Publié par : La société solidaire et durable | mars 8, 2018

Plus facile que la permaculture, voici la « phénoculture » !


Chers lecteurs,

Cultiver un potager sans pesticide, sans engrais et sans effort physique ou presque serait à la portée de tous, selon Didier Helmstetter, agronome malicieux qui publie « Le Potager du Paresseux » (Tana Editions). Sa recette : « la phénoculture ».

Descendant de paysans, Didier Helmstetter est un ingénieur agronome qui a longtemps cultivé un potager de façon assez traditionnelle, jusqu’à ce qu’ « un coup de pouce du destin », dit-il avec beaucoup de second degré, l’oblige à changer de cap. À l’approche de la retraite, l’Alsacien est victime d’un infarctus. Dès lors, il se fixe un défi : »travailler moins pour ramasser plus » . Une aventure qu’il partageait déjà sur YouTube, allongé crânement dans son transat, et qu’il prolonge dans un livre plein d’humour et de sagesse, Le Potager du Paresseux (Tana Editions), en librairie ce 8 février.

Sa méthode ? « Adieu binette et grelinette ». Au lieu de travailler la terre, de l’ameublir, de la retourner, Didier Helmstetter propose tout simplement… de la couvrir, avec du foin. Une vingtaine de centimètres d’épaisseur à dérouler sur le sol, en ouvrant un sillon pour planter, voilà la clé de ce qu’il baptise ironiquement la « phénoculture ».

Le foin pour nourrir et protéger la terre

La méthode, certes, n’est pas tout à fait nouvelle. Le couvert et le repos des sols, pour ne pas perturber leur écosystème, est notamment encouragé par la permaculture. Toutefois, l’agronome ne s’en réclame pas. « La permaculture est très intéressante, mais c’est une philosophie de vie globale d’harmonie avec la nature, un peu complexe et souvent dévoyée. »  Lui ne promet pas de « changer le monde », même si son expérience se révèle écolo. Pragmatique, Didier Helmstetter prétend juste « alléger » le travail des jardiniers qui souhaitent ou doivent comme lui ménager leurs efforts. Ici, pas de buttes en bois ou de carrés surélevés à construire « petites unités de travail qui ont une faible rentabilité ».

Pas de compost non plus. Juste du foin, donc.

C’est d’ailleurs là, surtout, l’originalité de sa méthode. D’après les expériences de l’agronome, le foin serait bien plus intéressant que la paille, sans parler du plastique pour couvrir les sols. Il nourrirait généreusement la terre et stimulerait ses vers de terre. Il stopperait la croissance des mauvaises herbes en les privant de lumière. Enfin, il protègerait le sol des grosses chaleurs et de la pluie, tout en conservant ses réserves en eau…

« Symphonie du vivant »

Grâce à ce super allié, la fertilisation, le désherbage et même l’arrosage serait donc presque inutile. « Attention, tout dépend des terroirs, à prendre en compte. Dans le midi, il faudra peut-être arroser plus que dans le nord », précise le maraîcher. Il n’exclut pas non plus quelques difficultés, apparition de rats taupiers ou persistance de mauvaises herbes, surtout dans un premier temps. N’imaginez pas, en effet, convertir du jour au lendemain un potager traditionnel « désert biologique matraqué par le bêchage » en potager de paresseux.

Ce qui laissera le temps de parcourir cet ouvrage. Plus qu’un précis de jardinage, un livre sur la « symphonie du vivant »,  où l’on cause de manière accessible d’organismes autotrophes, de moisissures et de vers de terre. Un essai garanti sans pesticide, mais non sans matière grise.

Source : https://www.wedemain.fr

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