Publié par : La société solidaire et durable | juillet 9, 2015

Qu’est-ce qu’une ville intelligente ou smart city ?


Chers lecteurs,

Les personnes qui migrent vers les zones urbaines nourrissent l’espoir de trouver un meilleur emploi et d’améliorer leur niveau de vie. Or, l’accroissement de ce phénomène provoque des engorgements, accentue la pression sur des ressources limitées (telles que l’énergie et l’eau), et fait exploser la demande de services en matière d’assainissement, de soins de santé et d’éducation.

Le concept de ville intelligente a vu le jour il y a plus de dix ans et, depuis, un certain nombre de villes ont pris le train en marche et se sont qualifiées de «ville intelligente» d’une manière ou d’une autre. L’urbanisation rapide et la nécessité impérieuse de mettre au point un modèle viable sur le long terme pour faire face à l’augmentation escomptée de la population urbaine a amené l’UIT à créer l’expression «villes intelligentes et durables», afin de mettre l’accent sur les préoccupations liées aux ressources et d’intégrer les dimensions tant écologiques que technologiques.

Mais qu’est-ce exactement qu’une ville intelligente et durable?

Pour faire en sorte que la notion de durabilité des villes intelligentes ne soit pas négligée, le Groupe spécialisé de l’UIT–T sur les villes intelligentes et durables a forgé cette nouvelle expression en se fondant sur l’analyse d’une centaine de définitions différentes. A sa cinquième réunion tenue à Gênes (Italie) les 19 et 20 juin 2014, le Groupe spécialisé sur les villes intelligentes et durables s’est mis d’accord sur la définition ci-après: «Une ville intelligente et durable est une ville novatrice qui utilise les technologies de l’information et de la communication et d’autres moyens pour améliorer la qualité de vie, l’efficacité de la gestion urbaine et des services urbains ainsi que la compétitivité tout en respectant les besoins des générations actuelles et futures dans les domaines économique, social et de l’environnement.»

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Bien que le rôle des technologies de l’information et de la communication (TIC) ne soit pas encore entièrement délimité, les services que les TIC peuvent appuyer, notamment la gestion des ressources en eau, l’efficacité énergétique et les infrastructures de transport, sont, eux, bien connus.

Cette définition officielle et globale du concept de ville intelligente et durable donne un point de départ qui permet de comprendre les caractéristiques que ces villes partagent et de mettre au point des indicateurs clés, ce qui contribuera à l’élaboration d’une infrastructure TIC, de méthodes de mesure et de politiques relatives aux villes intelligentes et durables.

«L’urbanisation rapide pose un certain nombre de problèmes; les décideurs doivent notamment repenser et redéfinir les modalités de la construction des infrastructures, de l’offre de services, de la participation des citoyens et des liaisons entre les systèmes afin de faire en sorte que les villes deviennent des lieux de vie plus durables et solides. Les innovations TIC sont au cœur de cette évolution», explique Silvia Guzman, Présidente du Groupe spécialisé de l’UIT–T sur les villes intelligentes et durables.

Les urbanistes s’orientent désormais vers cette approche intégrée; ils conçoivent les villes non plus comme un ensemble de secteurs distincts, mais comme un réseau global. L’objectif est d’offrir aux habitants une meilleure qualité de vie en associant innovations technologiques et sociales et en ayant recours aux TIC pour renforcer l’efficacité de secteurs tels que les transports, l’énergie, la sécurité urbaine et l’élimination des déchets.

A quoi devrait ressembler une ville intelligente et durable?

Selon M. Sekhar Kondepudi, professeur à l’Université nationale de Singapour, «Les caractéristiques essentielles des villes intelligentes et durables sont les suivantes: la durabilité, la qualité de vie et l’intelligence. La durabilité renvoie entre autres à la gouvernance, à la pollution et aux changements climatiques. La qualité de vie concerne le bien-être financier et psychologique. Quant à l’intelligence, elle est liée à l’ambition, affichée ou non, d’améliorer les conditions économiques, sociales et environnementales. La mobilité intelligente en est un exemple.»

Il est possible d’évaluer les villes intelligentes et durables à l’aune de quatre critères généraux présentés dans le diagramme ci-après: ceux de la société, de l’économie, de l’environnement et de la gouvernance. Le critère «société» sert à déterminer si la ville sert les intérêts de ses habitants.

Les villes intelligentes et durables qui prospèrent réunissent huit éléments d’infrastructure et de services (voir le diagramme ci-après). Par exemple, le secteur immobilier fait intervenir de nombreuses technologies dans le domaine de l’éclairage, de la sûreté et des énergies renouvelables notamment, et fait appel à l’analytique pour les bâtiments intelligents. L’industrie cherche à réduire ses émissions à néant et met au point des techniques de fabrication innovantes. Les entreprises de services énergétiques et les services publics tirent parti des réseaux électriques intelligents et des systèmes de communication hertziens. Les entreprises de gestion de la qualité de l’air, de l’eau et des déchets ont recours aux systèmes de réseaux de capteurs ou d’informations relatives à l’eau. La sécurité passe par la vidéosurveillance. Le personnel médical assure des soins de santé à distance et gère les dossiers par voie électronique. Les établissements d’enseignement proposent des contenus numériques d’excellente qualité et des modes d’apprentissage flexibles et interactifs.

Infrastructure TIC

«L’infrastructure TIC est le système nerveux de toute ville intelligente et durable; elle coordonne les interactions entre les différentes composantes et l’infrastructure matérielle. Elle est la base à partir de laquelle les différents services intelligents peuvent fonctionner de manière efficace et optimale», indique M. Kondepudi.

On peut envisager les composantes de l’infrastructure matérielle d’une ville comme les sous-réseaux d’un réseau plus grand, comme des sous-systèmes au sein d’un système. Ces composantes s’apparentent à un réseau pour ce qui est des caractéristiques de l’utilisation finale et de l’interactivité avec d’autres nœuds, qui sont analogues à celles d’un réseau informatique ou de communication de données. C’est la raison pour laquelle il est possible d’avoir recours à des processus de gestion fondés sur les TIC — en y apportant les modifications nécessaires — dans le cadre du fonctionnement d’une ville.

Les villes intelligentes et durables qui mettent en œuvre cette approche intégrée s’auto-adaptent en améliorant les gains d’efficacité, pris isolément, de différentes infrastructures verticales telles que l’immobilier, la gestion des déchets et la mobilité. Pour être les plus efficaces possibles, ces secteurs verticaux, en apparence indépendants, doivent coordonner leurs actions entre eux.

Les villes intelligentes et durables utilisent à plusieurs fins les avantages de l’infrastructure TIC : modulabilité, fiabilité, évolutivité, accessibilité, sûreté, sécurité et solidité. Elles améliorent la qualité de vie de leurs habitants. Elles offrent de meilleurs niveaux de vie et davantage de possibilités d’emploi. Elles mettent tout en œuvre pour améliorer le bien-être de leurs habitants, ce qui passe notamment par les soins de santé, les conditions de vie, l’absence de danger matériel et l’enseignement. Elles rationalisent des services, tels que la mobilité ou la gestion de l’eau, qui s’appuient sur une infrastructure matérielle. Elles renforcent la prévention et la gestion des catastrophes, notamment la capacité de faire face aux effets des changements climatiques. Elles mettent en place des mécanismes efficaces et équilibrés en matière de réglementation et de gouvernance, assortis de politiques adaptées.

En somme, les villes intelligentes et durables s’inscrivent dans une perspective à long terme qui leur permet de répondre aux besoins des générations d’aujourd’hui sans compromettre leur capacité de répondre à ceux des générations de demain.

Néanmoins, nous nous devons de présenter les limites de ces villes intelligentes :

Dans la ville d’aujourd’hui, nous sommes entourés d’objets et d’espaces qui ont leurs propres identités informationnelles. Les espaces urbains se caractérisent de plus en plus souvent par des objets capables d’agir, comme le Tower Bridge de Londres, capable d’avertir les gens quand il se soulève par exemple… Mais du coup, nous sommes en train de voir apparaître de nouveaux modes de surveillance, non plus seulement par des caméras et microphones, mais aussi de manière plus subtile. Aujourd’hui des dizaines de millions de personnes sont confrontées à ces technologies et nous devons apprendre à évaluer les risques.

Pour permettre de mieux comprendre les problèmes qui peuvent apparaître, Adam Greenfield a dressé une taxonomie des effets, du plus inoffensif au plus dangereux.

Le premier exemple est un capteur créé en Finlande. Ce pays est plongé dans la nuit pendant une majeure partie de l’année, et les voitures présentent donc un grand danger pour les piétons, surtout les enfants ou les personnes âgées. Ce capteur placé sur la chaussée détecte les piétons et avertit le véhicule. C’est un système qui sauve des vies et rencontre l’assentiment de la population. Pourtant, il capte des données publiques à l’insu des citadins, même si celles-ci ne sont pas archivées.

Plus gênant est ce panneau publicitaire coréen. Il représente des photographes, et un tapis rouge est placé devant l’affiche. Lorsqu’un passant marche sur le tapis rouge, les “photographes” prennent une photo et illuminent le badaud d’un flash. L’idée est de donner aux gens l’impression d’être des stars. Mais les personnes ne sont pas enchantées par le flash : elles sont plutôt surprises. Le dispositif n’est pas dangereux ni inquiétant, mais il est caractérisé par un certain manque de respect, un côté nuisible. On monte donc d’un degré dans la taxonomie des effets pernicieux.

Beaucoup plus problématique est cette machine japonaise, qui va tenter d’analyser votre âge et votre sexe et vous propose des boissons censées correspondre à vos goûts. Une telle application a tendance à effectuer des discriminations, à placer des gens dans des cases, dans des catégories. Cela va dans le sens inverse de ce qu’on attend d’une ville, qui est d’augmenter la diversité.

Plus élevé encore dans la taxonomie des effets dangereux, ce panneau d’affichage créé selon Greenfield par une société française, qui va repérer votre âge, votre sexe et votre groupe ethnique et essayer de vous attirer en affichant une image en fonction de votre profil. Une telle technologie, a dit Greenfield, est si nuisible qu’il souhaite demander au maire de New York de la réguler de manière urgente.

Tous les exemples précédents, du moins dangereux au plus inquiétant, sont au moins faciles à analyser. Mais comment évaluer les problèmes posés non plus par un objet ou système, mais par l’interaction entre plusieurs dispositifs au sein de l’espace public ?

Par exemple, à Wellington, en Nouvelle-Zélande, on a installé un dispositif de vidéo-surveillance pour contrôler les accidents de voiture. Consultée, la population a approuvé cette technologie globalement positive. Puis, bien plus tard, lors de la mise à jour du logiciel, les concepteurs ont introduit un système de reconnaissance faciale, qui a pu être utilisé par la police pour reconnaître les délinquants. Et bien sûr, la population n’a pas eu à se prononcer pour une simple mise à jour du logiciel.

Comment prévenir les dérives ? Pour Greenfield, l’ouverture globale des données de l’espace public est une nécessité démocratique. Ces flux d’informations doivent être disponibles pour tous, et non réservés à ceux qui peuvent payer. Malgré les risques possibles de l’ouverture, les bénéfices, selon lui, dépassent largement les inconvénients.

Source : https://fr.wikipedia.org

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