Publié par : La société solidaire et durable | novembre 26, 2016

Qu’est ce que la Permaculture ?


Chers lecteurs,

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Le mot permaculture, ou culture permanente, a été inventé au milieu des années 1970 par deux Australiens, Bill Mollison et David Holmgren et réuni le paysage naturel à l’aménagement paysager comestible. L’un de ses objectifs est de développer un endroit jusqu’à ce qu’il réponde à tous les besoins de ses habitants, y compris de la nourriture, des abris, de carburant et de divertissement. Bien qu´il soit rare que le jardinier amateur arrive à être fidèle aux principes de la permaculture jusqu´au dernier degré, nous pouvons tirer profit des idées pour créer une nouvelle forme d’aménagement paysager sur la base de la production et l’utilisation.

La permaculture fait la différence par rapport aux autres approches en raison de l’utilisation de «design conscient».

Elle prend forme dans des ambiences socialements justes et, en plus d´être une méthode holistique de planification et d´actualisation des systèmes à l´échelle humaine, elle nous fait nous questionner quotidiennement sur “comment” et “d’ou vient” tout ce que nous consommons.

Et c’est à ce moment critique de la journée, celui de l’acte de cosommation, que nous devons nous poser les bonnes questions:

  • Est ce que des enfants sont employés à la production ou la transformation de ce produit ?
  • Sommes nous, d’une forme ou d’une autre, entrain d’exploiter l’être humain ?
  • Est ce qu’avec notre décision d’achat nous ne cautionnons pas le déboisement ?

La Permaculture nous rappelle à la responsabilité que nous avons vis à vis de la terre, de combien d’énergie nous profitons et nous dépendons en même temps, sachant que nos actions vont affecter directement et de manière croissante le futur de nos enfants et des futures générations.

Vivre d’une manière soutenable signifie finalement garantir une sécurité réelle de la vie, du moment que notre façon de produire des aliments nous libère de la dépendance du système et, dans le même temps, transforme en énergie renouvelable chaque cellule de notre corps.

La Permaculture n’est pas une idée folle ou radicale, mais c´est une pratique réelle qui imite la nature, « notre vraie professeur ». Vivant cette pratique, nous allégeons l’économie nationale ou internationale, il se construit déjà des communautés où la richesse consiste dans le partage égalitaire, elle rejette la division injuste, les personnes se rassemblent pour l’immunité à la recession.

Un style de vie qui devrait continuer pour toujours. Si nous faisons cela, nous préserverons réellement chaque homme, femme, enfant et principalement, nous comprendrons le milieu ambiant comme un tout.

L’éthique de la permaculture

La permaculture s’appuie sur une éthique. C’est un ensemble de valeurs fondamentales qui gouvernent la réflexion et l’action.

L’éthique de la permaculture peut être résumée ainsi :

  • Prendre soin de la terre (les sols, les forêts et l’eau)
  • Prendre soin de l’humain (soi-même, la communauté et les générations futures)
  • Partager équitablement (limiter la consommation et la reproduction, redistribuer les surplus)

Les principes de la permaculture

Une des innovations de la conception en permaculture est d’apprécier l’efficacité et la productivité des écosystèmes naturels par l’observation minutieuse, et d’en dériver des principes directeurs universels, applicables par tous. Les principes de design sont vraiment au cœur de tout système de permaculture. Chaque permaculteur peut développer son propre système de principes. Certains ajoutent ainsi de nouveaux principes par rapports a ceux qui font référence (voir ceux de Bill Mollison et de David Holmgren par exemple). Ces principes, dont le nombre limite n’est donc pas fixé, évoluent au fil du temps en fonction de l’affinage des connaissances. Ils constituent une base croissante qui forme un filtre, un mode de pensée, une vision et une compréhension du monde que l’on peut avoir à un moment donné et qui accompagne le processus de design tout au long de sa création. Plus ces principes sont intégrés dans l’individu, plus ils deviennent automatiques, et font partie du mode de pensée et d’action. Ils font ainsi partie de notre culture, en nous faisant évoluer vers une « culture » permanente.

Le design de la permaculture

Le design de la permaculture est une méthode de conception de système. C’est une manière :

  1. D’appréhender un système ou un problème dans sa globalité
  2. D’observer comment les parties d’un système sont reliées
  3. De réparer des systèmes défaillants en appliquant des idées apprises de systèmes durables matures en fonctionnement
  4. D’apprendre des systèmes naturels en fonctionnement pour planifier l’intégration de l’être humain dans les écosystèmes où il s’est implanté et qu’il a abîmé avec ses systèmes agricoles et urbains par manque de connaissance et d’éthique.
  5. D’inclure ceux qui n’ont jamais entendu parler de la Permaculture.

Par exemple, en s’associant avec les paysans qui développent des semences locales adaptées à un terroir et reproductibles, contrairement à la majorité des semences commerciales. Par exemple, à Byron Bay en Australie, le « Seed Savers Network » est un réseau local de jardiniers producteurs de semences. C’est un fils de paysan des Hautes-Vosges expatrié sous les tropiques, qui a commencé et continue ce travail avec sa femme Jude Fanton. En France, on retrouve des actions analogues grâce à l’association Kokopelli.

Ce mode de pensée est applicable tout aussi facilement à un outil de cuisine qu’au re-design d’une zone industrielle ou d’une ferme. Les pratiquants de la permaculture l’appliquent à tout ce qui est nécessaire pour construire un futur durable. D’une manière générale, les initiatives des permaculteurs tendent à évoluer :

  • en partant de stratégies qui se concentrent sur l’efficacité (par exemple une minimisation des déchets),
  • pour passer à des stratégies de substitution (par exemple des biocides à des moyens de contrôle biologiques plus spécifiques)
  • pour aboutir aux stratégies de re-design- changements fondamentaux dans le design et le management de l’opération.

« La permaculture, c’est aider les gens à faire des choix de re-design : fixer de nouveaux buts et apporter un changement dans la manière de penser qui affectent non seulement leurs actions chez eux mais également leurs actions sur leur lieu de travail, leurs emprunts et leurs investissements » (A Sampson-Kelly et Michel Fanton 1991). Des exemples incluent le design et l’emploi de solutions complexes de transport, une utilisation optimale des ressources naturelles comme l’énergie lumineuse, et « le design radical des systèmes de polyculture multi étages riches en information » (Mollison et Slay 1991).

« Cette progression implique généralement un changement dans la nature de sa dépendance – passer d’une dépendance à des interventions universelles, achetées, importées, et basées sur la technologie à une dépendance d’interventions plus spécifiques, locales et basées sur des savoir-faire et connaissances disponibles localement. En général, cela implique finalement un changement fondamental de la vision du monde, de la perception des significations et modes de vie associés (Hill 1991) ».

« Mon expérience est que même si l’efficacité et les initiatives de substitution peuvent apporter des contributions significatives à la soutenabilité sur le court terme, des améliorations bien plus importantes sur le long terme ne peuvent être accomplies que par des stratégies de re-design ; et, de plus, cette étape doit intervenir au début de la réflexion pour assurer que les stratégies d’efficacité et de substitution peuvent servir comme tremplin et non comme barrière au re-design… »(Hill 2000).

La Permaculture a développé un large suivi international de la part des individus qui ont suivi les formations à travers des cours intensifs certifiés de Permaculture, sur deux semaines (72 heures). Cette communauté permaculture continue de grandir sur la base des enseignements de Mollison et de ses associés, intégrant un éventail d’idées d’une culture alternative, à travers un réseau de formations, publications, jardins, forums internet, etc. Dans ce sens, la Permaculture est devenue à la fois un système de design et une philosophie de vie, qui se distingue par ses valeurs éthiques fondamentales.

Les éléments du design

Le design identifie au sein d’un système les différents éléments qui le constituent (plantes, vent, soleil, eau, construction, relation de prédation, etc) et cherche à les relier de manière complexe, en s’inspirant de l’observation du fonctionnement des écosystèmes naturels. Les éléments ainsi entremêlés, le design reproduit l’efficacité écosystémique où, pour donner un exemple simple, les produits d’un premier élément subviennent aux besoins d’un second. Chaque élément est attentivement analysé pour en connaître ses propriétés, ses besoins et ses produits, afin de l’insérer le plus efficacement possible au sein du design. La synergie entre les éléments est obtenue en minimisant les déchets, le besoin en travail ou les besoins en énergie. Un design de permaculture exemplaire évolue au fil du temps, et peut devenir une mosaïque extrêmement complexe de sous-systèmes conventionnels et inventifs qui produisent une haute densité de produits (nourriture, matériaux, organisation sociale, infrastructures, information) et ceci pour un effort minimum.

Les étapes de réalisation d’un projet en permaculture

Il est possible d’appliquer la permaculture à travers une approche d’ingénierie nommée OBREDIM, acronyme anglais pour Observation, Boundarie (Limite), Resource (Ressource), Evaluation (Évaluation), Design, Implementation (Mise en œuvre) et Maintenance. C’est un outil de planification qui permet de réaliser le design d’un site (une petite propriété, une région ou une zone industrielle par exemple).

  • L’Observation permet de récolter des informations qui serviront à comprendre le fonctionnement naturel du site. Ce n’est pas à proprement parler une étape, car l’observation doit être continue, si elle démarre pour la conception d’un système, elle est ensuite maintenue durant toute sa gestion. L’observation d’un site sur une année entière, au travers des quatre saisons, permet de considérer de multiples facteurs : la topographie, les cycles biologiques de la faune, de la flore et du sol, les vents et leurs caractéristiques, l’écoulement des pluies et leur densité, l’ensoleillement et les ombres, le débit des cours d’eau, etc.
  • Les Bordures font référence aux limites géographiques et physiques du site.
  • Les Ressources incluent les personnes impliquées, les finances, ce que vous pouvez faire pousser ou produire dans le futur, ce que vous voulez voir et faire sur le site.
  • L’Évaluation de ces trois premières étapes vous permet maintenant de vous préparer pour les trois suivantes. C’est une phase ou l’on prend en considération toutes les choses a portée de main avec lesquelles on va travailler, existantes ou que l’on souhaite avoir, et ou l’on regarde en détails leurs besoins spécifiques, afin d’identifier ses propres besoins en termes d’information (besoin d’un personne ressource compétente dans un domaine).
  • Le Design est toujours un processus créatif et intense et l’on doit utiliser au maximum ses capacités à voir et à créer des relations synergiques entre tous les éléments listés dans la phase ressources.
  • L’Implémentation est littéralement la première pierre posée à l’édifice, quand on aménage soigneusement le site en fonction de la chronologie et de l’agenda décidé.
  • La Maintenance est nécessaire pour garder le site à son maximum de santé, en faisant des ajustements mineurs si nécessaire. Un bon design évitera le besoin de recourir à des ajustements majeurs.

L’utilisation de motifs et du zonage

L’utilisation des motifs naturels et réutilisables est une clef pour les design en permaculture. Certain auteurs font écho à cette approche en architecture par exemple.

Dans l’application de motifs, les designers sont encouragés à développer :

  1. la conscience des motifs existant déjà dans la nature (et comment ils fonctionnent)
  2. l’application de ses motifs sur le site afin de satisfaire des besoins spécifiques au design.

Le concept de zonage en permaculture rencontre une racine prestigieuse chez l’économiste Allemand Von Thünen qui théorisa l’aménagement de l’espace en cercles concentriques où la mise en valeur (ou « le design » selon la terminologie en permaculture) est différenciée en fonction de sa distance avec le centre. Plus la zone est éloignée de ce centre, et plus la viabilité économique de certaines productions diminuera. Si ce centre pour Von Thünen est la ville, on retrouve souvent en permaculture la maison à cet emplacement. Il convient de noter qu’en permaculture, ce n’est pas tant la viabilité économique que la moindre utilisation de l’énergie qui conduit à une organisation de l’espace équivalente. Ainsi, les zones en permaculture sont une manière d’organiser les éléments du design dans un environnement humain basé sur la fréquence de ses utilisations, la fréquence des déplacements nécessaires pour y accéder et le temps passé dans chaque zone. Il est traditionnellement fait référence à 5 ou 6 zones, selon que l’on décrit la maison comme une zone en soi ou non. Les éléments du système fréquemment récoltés, manipulés ou visités sont situés près de la maison en zones 1 et 2, alors que les éléments moins fréquemment manipulés sont situés plus loin. Les 6 zones sont:

  • Zone 0 : La maison elle-même.
  • Zone 1 : Le Jardin et les éléments nécessitant une attention quotidienne et soutenue.
  • Zone 2 : Vergers et Basse cour.
  • Zone 3 : Pâturage et céréales. Cette production tend à être plus orientée vers la vente.
  • Zone 4 : Pâtis et Bois. Cette zone est souvent laissée aux plantes indigènes.
  • Zone 5 : Espace sauvage. L’intervention humaine se limite à la récolte de plantes utiles spontanées.

Applications de la permaculture

Bien que le premier champ d’étude de la permaculture soit l’agriculture et plus généralement la gestion responsable des territoires, la permaculture a évolué vers la conception de sociétés dans leur ensemble. L’éthique et les principes de la permaculture peuvent donc être appliqués à n’importe quel domaine d’activité humain, qu’il soit formel comme l’architecture ou les transports, ou informel comme les structures sociales ou l’économie.

Voici le lien pour télécharger gratuitement un poster sur la permaculture (éthique et principes de conception) :http://permacultureprinciples.com/fr/pc_principles_poster_fr.pdf

Et ici un lien pour télécharger gratuitement un document pdf sur l’essence même de la permaculture : http://www.holmgren.com.au/DLFiles/PDFs/Essence_of_Pc_French.pdf

La fleur de la permaculture

Source : http://open4sustainability.pt

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