Publié par : La société solidaire et durable | juin 22, 2016

Agriculture : le tout bio, c’est déjà possible !


Chers lecteurs,

L’agriculture bio n’est pas seulement plus saine et moins polluante, elle est aussi productive. Suffisamment pour nourrir toute la population mondiale !

Source : Sanit Fuangnakhon / Shutterstock

L’agriculture bio suffirait à nourrir la population mondiale, sans engendrer autant de pollution et de problèmes sanitaires que l’agriculture conventionnelle. C’est la conclusion d’un rapport de John Reganold et Jonathan Wachter, agronomes à la Washington State University, publié en février sur la revue Nature Plants.

Ils ont examiné sur une période de 40 ans l’évolution de l’agriculture biologique à la lumière de 4 critères : la productivité, l’impact sur l’environnement, les performances économiques et le bien-être social. Les résultats sont positifs.

Sur deux critères, les effets positifs du bio sont incontestables : l’impact sur l’environnement et le bien-être. Les consommateurs mangent des produits plus sains et les travailleurs sont moins exposés aux pesticides. Sur le troisième, on peut désormais constater que les performances économiques sont aussi meilleures, car cultiver bio crée plus d’emplois.

La discussion porte donc surtout sur le premier des critères : la productivité. On reproche parfois à l’agriculture bio son faible rendement par rapport à l’agriculture conventionnelle. Est-ce vraiment le cas ? C’est justement contre cette vision que le rapport des agronomes américains apporte des arguments.

Les chiffres des résultats globaux montrent encore un meilleur rendement de l’agriculture traditionnelle, allant de 8 à 25 % selon le type de culture. En se focalisant sur un seul produit, comme le blé, l’agriculture bio n’est pas compétitive. Mais la comparaison n’est pas viable, car le blé a été mis au point pour être cultivé uniquement avec des pesticides. Pour véritablement connaître le rendement de l’agriculture bio, il faut réaliser les études sur des semences qui sont pensées pour elle.

Source : Gajus / Shutterstock

Le mode de cultivation est aussi un facteur déterminant. L’agriculture bio est plus efficace quand il s’agit de cultiver plusieurs produits sur un même terrain. On parle de polyculture. L’écart se réduit alors de 9 % et mieux encore avec une rotation accrue des cultures. En maraîchage, on peut observer des rendements beaucoup plus importants qu’en agriculture traditionnelle.

Selon les chercheurs, il est encore possible de faire mieux. En cas de sécheresse, situation qui devrait devenir plus fréquente avec le réchauffement, l’agriculture bio est plus efficace, car elle préserve mieux ses sols et leur capacité à retenir l’eau.

Source : Ulrich Mueller / Shutterstock

Il faut aussi considérer la surface cultivable. Beaucoup de superficies sont utilisées pour l’alimentation animale (comme le soja en Amérique du Sud pour nourrir le bétail). Si nous réduisions notre consommation de viande, nous pourrions envisager de les transformer pour faire pousser des fruits et des légumes.

Moins de fonds pour la recherche aussi, le bio reste encore le parent pauvre de l’agriculture. Le budget de l’INRA dédié au bio est de 200 000 € (hors masse salariale) sur les 135 millions de budget annuel.

Pour les 2 agronomes américains, la conversion de l’humanité de l’agriculture à un mode bio ne doit pas reposer uniquement sur la question du rendement:

« Nous devons aussi réduire le gaspillage alimentaire, améliorer l’accès et la distribution de l’alimentation, stabiliser la population mondiale, éliminer la conversion des cultures en biocarburants et nous orienter vers une alimentation plus tournée vers les végétaux. »

Nous avons consacré la semaine dernière un article sur le gaspillage en France : 16 milliards de nourriture partent à la poubelle chaque année !

Source : Yulia Grigoryeva / Shutterstock

John Reganold et Jonathan Pachter sont optimistes :

« Des centaines d’études scientifiques démontrent maintenant que l’agriculture bio devrait jouer un plus grand rôle pour nourrir la planète. Il y a 30 ans, il y avait à peine quelques études comparant l’agriculture bio à la conventionnelle. Ces 15 dernières années, leur nombre a explosé. »

Une explosion qui se traduit dans les chiffres en France. Une enquête publiée fin mai, et dont nous parlions dans cet article, montre que la consommation bio a augmenté de façon spectaculaire : 14,7 % en un an !

Tous ces exemples sont des indications nous montrant que le monde ne marche plus sur la tête, mais qu’il avance dans la bonne direction. Lentement, mais sûrement.

Source : http://positivr.fr

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :