Publié par : La société solidaire et durable | mai 12, 2017

Un logement social de 95 m² construit avec une imprimante 3D en Septembre à Nantes !


Chers lecteurs,

La construction devrait avoir lieu le 17 septembre prochain dans le quartier de la Bottière à l’est de Nantes. Sur un espace boisé, pour augmenter la difficulté, des robots entreront en œuvre pour élever un logement social de 95 m² comprenant cinq pièces, des murs arrondis, des angles, des emplacements pour les portes et fenêtres (Crédits : TICA Architectes et Urbanistes).

À l’occasion du lancement de l’accélérateur de projets urbains City Lab, la Métropole Nantaise a mis un coup de projecteur sur le premier projet français de construction d’un habitat social à l’aide d’une imprimante 3D. Une innovation française qui pourrait révolutionner les modes de construction

La construction devrait avoir lieu le 17 septembre prochain dans le quartier de la Bottière à l’est de Nantes. Sur un espace boisé, pour augmenter la difficulté, des robots entreront en œuvre pour élever un logement social de 95 m² comprenant cinq pièces, des murs arrondis, des angles, des emplacements pour les portes et fenêtres. Le gros œuvre devrait être bouclé en trois jours à l’aide d’une impression 3D par synthèse additive, fruit d’une technologie élaborée par les chercheurs de l’IRCCyN (Institut de recherche en communications et cybernétique de Nantes) et les ingénieurs de la société Capacité SAS, filiale privée de l’Université de Nantes qui, il y a deux ans, s’étaient fait la main sur de l’habitat d’urgence de quelques mètres carrés. Une conception assez sommaire.

Piqué au vif par les projets concurrents qui commencent à éclore en Russie ou en Chine, Bruno Furet, porteur de cette première française, a voulu voir plus loin.
Un partenariat étendu

Autour d’une technologie baptisée Batiprint 3D et brevetée par l’Université de Nantes, le projet Yhnova de logement social associe cette fois le savoir-faire de deux laboratoires nantais : le LS2N, spécialisé dans la robotique et le GeM dans les matériaux. Pour mener à bien le projet, un consortium réunit des partenaires scientifiques, industriels, publics et des acteurs du monde socio-économique parmi lesquels  ont embarqué l’Université de Nantes, Nantes Métropole Habitat, la Caisse des Dépôts et consignation, le CNRS, l’École Centrale, Le CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment) la société d’accélération et de transfert de technologiques Ouest Valorisation, Bouygues, Lafarge Holcim… ou Covestro, l’un des plus gros producteurs de polymères au monde.
Des robots à la place des maçons

Ici, pas de maçon, mais des robots, capables d’élever des murs de 7 mètres de haut. La construction repose à la fois sur du polyuréthane étendu par couches successives. La tête des robots est guidée par un capteur laser qui suit d’une maquette numérique de l’habitat. Une technologie brevetée sous le nom de Batiprint 3D. La mousse forme une sorte de coffrage, à l’intérieur duquel est coulé du béton. Une fois l’élévation des murs achevée, la mousse reste en place de manière à obtenir une isolation de l’habitat sans pont thermique.

« Ce procédé va permettre de réduire les temps de construction et la pénibilité du travail des maçons. Ils ne poseront plus des parpaings, ils piloteront des robots », esquisse Benoit Furet, enseignant à l’Université de Nantes, chercheur au LS2N et pilote du projet Batiprint3D. « Surtout, la construction est entièrement certifiée. C’est préférable quand on veut y loger des personnes !», assure-t-il. C’est notamment ce qui nous différencie des projets chinois ou russe ».

Tout récemment, la startup Apis Cor et la société russe PIK annonçaient pouvoir construire une maison de 38 mètres carrés pour environ 10.000 dollars en moins de 24 heures. « Ça fait combien au mètre carré ? » s’interroge dans une moue dubitative, Bruno Westeel, responsable marketing de Ouest Valorisation, engagé sur le projet nantais.
En cours de valorisation

Selon Bruno Furet, le projet aurait bénéficié d’un budget de 130.000 euros, apportés par Nantes Métropole. Le logement serait lui commercialisé au prix du marché.

« On nous a demandé de le faire aux conditions de construction d’un logement social. L’intérêt réside plutôt dans l’accélération des processus de construction et dans la diminution de la pénibilité », dit-il.

Pour Ouest Valorisation, qui a contribué au dépôt de brevets, il s’agit maintenant de bâtir une stratégie ambitieuse valorisation du procédé industriel. À en croire le nombre d’acteurs entré dans le consortium, certains ont bien perçu le potentiel tangible de ses technologies à forte valeur ajoutée et des compétences qui pourraient en découler. Ouest Valorisation réfléchit aujourd’hui au meilleur moyen de pérenniser cette innovation. Sous la forme d’une société propriétaire de la techno, d’une licence d’exploitation ?

« Bien trop tôt pour en parler », suggère le professionnel du transfert de technologie.  En attendant une industrialisation du procédé permettant par exemple la construction d’un lotissement, le projet Yhnova s’est d’ores et déjà trouvé un assureur, avec SMA BTP. Le logement, après une période comme pavillon témoin, devrait être affecté à un locataire bénéficiaire du l’habitat social.

Un City Lab expérimental pour expérimenter

Cette initiative est l’un des trois projets retenus par Nantes Métropole pour lancer son Citylab.

« Un projet collaboratif et collectif conçu pour répondre aux enjeux sociétaux qui sont devant nous », affirme Johanna Rolland, Présidente de Nantes Métropole.

Elle a choisi de mettre 750.000 euros sur la table pour faire de l’agglomération un terrain de jeu pour les inventeurs, les chercheurs, les citoyens, les associations, les startups, les PME, les grands groupes, les écoles… désireux de tester un projet urbain innovant, sur la voirie, les bâtiments, les espaces publics, le mobilier urbain, etc.

Ce test va durer un an, au cours duquel la première expérimentation auscultée sera celle du City Lab, lui-même, déjà labellisé « démonstrateur » par la Caisse des Dépôts.

rancky Trichet, adjoint au numérique de la ville de Nantes, Johanna Rolland, présidente de Nantes Métropole, et Olivier Laboux, président de l’Université de Nantes. (Photo : F. Thual)
Pas garanti à 100%

« La gouvernance sera ouverte », promet Johanna Rolland.

Chaque projet, sélectionné au regard de sa contribution et de sa pertinence en faveur des transitions numérique, écologique, énergétique, de l’apport pour la vocation de smart city. Il pourra bénéficier d’un lieu, d’une ingénierie de projet, d’un accompagnement, voire de financement… Le City Lab veut amener un autre regard sur l’innovation et la ville de demain.

« Je crois à cette coopération, à ces regards croisés, à la diversité des acteurs, mais il est vrai que l’on va apprendre en marchant. Ce n’est donc pas du 100% garanti ! », explique la Présidente de Nantes Métropole, qui injecte du mode startup dans la collectivité.

« Pas 100% garanti, mais 100% périmètre métropolitain. Il n’y aura pas un lieu, mais mille. On va insuffler l’esprit disruptif cher aux startups. Et accélérer l’innovation ouverte centrée sur les usages », précise Francky Trichet, adjoint au numérique à la ville de Nantes.

Deux autres projets ont ainsi été retenus. L’un, porté par Enedis dans le cadre du programme My Smart Life, baptisé DataLab, vise à croiser les données énergies publiques et privées sur la consommation énergétique des bâtiments pour accélérer la création de nouveaux services aux usagers. L’autre, présenté par le bureau d’études Caméon, spécialiste des systèmes électroniques embarqués soutenue par Bpifrance, entend réutiliser les réseaux de radios FM analogiques pour piloter à distance l’allumage ou l’extinction de l’éclairage public. Ou comment éteindre la lumière de la rue en coupant la radio.

Source : http://www.latribune.fr

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