Publié par : La société solidaire et durable | décembre 20, 2015

Botanique – Voici la plus ancienne plante à fleurs connue à ce jour !


Chers lecteurs,

Découverte il y a plus d’un siècle en Espagne, Montsechia vient seulement de révéler sa vraie nature à des chercheurs français et américains.

Elle était connue depuis le début du siècle dernier, mais ce n’est que très récemment que des chercheurs sont enfin parvenus à révéler sa véritable nature. Montsechia vidalii, une plante fossile découverte pour la première fois dans le massif du Montsec, dans les Pyrénées espagnoles, puis, en abondance plus au sud du pays, dans la province de Cuenca, sur le site de Las Hoyas, est à ce jour la plus vieille plante à fleurs – ou angiosperme – jamais répertoriée.

Pourtant, avant de gagner ce « titre » sous la plume d’une équipe de chercheurs français et américains qui publient leurs résultats ce mois-ci dans les annales de l’académie des sciences américaines (PNAS), Montsechia vidalii, âgée de 125 à 130 millions d’années, est passée par à peu près toutes les classifications. De la famille des fougères à celle des mousses en passant par celle des conifères, explique Bernard Gomez du laboratoire de géologie de Lyon – Terre, planètes, environnement.

De l’acide chlorhydrique pour dégager une momie

Quand le paléobotaniste français a commencé à travailler sur cette espèce végétale en 1998, il y a 17 ans, c’était dans le cadre d’une thèse consacrée aux plantes fossiles des sites du Montsec et de Las Hoyas. « J’ai alors cherché ce que je pouvais faire avec cette plante sur laquelle beaucoup d’autres avaient planché avant moi. J’ai eu l’idée de mettre, goutte à goutte, de l’acide chlorhydrique directement sur le fossile et je me suis aperçu que je parvenais ainsi à récupérer des morceaux entiers de la plante, de 5 millimètres à plus d’un centimètre de long. Après quoi je disposais d’une véritable momie de celle-ci, nettement plus facile à étudier », raconte le chercheur.

Fort de cet exploit, Bernard Gomez est alors résolu à trouver les appareils stomatiques de Montsechia, des sortes de trous par lesquels les végétaux récupèrent le dioxyde de carbone présent autour d’eux. Pourquoi ce choix ? Parce que ces structures sont assez nettement différentes selon qu’il s’agit d’une plante à fleurs, dite angiosperme, qui porte des fruits, d’une plante à graine nue, dite gymnosperme, comme les conifères, ou d’une plante à spores comme les fougères.

La quête prend plusieurs années, mais les résultats sont au-delà des espérances. Bernard Gomez, qui travaille désormais avec la chercheuse Véronique Daviero, devenue depuis son épouse, découvre non seulement des appareils stomatiques compatibles avec une plante à fleurs, mais également des fruits, des enveloppes protectrices, appelées carpelles, fermées et protégeant une graine unique dont la structure est caractéristique de celle des plantes à fleurs. De quoi détrôner, ou presque, la plus vieille plante à fleurs connue de l’époque, Archaefructus, découverte en Chine et âgée de 124 à 127 millions d’années (contre 125 à 130 millions d’années pour Montsechia). « Même si la présence de pollens plus anciens indique que ni l’une ni l’autre ne sont la plus vieille plante à fleurs ayant jamais existé », souligne le paléobotaniste.

Deux formes d’une seule et même plante aquatique

Mais comment les fruits de Montsechia ont-ils bien pu passer si longtemps inaperçus ? « En étudiant l’architecture de la plante, nous avons découvert qu’elle existait sous deux formes distinctes. L’une avec de grandes feuilles disposées deux par deux avec un décalage de 90 degrés, et l’autre avec des feuilles si minuscules qu’elles sont indécelables à l’œil nu et disposées, une à une, en spirale », raconte Bernard Gomez. La seconde étant moins jolie que la première, elle a été considérée comme moins bien conservée et a donc, au fil des campagnes de fouilles, été très souvent écartée des collections et mise, pour ainsi dire, au rebut. « Or, c’est justement sur les fossiles de cette deuxième forme que se trouvaient la majorité des fruits ! Le fait de travailler sur le site de fouilles m’a finalement permis d’éviter ce biais. »

Mais la découverte ne s’arrête pas là. Les chercheurs ont également relevé de nombreux éléments semblant indiquer que Montsechia n’était pas une plante terrestre mais, comme sa concurrente chinoise Archaefructus, une plante aquatique qui vivait dans des lacs d’eau douce de cette région tropicale à subtropicale il y a 130 millions d’années. De là à dire que les plantes à fleurs qui dominent désormais très largement le monde végétal sont apparues dans l’eau, il n’y a qu’un pas que Bernard Gomez et ses collègues ne franchiront cependant pas. « La question reste ouverte. Toutefois, il se pourrait que l’avantage comparatif qu’a conféré à ces plantes le fait de développer des carpelles fermés pour protéger leur graine leur vient du fait qu’elles ont très rapidement dû s’adapter au milieu aquatique, très hostile pour les graines », note le chercheur. Quant à savoir pourquoi Montsechia existe sous deux formes si différentes, le mystère reste pour l’heure parfaitement entier.

Source : http://www.auxfrontieresdelascience.com

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