Publié par : La société solidaire et durable | juin 4, 2016

Comment la ville d’Albi veut conquérir son autosuffisance alimentaire !


Chers lecteurs,

L’objectif, à l’horizon 2020, est de permettre à tous les habitants de se nourrir de denrées produites dans un rayon de 60 kilomètres autour de la préfecture tarnaise. Au menu : agriculture urbaine, jardins partagés et circuits courts. Une première en France.

Un petit parfum de révolution verte flotte dans l’air. L’équipe municipale d’Albi a officialisé début 2016 un défi ambitieux: parvenir à l’autosuffisance alimentaire à l’horizon 2020. Une première en France pour une ville de cette taille (51.000 habitants). La production agricole dans un rayon de 60 km devra être en capacité de répondre aux besoins de la population. Une utopie qui vise surtout à faire bouger les mentalités et à favoriser les circuits courts. «Je ne veux pas interdire les produits qui viennent de plus loin, rassure Jean-Michel Bouat, l’adjoint au maire en charge du dossier, mais le bilan carbone doit être l’affaire de tous». Deuxième objectif: sécuriser les approvisionnements en cas de crise alimentaire. «À Albi, on n’a que 5 jours de stocks de nourriture», déplore-t-il. Surtout, la course aux aliments sains dans les assiettes est lancée. «Quand un agriculteur serre la main de ses clients, il se pose plus facilement la question des produits qu’il met dans ses champs», renchérit l’élu encarté au Parti radical, qui se définit comme un «écolo-centriste». Mode d’emploi.

● L’installation de néomaraîchers dans la commune

En bordure du Tarn, une vaste friche verdoyante non constructible de 73 hectares est située à une quinzaine de minutes de vélo du centre-ville. Bienvenue à Canavières, véritable laboratoire municipal de l’installation d’agriculteurs urbains. Ici, la mairie préempte les terrains: elle est prioritaire pour les racheter. Elle loue ensuite de petites parcelles d’environ un hectare à des néomaraîchers volontaires, qui se lancent dans la profession. Le loyer est raisonnable (70 euros par hectare et par an). Mais les règles sont strictes. Du bio, rien que du bio. Les techniques de permaculture permettent des rendements suffisants. Les clients doivent être locaux, en circuit court: paniers, vente en ligne, écoles… «Demain, on espère que notre cuisine centrale (qui prépare les repas des écoliers et des personnes âgées, NDLR) pourra absorber le surplus», confie Jean-Michel Bouat. Pour l’instant, 8 hectares ont été rachetés. Et «sept emplois ont déjà été créés, jure fièrement l’élu.

André Morlat est l’un des pionniers. Cet ancien paysagiste de 56 ans s’est lancé dans l’aventure en janvier 2014. «C’était un vieux rêve», murmure-t-il. L’homme cultive une soixantaine d’espèces de légumes différents, produit de l’huile de noix et du jus de pomme. La demande pour sa production, un peu plus chère qu’en supermarchés, ne faiblit pas. Et il parvient à en vivre, même s’il ne compte pas ses heures. «Je n’ai jamais jeté un seul légume», s’enthousiasme-t-il. D’autres zones de ce genre pourraient voir le jour dans la ville.

Crédit photo : Incroyables comestibles Annecy

● Les fruits et légumes dans la ville

Choux, blettes, pois, ail, fèves, fruits rouges, pommiers… Les Incroyables Comestibles partent à la conquête de la ville. Ces jardiniers d’un nouveau genre, œuvrent partout dans le monde, pour que les fruits et les légumes réinvestissent l’espace public et puissent être cueillis librement. Les bénévoles albigeois sont à l’initiative de plantations aux coins des rues de la coquette cité tarnaise, en accord avec la mairie.

L’instigatrice du mouvement, la britannique Pam Warhust, s’est d’ailleurs déplacée dans le Tarn en janvier dernier, histoire de constater la mutation en marche. Jardins partagés, urbains, arbres fruitiers, «key hole» (potager hors-sol originaire d’Afrique)… Lentement, les espaces verts entament leur mue. «Nous sommes habitués à une esthétique de fleurs mais pas vraiment de poireaux. Pourtant on peut faire du beau et du bon», s’amuse Jean-Michel Bouat.

Toutefois, «les habitants n’osent pas trop cueillir les légumes. Ils ont l’impression que c’est du vol», avoue un bénévole, affairé dans le potager niché en plein coeur de l’université. Reste qu’avec un peu de pédagogie, des miracles arrivent. «Certains étudiants nous disaient ne jamais manger de légumes avant.

Alors pourquoi faire pousser de l’herbe?», se félicite l’élu.

La réhabilitation des jardins ouvriers et des potagers délaissés chez les personnes âgées sera la prochaine étape. Une plate-forme Internet devrait bientôt voir le jour pour mettre en relation des jardiniers volontaires et les propriétaires noyés sous les mauvaises herbes. Une manière de ne laisser aucun carré de terre à l’abandon. «Les gens retrouvent l’essence des choses: la vocation nourricière de la terre. Une partie de la population a de faibles revenus, mais du temps libre», souligne Jean-Michel Bouat.

● Associer les agriculteurs et les distributeurs

Rien ne pourra se faire à grande échelle sans les agriculteurs locaux d’un côté ; la grande distribution de l’autre. «C’est au secteur privé d’y aller. Tout ce que l’on fait là sert à déclencher une prise de conscience», pointe le maire adjoint. Pour arriver à l’autosuffisance alimentaire réelle, il faut une belle force de persuasion. Jean-Michel Bouat l’admet… «Avec les agriculteurs dits «traditionnels», la démarche est parfois mal comprise». Mais en ces temps de crise, il croit en la force de l’exemple ; à l’émulation positive.

«Les acteurs du secteur vont se rencontrer. Les politiques doivent parfois savoir se faire discrets».

Il faudra aussi faire bouger les supermarchés. Pour l’instant, seuls les centres Leclerc peuvent acheter localement. Les autres enseignes doivent passer par des centrales d’achat. Le consommateur a un grand rôle à jouer dans la réussite du défi albigeois. «La grande distribution sera alors obligée de jouer le jeu des producteurs locaux, affirme Jean-Michel Bouat. On n’arrête pas une idée dont le temps est venu».

● La naissance d’une Agriculture Urbaine à Albi ?

On peut se demander si ce qui se passe à Albi n’est pas la naissance d’une nouvelle agriculture urbaine. Des potagers partout dans la ville afin de sensibiliser sur l’importance d’une nourriture saine et locale mais aussi recréer des vocations nouvelles de jardiniers maraîchers qui s’installeraient en zone périurbaine de la ville d’Albi. Créer des liens entre les personnes semblent être aussi une des missions des incroyables comestibles mais aussi rapprocher les citadins des agriculteurs locaux pour une meilleure alimentation saine, locale et durable !

● La création d’une Maison de l’Agriculture Urbaine à Albi, un projet avant tout de société ? 

Dans les prochaines années, une Maison de l’Agriculture Urbaine à Albi pourrait être créée à Albi afin de fédérer les acteurs locaux (associations, citadins, entreprises, ville, paysagistes, architectes…) ! Il s’agit avant tout d’un projet de société qui vise à rapprocher les acteurs de l’agriculture urbaine dans chaque ville de France comme à Albi.

Mais qu’est ce qu’une Maison de l’Agriculture Urbaine ? 

Il s’agit d’une maison écologique dont l’objectif est de promouvoir l’Agriculture Urbaine dans une ville précise comme par exemple à Albi.  Il s’agit d’un pôle mutualisé pour les associations, entreprises, architectes, urbanistes, collectivités, chercheurs, étudiants et citadins. Ce pôle serait une boîte à outils mutualisée pour les agriculteurs urbains.

Et pourquoi une Maison de l’Agriculture Urbaine ? 

Voici les raisons 5 raisons d’implanter une Maison d’Agriculture Urbaine dans une ville !

1) Une vitrine et un laboratoire de la production alimentaire efficiente et durable en milieu urbain, dans une logique de circuits‐courts et de création d’écosystèmes autonomes (permaculture)

2) Un lieu de mutualisation des ressources (associations, particuliers, entreprises…) :

La Maison de l’Agriculture Urbaine offre une infrastructure mutualisée au service de tous les acteurs du territoire liés à la production alimentaire en milieu urbain, dans une approche multidisciplinaire. Ce lieu ouvert met à disposition des outils et des services mutualisés (pépinière, connaissances et savoir‐faire, outillage, récupération de déchets organiques et fourniture de compost…).

Il peut également soutenir le développement de projets entrepreneuriaux liés à l’agriculture urbaine, en lien avec des forces‐vives du territoire comme la CIAP (Coopérative d’Installation en Agriculture Paysanne ou encore Terre de Liens). Les porteurs de projet bénéficient ainsi d’une mutualisation des démarches d’expérimentation, des forces de production, de transformation et de vente.

En plus d’un accueil pour les habitants ou les porteurs de projet en recherche d’information, la Maison de l’Agriculture Urbaine fournit des salles de réunion et un espace commun de travail pour faciliter les initiatives transversales. Ce lieu collectif ouvert et social sert de support à la mise en synergie des projets et réseaux existants : AMAP, producteurs, jardins familiaux… Des rencontres et des événements conviviaux en bords de Loire renforcent cette dynamique.

3) Un lieu de sensibilisation aux différentes formes d’agriculture urbaine et de formation à la pratique du jardinage et de l’agriculture au naturel en milieu urbain,

4) Un support de développement des initiatives citoyennes et entrepreneuriales,

5) Un lieu d’expérimentations multidisciplinaires (nouvelles formes de culture, nouveaux modèles de distribution…) :

Les formes très variées de l’agriculture urbaine supposent une approche transversale, en capacité de fédérer amateurs et professionnels, compétences de champs variés et synergie collective.De nombreuses démarches et acteurs existent sur le territoire nantais, qu’elles soient issues d’associations, de chercheurs ou d’agriculteurs. Cependant les actions sont encore cloisonnées par thématiques : les jardiniers dans leurs jardins, les chercheurs et écoles dans leurs études, designers et informaticiens devant leurs écrans…

Il est possible de favoriser l’essor multidisciplinaire et donc la production alimentaire en milieu urbain en croisant les réseaux existants et en incluant des acteurs a priori éloignés du sujet mais pourtant sources d’imaginaire et projets innovants.

En lien avec les universités, les laboratoires, les entreprises et les associations, la Maison de l’Agriculture Urbaine développe des projets sur les nouvelles formes de productions agricoles urbaines et les sujets connexes : dépollution des sols, phytoremédiation, bioremédiation, pisciculture, cultures verticales, énergies renouvelables (biogaz, hydrolienne), permaculture, serres, création de nouveaux produits transformés…

Le lieu comprend des espaces d’expérimentation ouverts à tous les adhérents. Ces terrains mutualisés sont utilisés par les porteurs de projet souhaitant réaliser des expérimentations en conditions réelles (particuliers, entrepreneurs, associations…).

Source : le figaro.fr / maisonagricultureurbaine.com

 

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