endroits du corps via les micro-canaux de nos fascias pour inciter le public à se passer de lunettes solaires.

« En présence de la lumière solaire, les graisses fluides vont être véhiculées jusque sous la peau. » Problème, « avec la réflexion et la réfraction, les lunettes de soleil mais également les lunettes de vue et les lentilles ne permettent pas à un nombre suffisant d’UV de traverser perpendiculairement la rétine », indique la septuagénaire sportive. « Le cerveau se comporte comme si nous étions dans une cave. La lumière n’informera pas la glande pinéale, puis l’hypophyse, qui commandent le transport des cellules souches vers l’épiderme via les graisses brunes. »

C’est après avoir écouté de tels conseils que Jean-Jacques Crèvecoeur, chroniqueur de Néosanté, a décidé de quitter toute protection sous le soleil des Caraïbes. Bien que de peau pâle avec des yeux bleus, il s’est acclimaté progressivement au cours de ses vacances de printemps. Au bout d’une semaine, il constatait qu’il pouvait rester plusieurs heures d’affilée sous un soleil intense, sans le moindre désagrément, à condition de ne strictement rien porter et surtout pas des lunettes solaires… Farfelu ? Nous-même, par curiosité, avons testé l’abandon des lunettes solaires au cours de l’été 2008. Résultat : une durée d’acceptation du soleil par la peau considérablement allongée, sans utilisation de crème. A noter : nous étions adepte de la diète paléolithique et mangions beaucoup de fruits et légumes, souvent crus…

Les vertus de la nudité, même en hiver

A l’inverse, vivre nu nous protège aussi du froid, dès lors que le soleil brille. Les infrarouges ayant la capacité à réchauffer le corps sans chauffer l’air ambiant, nous pouvons ressentir une douce chaleur, même par froid intense, lorsque nous sommes dévêtus en plein soleil. C’est ainsi que France Guillain suggère, pour bénéficier au maximum des bénéfices du soleil en hiver, de s’exposer à l’abri du vent et des regards entièrement nu aux rayonnements du soleil hivernal, même par temps très froid.

A l’occasion d’un reportage en haute montagne en février 2015 au sujet d’un stage de yoga du froid avec le vénérable Maurice Daubard, enseignant de yoga connu pour son adaptation au froid exceptionnelle, nous avons effectivement pu vérifier que cheminer une heure ou plus en maillot de bain et en raquettes en plein soleil par – 5° Celsius ne représentait pas la moindre difficulté. L’air était froid, mais le corps ressentait de la chaleur. Nous n’étions pas nus, mais notre tenue légère laissait tout de même pantois les skieurs emmitouflés de la tête aux pieds que nous croisions…

Par ailleurs, au milieu des pentes enneigées inondées de soleil, Maurice Daubard n’hésite pas à suggérer à ses stagiaires d’abandonner leurs lunettes, éventuellement de manière progressive selon leur sensibilité individuelle. Loin de souffrir des yeux, certains stagiaires remarquent, au contraire, une amélioration de leur vision… France Guillain confirme les conseils de Maurice Daubard, relatant ses vacances hivernales aux Rousses, dans le Jura, lorsqu’elle était adolescente : « Les habitants de cette région étaient majoritairement blonds aux yeux bleus. Ils vivaient sur la neige au moins quatre mois dans l’année, parcourant des kilomètres au soleil étincelant sur leurs skis (…). Aucun ne portait de lunettes de soleil. (…) Les lunettes, c’était pour les touristes… » Protégés seulement par des bonnets à visière, les Rousselands avaient une excellente vue pour travailler dans l’horlogerie ou la bijouterie…

Les cieux dans les yeux

Les effets positifs de la lumière naturelle et du plein soleil sur la vision avaient déjà été mis en avant au début du XXe siècle par le célèbre ophtalmologiste William Bates, créateur de la non moins célèbre méthode de gymnastique oculaire. L’éminent chercheur, qui avait en charge la santé visuelle de 200 000 étudiants du district de New York, avait même constaté que les personnes regardant directement le soleil à l’oeil nu n’en n’avaient que rarement des inconvénients, et jamais durables !

Nous ne saurions, pour notre part, recommander de telles pratiques imprudentes, bien qu’elles évoquent l’expérience de Francis Lefebure, un médecin français né en 1916 et décédé en 1988 qui explora les effets de la lumière sur le fonctionnement cérébral. Enfant, le futur chercheur, piètre élève à l’école, avait fait l’expérience d’une amélioration subite de ses résultats scolaires à la suite d’un déménagement. Plus tard, il en découvrit l’explication : le nouvel appartement familial étant très ensoleillé, la lumière directe du soleil se reflétant sur les pages de ses livres et de ses cahiers d’écolier, touchait sa rétine et stimulait son cerveau, décuplant sa concentration et ses capacités cognitives…

Devenu médecin, il se consacra aux effets de la lumière sur le cerveau et fonda le phosphénisme, une méthode de développement personnel à visée non seulement pédagogique mais également initiatique. Les phosphènes, ces images de persistance rétinienne, qui apparaissent après avoir regardé une lumière intense sont utilisées par le pratiquant pour favoriser les apprentissages, la créativité ou encore la télépathie ou la clairvoyance. Pour Francis Lefebure, aucun phénomène paranormal ne faisait mystère, y compris l’apparition de la sainte vierge à Bernadette Soubirous ! En enquêtant à Lourdes, il eut la confirmation que la jeune sainte passait de longs moments à prier en regardant les reflets du soleil sur le gave de Pau tout en balançant la tête latéralement. Sans ambitionner une destinée mystique, chacun peut bénéficier des effets positifs de la lumière sur les yeux et le cerveau en contemplant le bleu d’un ciel sans nuage, ou, pendant une à deux secondes, un coucher de soleil ou la lumière du soleil à travers un drap puis de fermer les yeux et d’en observer la trace lumineuse. Relaxation, stimulation de la vue et bonne humeur garanties !

Conseils pour faire le plein d’énergie solaire

– Exposez-vous progressivement et régulièrement tout au long de l’année si possible, tout en évitant le rougissement. Pas de danger de surdose en vitamine D, celle-ci cessant d’être produite par la peau au-delà d’un certain niveau.

– Exposez-vous 2 ou 3 fois par semaine sur un temps limité plutôt que longtemps une seule journée.

– Évitez la douche avec savon dans les heures qui précèdent l’exposition. Le savon dissout l’acide uricanique sécrété par la peau qui filtre le rayonnement solaire.

– Évitez de vous savonner dans les heures qui suivent l’exposition au soleil. Le savonnage limiterait la synthèse de la vitamine D, diminuant le bénéfice de l’exposition solaire.

Références :

Soleil, Mensonges et Propagande, Brigitte Houssin, Thierry Souccar éditions – 2010.

La méthode France Guillain, France Guillain, Editions du Rocher – 2010.

Du bon usage du soleil, Dr Damien Downing, Jouvence éditions – 2006

Health and light, John Ott, Ariel Press, Alpharetta, USA.

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