Publié par : La société solidaire et durable | décembre 27, 2016

Alma Deutscher, nouveau Mozart de l’opéra !


Chers lecteurs,

Musicienne depuis l’âge de deux ans, compositrice depuis qu’elle en a six, la petite Anglaise s’est souvent dit que si elle était «un gros et vieux bonhomme avec une barbe, on (la) prendrait peut-être un peu plus au sérieux», confie-t-elle avec un sourire de poupée. Mais le regard des adultes serait en train de changer, selon elle, depuis que Vienne, terre de Mozart, Schubert et autres figures majeures de la musique classique, a programmé sa Cendrillon pour les fêtes de fin d’année, produite par une association autrichienne dédiée aux jeunes talents.

La jeune anglaise de 11 ans, musicienne depuis son plus jeune âge, a composé une version singulière de Cendrillon, qui sera joué à Vienne pour les fêtes de fin d’année. Elle jouera également du violon et du piano dans l’orchestre.

Ses instruments favoris sont le piano, le violon et la corde à sauter. Grâce à eux, Alma Deutscher a composé des sonates, des concertos et même un opéra qui sera bientôt créé à Vienne, quelques mois avant ses douze ans.

La première de cet opéra de deux heures est prévue le 29 décembre et c’est en maestro respecté que la jeune Alma a assisté ce mois d’octobre aux répétitions de sa création à Vienne. Dans sa sage robe à fleurs, la jeune fille accompagne au piano des solistes comptant trois fois son âge.

La Cendrillon revue et corrigée par Alma a pour cadre un opéra. Dans cette mise en abyme, l’héroïne est une jeune compositrice qui offre une mélodie à son prince, un poète. Alma a situé l’action en «Transylvania», un pays imaginaire où son esprit aime vagabonder, raconte-t-elle, habité par des musiciens imaginaires comme Antonin Yellowskin, son préféré – «Je lui ai volé» une composition, affirme l’enfant avec une malice et un sérieux déconcertants.

«J’ai entendu sa musique avant de connaître son âge, j’ai été sous le choc. Elle a des nuances vraiment complexes, vraiment spéciales», décrit la soprano australienne Anna Voshege, qui interprète l’une des deux belles-sœurs revêches de l’héroïne, des «divas prétentieuses».

Le père du jeune prodige, Guy Deutscher, se souvient avoir été frappé par une réflexion d’Alma lorsqu’elle avait deux ou trois ans: «Comment la musique peut-elle être aussi belle!», s’était-elle exclamée, révélant une personnalité hors du commun. «Lorsqu’elle a commencé à composer ses propres morceaux, nous avons compris que nous étions face à quelqu’un de vraiment spécial», explique ce linguiste de formation et musicien amateur. À six ans, ce fut sa première sonate pour piano, à sept ans un mini-opéra, «Le balayeur de rêves», et à neuf ans, un concerto pour violon.

Une corde à sauter à paillettes pour l’inspiration

Alma n’aime pas la musique actuelle, «trop bruyante», et avoue ne pas connaître plus Justin Bieber que les Beatles. Mais elle «adore grimper aux arbres et courir partout», assure son père, qui, avec son épouse, organise sa scolarité à domicile, au sud de Londres. La fillette est de plus en plus sollicitée pour se produire à l’étranger.

Une version pour orchestre de chambre de sa Cendrillon a été jouée en Israël l’an dernier. Dans la version longue montée à Vienne, Alma Deutscher jouera du violon et du piano dans l’orchestre.

Elle laissera en coulisses son troisième instrument fétiche: la corde à sauter. C’est notamment grâce à elle que naissent les mélodies, explique la fillette. «En fait, je ne saute pas mais je l’agite comme ça, tout en me racontant des histoires», dit-elle en traçant des courbes dans l’air avec son accessoire. «Et souvent les mélodies déboulent dans ma tête, alors je cours les noter dans mon carnet». Mais cette technique n’admet qu’une corde à sauter à paillettes et à frou-frou brillants, insolite vision à proximité de l’austère piano noir Steinway. «Les autres cordes à sauter ne marchent pas», assure Alma.

Adoubée par des chefs d’orchestre comme Daniel Barenboïm, Zubin Mehta et Simon Rattle, qui s’est dit «renversé» par son talent, la petite virtuose n’échappe pas, à Vienne, au parallèle avec le jeune Mozart, qui n’avait que onze ans lorsque fut interprété son premier opéra, en 1767. «Je préfère n’être comparée à personne, écrire ma propre musique, être juste la petite Alma», dit-elle. «Parce que se contenter de réécrire Mozart serait plutôt ennuyeux».

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