Publié par : La société solidaire et durable | novembre 2, 2016

Avant le déluge: le documentaire sur le climat produit par Leonardo DiCaprio !


Chers lecteurs,

“Avant le Déluge”, le documentaire très hollywoodien sur le changement climatique produit par Leonardo DiCaprio, et réalisé par Fisher Stevens.

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L’acteur Américain Leonardo Di Caprio est actuellement en Europe pour présenter son dernier documentaire, Avant le Déluge, produit pour National Geographic – en avant-première à Londres hier, à Paris demain, et un peu en exclusivité aussi dans ce billet. De quoi en savoir plus et insister sur la démarche d’un écologiste sincère qui met à profit sa position de star hollywoodienne pour faire bouger les lignes.

Le film débute sur la description d’un tableau qui a longtemps fasciné le petit Léo : il s’agit du Jardin des Délices, un triptyque du peintre néerlandais Jérôme Bosch dont certains panneaux effraient l’acteur lorsqu’il passe au quotidien, chez son père, devant ces représentations du paradis et de l’enfer sur terre. On sent dès lors que la confidence qu’il nous fait est teintée d’une interrogation qui l’anime encore profondément : « comment se fait-il que l’on détruise en conscience et à large échelle le vivant qui nous entoure ? Pourquoi abîmons nous ainsi les écosystèmes ? Est-ce encore possible de tout stopper pour changer la donne ? »

On comprend assez rapidement que l’acteur utilise son rôle d’ambassadeur de l’ONU pour la paix et la lutte contre le changement climatique comme une manière de témoigner et raconter une fois encore une histoire que beaucoup, surtout aux Etats-Unis, ne veulent pas voir. « S’ils savaient, à l’ONU, à quel point je suis pessimiste… sans doute ne m’auraient-ils pas choisi, je ne suis pas le meilleur type pour ça » narre-t-il au début du film, alors qu’on vient de le voir prendre la parole auprès de Ban Ki-Moon dans l’enceinte de l’ONU. « J’ai grandi dans DownTown Los Angeles et ma sortie préférée était au Museum d’Histoire Naturelle… Je ressentais déjà de la colère face à la disparition d’espèces comme le Dodo, le Pigeon voyageur, le Moa, le Couagga… cette dissémination du vivant et de notre environnement m’a toujours mise hors de moi » confie-t-il alors que commence son périple.

Des sables bitumineux de l’Alberta, où il se rend alors qu’il est encore en plein tournage de The Revenant (pour lequel il a reçu son premier Oscar), aux glaces de l’Arctique où il constate une fonte plus rapide que d’ordinaire en passant par les marées géantes de Miami, l’Airpocalypse en Chine, la montée des eaux à Kiribati ou la déforestation en Indonésie… Leonardo Di Caprio effectue un tour du monde (compensé, rassurez-vous !) pendant lequel des experts de renom lui expliquent la situation… et témoignent aussi, bien souvent, de leur désarroi (voir la bande-annonce ci-dessous).

« Le plus j’en apprends, le moins j’en sais« , explique-t-il en évoquant sa première sensibilisation au sujet du changement climatique quand il avait 20 ans, avec Al Gore. Il se souvient avoir parrainé la journée de la terre en l’an 2000, auprès de Bill Clinton, alors qu’on ne valorisait que les petits gestes, le changement d’ampoules… et insiste alors sur le besoin d’agir de manière bien différente et beaucoup plus offensive aujourd’hui.

« Tout va être très différent maintenant »

On sent à travers ce film, qui sort au cinéma aux Etats-Unis et au Royaume-Uni vendredi prochain avant une diffusion mondiale sur la chaîne National Geographic le 30 octobre, une volonté politique très nette de l’acteurFisher Stevens, le réalisateur d’Avant le Déluge, confirme : « nous avons pour ambition de reprendre le flambeau d’Al Gore. La situation s’est aggravée depuis Une Vérité qui Dérange. Lors des élections présidentielles de 2012 entre Barack Obama and Mitt Romney le changement climatique n’a jamais été mis sur la table. Nous avons donc décidé de faire un film pour sensibiliser le grand public aux impacts déjà bien réel du phénomène, et à sa rapidité. Leonardo est un bon porte-parole, il peut atteindre un large public, et on espère être inspirants » explique-t-il en soulignant leur désir de peser dans la campagne électorale actuelle : « l’un des candidats ne croit pas au changement climatique, tout comme de trop nombreux membres du Congrès, si bien qu’il était crucial pour nous de le sortir maintenant« .

La diffusion en avant-première aux Etats-Unis a d’ailleurs eu lieu à la Maison Blanche lundi 3 octobre dernier, lors du Festival South by South Lawn, en présence du Président Obama et de la climatologue Katharine Hayhoe. Durant l’heure de débat qui a précédé la diffusion du documentaire (vidéo suivante), Leonardo di Caprio interroge ses deux interlocuteurs sur les politiques mises en place actuellement et les leviers à activer pour agir dans les temps… « Ce qui est mieux est déjà bien » (« better is good »), répond Barack Obama à la question (posée à la 26ème minute) de savoir comment lutter contre le scepticisme et engager le public  sur ces sujets, dans une jolie formule qui atténue de fait les politiques de forage des gaz de schiste et l’implantation de nouvelles centrales nucléaires sur le sol Américain durant son mandant… et avant que la climatologue n’insiste sur le fait d’agir à un autre niveau « nous pouvons collecter et empiler autant de faits et de preuves scientifiques que nous voulons, l’essentiel est de connecter le besoin d’agir aux valeurs que nous portons. Le problème n’est pas politique, les réponses le sont ! »

Pour Fisher Stevens d’ailleurs, comme pour Leonardo Di Caprio, là est le nerf de la guerre : le manque d’information du public, notamment aux Etats-Unis. « Nous avons conçu ce film pour toucher une large audience, et les jeunes notamment. On espère que cela va marcher car ils seront les premiers concernés. D’ici le vote du 8 novembre le film va être diffusé dans 200 universités aux Etats-Unis, et on espère bien que cela va grossir les rangs du mouvement environnementaliste, encore très faible ici » confie le réalisateur en rappelant l’empreinte écologique des citoyens Américains (1,5 fois celle des Français, 2,2 fois celles des Allemands, 21 fois celle des Indiens)…

En ce sens le documentaire évoque aussi quelques pistes d’actions, en allant par exemple à la rencontre d’Elon Musk et de sa GigaFactory, en évoquant les avancées politiques de l’Accord de Paris avec John Kerry, en valorisant les travaux de la NASA avec l’astronaute Piers Sellers et la manière dont le Vatican, sous l’impulsion du pape François, s’ouvre aujourd’hui aux travaux scientifiques… Sans oublier la taxe carbone, également évoquée dans le débat précédant la projection du film à la maison blanche. « Pour l’instant nous sommes très heureux de l’impact du film, nous avons des retours enthousiastes et le fait d’avoir été projeté à la Maison Blanche nous donne de l’espoir : au cours de son second mandat Obama a fait de l’environnement l’un de ses principaux combats, comme aucun président ne l’a fait avant lui auparavant » témoigne Fisher Stevens, pour qui l’information sur le sujet se multiplie, et le nombre d’acteurs convaincus aussi… « Après avoir vu le film les spectateurs peuvent aller sur le site carbotax.org et payer une taxe carbone volontaire. Il s’agit d’informer nos dirigeants de notre volonté d’agir, de notre capacité à utiliser d’autres sources d’énergie, à nous déplacer autrement, à nous alimenter différemment, etc. Il ne s’agit pas de faire du prosélytisme, mais d’insister sur notre capacité à agir collectivement« .

D’une certaine manière, on a envie de comparer Leonardo Di Caprio à une sorte de Nicolas Hulot à l’Américaine… De là à se lancer un jour en politique ? Le futur, qui ne se prédit pas, ne le dit pas encore là non plus… Gageons juste que ça ne se terminera pas comme sur le Titanic !

Source : Anne-Sophie Novel

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