Publié par : La société solidaire et durable | octobre 7, 2018

«Notre survie dépend des vers de terre» !


Chers lecteurs,

Dans son Éloge du ver de terre, Christophe Gatineau alerte sur la disparition des lombrics et les conséquences dramatiques de ce phénomène. L’agronome passionné tente de réhabiliter cet invertébré «intelligent et sensible» et milite pour que cet animal soit reconnu et protégé par la loi.

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«La disparition des vers de terre est un phénomène aussi inquiétant que la fonte des glaces», affirmait récemment Hubert Reeves. Dans la droite lignée de l’astrophysicien, Christophe Gatineau alerte sur les conséquences dramatiques de la disparition de cet animal. Dans son livre Éloge du ver de terre (aux éditions Flammarion), l’agronome qui dialogue avec un ver de terre tout au long de son ouvrage défend le premier ouvrier des champs. Il milite pour que cet animal soit reconnu et protégé car «notre futur dépend de son avenir».

Comment avez-vous pris conscience de la nécessité de protéger le ver de terre?

Je suis fils de paysan, agronome de formation et habitué à observer les évolutions de la nature. Un jour j’examinais un ver de terre, un lombric, en train de brouter de l’herbe. Il en avait un morceau dans la bouche, j’ai voulu lui retirer et il y a opposé de la résistance. J’ai été fasciné par cette réaction et j’ai compris que cet animal était sensible. Ça a changé ma perception du ver de terre et mon rapport au sol. Puis, je me suis rapidement rendu compte qu’on en trouvait de moins en moins.

Vous citez l’INRA qui constate que 80% des vers de terre ont disparu des sols cultivés en France. Pourquoi s’en inquiéter?

Les vers de terre nourrissent le sol qui nourrit les plantes qui nourrissent les êtres vivants, les animaux et les hommes. C’est donc simple: notre survie dépend des vers de terre.

Mais notre modèle agricole a brisé ce cycle. L’agriculture pratiquée depuis 50 ans a décidé de ne plus collaborer avec la nature. Les pesticides et les labourages tuent les vers de terre. L’INRA constate que 25% des sols sont victimes d’érosion, qui est la conséquence de la disparition du vivant et du ver de terre.

Tant que le ver de terre ne sera pas reconnu, il sera impossible de le protéger.

Vous dites «en France 200 espèces d’insectes sont protégés par la loi sauf le bourdon, l’abeille, le ver de terre…». Serait-ce une solution de le protéger?

Oui, il n’est d’ailleurs même pas considéré comme un animal et puis comment aider ce qui n’existe pas?! Par ailleurs, reconnaître le ver de terre reviendrait à reconsidérer notre modèle agricole et revoir toute notre façon de faire de l’agriculture.

Un ver de terre est un marqueur de la vie du sol et de sa bonne santé. Un sol riche en matière organique, et donc fertile, est habité par les vers de terre. A l’inverse, un sol mineral est déserté par les vers de terre car ils y meurt de faim. Pour éviter cette situation, auparavant, les paysans nourrissaient leurs sols: ils cultivaient des bandes fleuries et privilégiaient la diversité végétale pour favoriser les pollinisateurs et nourrir les sols et la vie animale qui s’y niche.

Est-ce déjà trop tard pour agir?

Au stade de l’effondrement de la biodiversité que nous connaissons, il faut agir vite. Il faut que l’agriculture coopère avec la nature et la biodiversité. Il est important de nourrir les sols. Le lombric terrestre vit 8 ans en moyenne et donne naissance à une dizaine d’individus tout au long de sa vie… ce qui est peu.

Vous décrivez le ver de terre comme un animal sensible et intelligent. Ne peut-il pas trouver seul la solution à sa survie?

Darwin a été le premier à démontrer que le ver de terre est un être sensible! Il était fasciné par les vers de terre qu’il a qualifié d’être intelligent un grand nombre de fois. Il a par exemple démontré qu’il est en capacité de s’adapter à de nouvelles conditions de vie.

Mais il doit avoir le ventre plein avant de pouvoir imaginer les conditions de sa survie. Or aujourd’hui il meurt de faim. Il tente de manger de la terre mais ce n’est pas son alimentation. Il manque de matière organique due à l’abandon de la fertilisation organique et le recours à la chimie qui déciment les sols vivants et nos alliés des campagne.

Avez-vous d’autres projets pour sauver cet animal indispensable à notre survie…comme une ferme de vers de terre?

Nous ne pouvons pas les élever donc impossible de créer des fermes de vers de terre!

En revanche, je suis soutenu par le ministère de la transition écologique pour sensibiliser les jeunes agriculteurs pour qu’ils coopèrent avec les vers de terre. Nous avons réédité un livre de Darwin qui est la référence en la matière. L’idée est aussi de leur montrer que c’est plus rentable, d’un point de vue économique, de préserver cet animal.

Vous avez écrit à François Hollande, Emmanuel Macron et leurs ministres pour leur demander de protéger cet animal. Vous ont-ils répondu?

Non, j’attends toujours !

Source : Le Figaro

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