Publié par : La société solidaire et durable | novembre 30, 2016

Agriculture : des dizaines de fermes d’avenir voient le jour partout en France !


Chers lecteurs,

L’association Fermes d’Avenir présentait il y a un mois à Paris les dix finalistes du Concours Fermes d’Avenir 2016, conçu pour accompagner l’installation d’agriculteurs biologiques sur le territoire. Une opération prometteuse qui séduit de plus en plus d’adeptes de l’agro-écologie.

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Un concours… de circonstance

« FNSEA, un monoculture intensive dans les JT », tel était le titre d’un billet de Samuel Gontier publié sur le site Télérama en août 2015 pour dénoncer, entre les lignes, la manière dont l’organisation agricole, largement reprise dans les médias, participe à la construction d’un récit dans lequel les agriculteurs portent des bonnets rouges et ne font que brûler des pneus ou déverser du fumier avec violence devant les préfectures… « Cet article a eu l’effet d’un électrochoc pour moi » confie Maxime de Rostolan, fondateur de l’association Fermes d’Avenir, déterminé à promouvoir une autre image de l’agriculture.

C’est alors qu’il lance le premier concours Fermes d’Avenir, fin 2015, afin de récompenser 13 fermes déjà installées (une par région Française) en leur offrant à chacune près de 12 000 euros pour réaliser leur projet. « Nous avons reçu plus de 200 candidatures, soit 7000 pages de projet qui nous ont rempli d’espoir » témoigne l’entrepreneur multi-facettes qui, pour cette seconde édition du concours, avait envie d’aller plus loin: « cette année le concours Fermes d’Avenir ‘Je deviens paysan’ consistait à soutenir l’installation de producteurs et de paysans. Quand on sait 40% des agriculteurs vont partir à la retraite d’ici 2020, il est nécessaire d’accompagner les nouvelles installations« .

Pour cette édition, les candidats devaient disposer d’une parcelle, envisager un projet en agriculture biologique et justifier d’un solide plan d’affaires. « Nous avons reçu 40 candidatures, et les dix projets retenus vont bénéficier d’un prêt citoyen à taux zéro pendant cinq ans, via la plateforme de financement participatif Bluebees, ainsi que d’une certification Agriculture Biologique offerte pendant trois ans par Ecocert« . Lancé en partenariat avec Terre & Humanisme,  le Mouvement Colibris, la FNABJardins de Cocagne, et encore bien d’autres acteurs de l’agro-écologie en France, cette démarche innovante va permettre à chacun des dix lauréats de bénéficier de 5.000€, 15.000€, 25.000€ ou 50.000€ de prêt, remboursable à partir de la date anniversaire du prêt, avec une annuité par trimestre pendant 5 ans, ainsi que l’explique la vidéo suivante :

Concrètement, les partenaires du concours prennent en charge les frais de communication et les intérêts rémunérés aux citoyens prêteurs (à hauteur de 2%, soit plus que le taux d’un livret A) pendant cinq ans, et les porteurs de projet bénéficient de l’argent avec un taux nul. Signe de l’intérêt pour cette démarche : en cinq jours, 50 000 euros des 205 000 euros nécessaires à l’opération ont déjà été proposés ! (Le prêt moyen est de 280 euros, et les dons moyens s’élèvent à 70 euros, NDRL)

La force d’un réseau

j1Pour Julien et Sandrine, heureux trentenaires lauréats de la ferme de Chantecaille à Eyjeaux, dans le Limousin, ce concours apporte une reconnaissance : « on se sent soutenu, cela donne de l’ampleur et rend encore plus réel notre projet » témoigne Julien, dont l’idée est de produire et proposer en vente directe légumes, oeufs et poulets. Sur leur ferme de 12 hectares, où ils se sont installés il y a peu avec leurs trois enfants, ils cultivent déjà des pommes de terre sous foin et organisent des chantiers participatifs durant lesquels on peut les aider à mettre en place les planches de culture et faire de multiples travaux d’aménagement. Les 30 000 euros de prêt demandés leur permettront d’installer divers matériel, et notamment des semoirs. « A terme nous souhaitons aussi développer la pédagogie à l’environnement » explique Sandrine, attachée à ce que la ferme respecte les principes de permaculture.

no2Autre couple lauréat présent hier soir : Noé Mercier et Gabriela Duque, 27 ans chacun, à l’origine des Vergers de l’Amélanche, en Saône et Loire, à côté de Cluny. « Nous nous connaissons depuis une dizaine d’années et cherchons depuis longtemps à nous enraciner, à retrouver un vrai lien à la terre » témoigne Noé, doctorant en Anthropologie affilié à l’université d’Aix Marseille. Avec Gabriela, encore étudiante en géographie, ils souhaitent lancer la culture d’un fruit innovant, l’Amélanche (qui pousse sur l’amélanchier, un arbre endémique de 3 à 5 mètres de haut), qui donne des petites pommes bleues. « Mi pomme mi myrtille, ce fruit a de multiples qualités, regorge d’antioxydants, et nous souhaitons le vendre aussi bien en produits alimentaires ou cosmétiques transformés qu’en produit brut sur les marchés ou auprès des restaurateurs du coin » explique encore le néo-paysan soucieux d’imiter la nature pour produire et mixer justement les espèces.

julienJulien Magniez, 29 ans, partage sa vie entre le Bordelais (où il a développé une activité de négoce dans le vin) et le Nord pas de Calais, à Landrethun-les-Ardres, où ses parents possèdent une ferme maraîchère de trois hectares. Son projet, le p’tit vert du nord, est de reprendre la ferme, de la convertir en bio, de proposer des cornichons en maraîchage diversifié, mais aussi continuer la culture de fruits rouges en plantant plus de 600 groseillers et cassisiers. « Je veux que le village redevienne plus vivant en y re-développant des activités, je n’ai pas envie de voir tous les champs qui l’entourent transformés en pavillons résidentiels. Je crois en une certaine forme d’esthétique et de sens » témoigne le jeune entrepreneur-agriculteur pour qui « ce concours permet aussi de rencontrer d’autres acteurs engagés, de développer des idées en commun, dans une dynamique collective« .

Les sept autres projets lauréats, visibles sur cette page, s’inscrivent de fait dans cette même philosophie. Pour Maxime de Rostolan, la dynamique est lancée : « l’enthousiasme autour de notre projet est tel que nous avons lancé un réseau social permettant de connecter ceux qui veulent s’installer avec ceux qui possèdent des terres, ceux qui recherchent du travail avec ceux qui ont besoin de bras, etc. Dix jours après le lancement nous avions déjà reçu 1500 inscriptions ! »

Une affaire à suivre, donc, surtout vu les chiffres records de progression de l’agriculture bio en France en 2015

Source : Anne-Sophie Novel et http://alternatives.blog.lemonde.fr

A consulter également : le site Farmers2Farmers lancé par Greenpeace dans plusieurs pays Européens pour partager expériences et de techniques directement d’agriculteur à agriculteur.

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