Publié par : La société solidaire et durable | janvier 20, 2019

Grand débat : le discours puissant d’une maire face à Emmanuel Macron !


Chers lecteurs,

Pour favoriser la transition écologique dans nos campagnes, cette élue fait quelques propositions simples et très concrètes au Président de la République.

S’il est beaucoup trop tôt pour juger de l’efficacité du fameux « grand débat » (tout dépendra de ce qui en sera fait, in fine), force est de reconnaître que cette initiative fait enfin émerger des considérations et des réflexions indispensables à la préparation de l’avenir. Démonstration avec cette intervention à la fois simple et puissante d’une maire d’un petit village normand face à 600 de ses collègues et au Président de la République. Du bon sens, rien que du bon sens.

Claire Carrère-Godebout est la maire de Garveron-Semerville, 299 habitants dans l’Eure. Lors du premier débat qui s’est tenu à Grand-Bourgtheroulde ce mardi 15 janvier 2018, elle a profité de l’occasion pour dire tout haut ce que ses administrés pensent très fort.

Oui, ils sont favorables à une transition écologique. Oui, ils veulent une transition énergétique. Mais comment peuvent-ils nourrir leurs ambitions alors que les gares rurales ferment les unes après les autres, que le travail est loin, que les voitures propres coûtent si chères, que le prix du bio reste dissuasif, que le surremballage est partout, que les champs qui les entourent sont gavés de pesticides… ? Tous ces freins, l’élue les a cités un à un et, mieux, a fait des propositions très concrètes au Président de la République pour les effacer.

Regardez, c’est limpide !

« Pourquoi ne pas baisser la TVA sur les produits bio afin que tout le monde puisse en profiter ? »

Pourquoi ne pas annuler la TVA sur les produits alimentaires de première nécessité et plus taxer les produits de luxe ?

Pourquoi ne pas accélérer la recherche sur d’autres énergies ? Par exemple l’hydrogène ou l’air comprimé pour les voitures, le développement de l’hydraulique, et de la méthanisation et, par conséquent, arrêter de céder au lobby pétrolier ?

Pourquoi ne pas imposer aux propriétaires bailleurs de ne pouvoir mettre en location que des logements correctement isolés ?

Pourquoi ne pas imposer aux industriels de systématiquement limiter les emballages ?

Pourquoi ne pas interdire définitivement les pesticides qui, en plus, coûtent chers aux paysans, favoriser l’agriculture bio et mieux rémunérer les paysans pour leur permettre de gagner leur vie grâce à leur travail et non pas dépendre des subventions ? »

S’il faut ce genre de débat pour que des propositions aussi concrètes (bien que pas nouvelles) soient enfin mises en œuvre, alors oui, l’initiative aura servi à quelque chose. Encore une fois, tout dépendra de ce qui sera fait de tout ça mais, déjà, et quoi qu’il en soit, bravo à Claire Carrère-Godebout d’avoir aussi clairement exprimé la réalité vécue par des millions de Français des zones rurales.

Source : Positivr.fr / Axel Leclercq

Publié par : La société solidaire et durable | janvier 20, 2019

Sun-E : un vélo électrique solaire inventé par une startup française !


Chers lecteurs,

Grâce à des capteurs photovoltaïques nichés dans son cadre et sa roue avant, cette bicyclette recharge sa batterie automatiquement.

Selon ces créateurs, le Sun-E serait une première mondiale. Particularité de ce vélo électrique ? Il se recharge grâce à l’énergie solaire ! Gros plan sur une invention prometteuse… et made in France.

Source : Sun-E

Mis au point par Rool’in, une startup installée à Montrouge (Hauts-de-Seine), le Sun-E est équipé de cellules photovoltaïques intégrées dans le cadre et la roue avant. Ainsi, cette bicyclette électrique d’un genre nouveau se recharge automatiquement, que ce soit à l’arrêt ou en mouvement.

Selon la météo, le soleil permet à ce vélo de parcourir entre 15 et 40km par jour. Idéal pour les trajets du quotidien, donc. Et pour tous les autres jours où ça ne serait pas suffisant, qu’on se rassure : la batterie du Sun-E (qui peut tenir 51km) se recharge également sur secteur !

Cette nouveauté devrait être commercialisé en 2020 mais, dès cette année, elle sera testée par des agents de la ville de Montrouge et par une filiale de La Poste.

Les concepteurs de Sun-E envisagent déjà l’étape suivante : sur le même principe, des scooters solaires.

Source : Positiver.fr

Publié par : La société solidaire et durable | janvier 20, 2019

Brésil : une église utilise les dîmes pour construire des maisons pour les sans-abri !


Chers lecteurs,

Fábio Mendonza, pasteur de l’église des Assemblées de Dieu de Lagoinha à Araruama (RJ), est également sergent de la police militaire et participe en tant qu’assistant à la construction.

Un pasteur évangélique a décidé d'utiliser l'argent de la dîme pour construire des maisons pour les membres d'église qui n'ont nulle part où vivre.
Un pasteur évangélique a décidé d’utiliser l’argent de la dîme pour construire des maisons pour les membres d’église qui n’ont nulle part où vivre.


Trois maçons sont également impliqués dans ce projet, travaillant bénévolement le week-end, pour offrir aux membres les plus nécessiteux de l’église une maison où habiter. Jusqu’à présent, quatre maisons ont été construites.

Brésil : une église utilise les dîmes pour construire des maisons pour les sans-abri

Deux de ces maisons seront livrées à deux dames qui dorment dans une église, car elles n’ont pas d’endroit où vivre. « Ils m’ont aidé au moment où j’avais le plus besoin d’aide. Aujourd’hui, j’ai la sécurité d’une maison », a déclaré Andréa Silva Rocha, l’une des bénéficiaires du projet.

Brésil : une église utilise les dîmes pour construire des maisons pour les sans-abri

Malgré tous les efforts, le pasteur dit avoir reçu beaucoup de critiques de la part d’autres pasteurs. « Certains pasteurs me demandent si cela ne représente pas beaucoup de travail pour moi. Si Dieu pensait au travail que l’homme lui donne, eu égard à la désobéissance de ses principes, il n’aurait pas créé le monde », a déclaré le pasteur.

Le pasteur Mendonza a envoyé un message disant: « Les églises doivent prêter plus d’attention aux besoins des personnes », at-il ajouté. « Il y a des églises où la plupart des membres n’ont pas de besoins financiers, mais il y a toujours des personnes qui ont besoin d’une aide spirituelle et ceux qui ont besoin d’aide matérielle « .

source : https://www.acontecercristiano.net/2014/01/iglesia-utiliza-diezmos-para-construir.html

Publié par : La société solidaire et durable | janvier 5, 2019

Bonne année 2019 !


Chers lecteurs,

La société solidaire et durable vous souhaites une bonne et heureuse année 2019 ! Que Dieu vous bénisse et vous protège !

Publié par : La société solidaire et durable | décembre 28, 2018

Régénération le film !


Chers lecteurs,

En pleine « vague » du bien-être, de l’alimentation-santé et de la dé-consommation, le nouveau film d’Alex Ferrini interroge notre relation à la nature, à nos pensées, à ce qui nous entoure, à nos intentions et à notre bienveillance envers nous-mêmes. C’est un film apaisant, libérateur. Il nous distancie de la peur d’être différents. Il nous réconcilie avec nos capacités d’amour et d’auto-guérison.

Et si nous avions oublié qui nous étions et de quoi notre corps est capable ?
Et si nous le voyions comme étant parfait, digne de confiance ?
« Régénération » propose des éléments de réponse à travers des témoignages de personnes ayant vécu une régénération physique et psychique. Elles nous livrent leur point de vue sur leur changement de cadre et de philosophie de vie, sur leur relation à la spiritualité, à la nature, à l’alimentation et à la santé. Des scientifiques et des experts apportent leur éclairage sur ce phénomène encore méconnu.

Source : http://regeneration-lefilm.com

Publié par : La société solidaire et durable | novembre 19, 2018

DIY : 4 recettes naturelles anti-rhume !


Chers lecteurs,

Un petit coup de froid ? Votre grand-mère ne répond pas ? Retrouvez 4 recettes, tirées de l’ouvrage « Remèdes anciens », pour soulager votre rhume.

L’été est bel et bien fini ! L’humidité est de retour, le froid est de plus en plus présent… Et si vous ne vous êtes pas assez couvert, vous avez peut-être déjà attrapé froid ! C’est le premier rhume de la saison, et peut-être pas le dernier…

Si vous voulez éviter de prendre trop de médicaments chimiques, vous pouvez opter pour des remèdes naturels à base de plantes. Voici quatre recettes DIY pour vous soulager en cas de rhume. Recettes tirées du livre « Remèdes anciens », aux éditions Terre vivante.

Une gomme à sucer

Les célèbres pastilles Valda ont été créées à Paris en 1900 par un pharmacien. (Crédit : Ville de Paris / Bibl. Forney / Roger-Viollet)Ce bonbon « façon Valda » adoucira votre gorge tout en dégageant le nez.

Ingrédients

150 g de sucre en poudre
1 citron
3 c. à soupe de sirop de menthe
6 feuilles de gélatine
3 gouttes d’HE de menthe poivrée
3 gouttes d’HE de eucalyptus radié
3 gouttes d’HE de thym à thymol
2 gouttes d’HE de bois de gaïac
2 gouttes d’HE de pin des Landes

Préparation

Mélangez le sucre en poudre au jus de citron et au sirop de menthe dans une casserole et faites chauffer à feu vif jusqu’à ébullition. Hors du feu, ajoutez les feuilles de gélatine préalablement trempées dans un bol d’eau et essorées (prendre de la gélatine à base d’algues). Sans cesser de mélanger, ajoutez les huiles essentielles. Versez le mélange dans des moules en silicone, type bac à glaçons, et laissez plusieurs heures au frais. Démoulez, puis détaillez en petits cubes avant d’enrober de sucre cristallisé. À sucer, jusqu’à quinze par jour pour un adulte.

Décoction à respirer

Le thym et le citron seront vos meilleurs alliés pendant l'hiver ! (Crédit : Shutterstock / DR)

Pour les personnes trop sensibles aux huiles essentielles, il est possible d’inhaler une décoction de thym. Elle présente une bonne efficacité, surtout si le rhume se transforme en sinusite.

Ingrédients

1 c. à café de thym (sec ou frais)
1/2 citron

Préparation

Faites chauffer le thym dans un bol d’eau froide. Après les premiers frémissements, laissez bouillir 10 minutes. Ajoutez à cette décoction le jus du demi-citron. Inhalez-en les vapeurs sous une serviette pendant 10 minutes.

Sirop expectorant

Le droséra est une plante carnivore, qui dévore près de 2 millions d'insectes en une saison ! (Crédit : Shutterstock / DR)

Plutôt que l’aconit et la belladone, dont l’utilisation est délicate vu leur toxicité, on aura recours au thym et au plantain, tous deux expectorants et antiseptiques des voies respiratoires. Le miel adoucit la gorge, tandis que le jus de citron traite l’inflammation tout en fournissant de la vitamine C aux propriétés anti-infectieuses.

Ingrédients

2 c. à soupe de droséra séché
1 poignée de thym frais (ou 1 c. à soupe de thym séché)
2 c. à soupe de feuilles de plantain séché
le jus d’1 citron
2 c. à café de zeste de citron bio
250 ml de miel d’acacia
40 g de sucre de canne complet

Préparation

Faites frémir le jus de citron et le zeste dans 200 ml d’eau, puis retirez du feu et laissez infuser le zeste. Parallèlement, faites infuser les plantes dans 300 ml d’eau frémissante pendant 10 minutes avant d’ajouter le jus du citron (après avoir retiré le zeste), le miel, le sucre, et laissez réduire jusqu’à obtention d’un liquide sirupeux. Laissez refroidir avant de transvaser la préparation dans une bouteille en verre stérilisée et hermétique. Buvez une cuiller à soupe matin et soir. Se conserve au frais 3 à 4 mois.

Un baume décongestionnant à l’eucalyptus

Ce baume est à appliquer sur la poitrine plusieurs fois par jour. (Crédit : Shutterstock / DR)

Les huiles essentielles de ce baume possèdent des vertus décongestionnantes du nez et des voies respiratoires. Elles sont également toutes recommandées pour leur puissante action antivirale.

Ingrédients 

5 g de cire d’abeille
5 g de beurre de cacao
10 g d’huile végétale d’amande douce
2 gouttes d’HE d’eucalyptus radié
2 gouttes d’HE de ravintsara
1 goutte d’HE de laurier noble
1 goutte d’HE de niaouli

Préparation

Faites fondre doucement au bain-marie la cire d’abeille, le beurre de cacao et l’huile végétale d’amande douce. Quand le mélange est complètement fondu, attendez qu’il refroidisse un peu et ajoutez avant qu’il soit figé les huiles essentielles. Appliquez sur la poitrine plusieurs fois par jour.

Il est toujours préférable d’aller voir un médecin qui vous dira quel traitement adopter. Si les plantes vous intéressent, découvrez 50 recettes de remèdes issus de plantes, des anecdotes ou encore des planches botaniques dans l’ouvrage « Remèdes anciens, Fabuleuses histoires de plantes et secrets de fabrication ».

DIY : 4 recettes naturelles anti-rhume

Ouvrage collectif en partenariat avec Plantes & santé, aux éditions Terre vivante. 29 euros.

Source : We Demain

Publié par : La société solidaire et durable | novembre 12, 2018

LONGTIME : un label contre l’obsolescence programmée !


Chers lecteurs,

Un logo tout simple permettra bientôt de reconnaître les produits conçus pour durer et, donc, pour respecter botre planète et notre porte-monnaie.

Combien de temps va durer le produit qu’on me propose d’acheter ? Par souci écologique, et parce qu’ils en ont assez d’être pris pour des vaches à lait, 92% des consommateurs aimeraient enfin connaître la réponse à cette question avant d’allonger la monnaie. Du coup, en écho à cette nouvelle exigence, une entreprise toulousaine a eu une idée de génie : créer le premier label européen contre l’obsolescence programmée. Une initiative prometteuse qui vaut bien quelques explications.

Source : Ethikis

Cette entreprise, spécialiste des questions environnementales, c’est Ethikis. Et, ce label, c’est LONGTIME®. Ses Objectifs ?

« Influer sur la préservation des ressources planétaires. Mettre en valeur les produits
qui utilisent efficacement ces ressources et permettre ainsi une diminution des déchets prématurés. Réparabilité, solidité et accès aux pièces détachées sont des caractéristiques écologiques majeures. Il ne s’agit pas de chercher des produits « immortels » mais bien de lutter contre la durée de vie trop courte de certains produits pour réduire la sur-consommation et sortir du tout jetable et du gaspillage. »

Pour atteindre ces objectifs et donner une information fiable aux consommateurs, le label prend en compte 40 critères axés sur trois thématiques : conception robuste, réparabilité et garanties / service après vente.

Il s’applique sur toutes sortes de produits très divers : électroménager, électronique, ameublement, matériel de loisirs, matériel professionnel, smartphone, perceuse, trottinette…

Source : Ethikis

Pour obtenir ce label, la marque doit faire appel à Ethikis qui mandate ensuite un cabinet d’audit indépendant chargé de vérifier si le produit respecte le cahier des charges. Si la réponse est positive, l’entreprise peut utiliser le logo LONGTIME® et, dans le cas contraire, elle peut bénéficier d’un accompagnement.

Pour l’heure, Ethikis est en train de lever des fonds pour finaliser son projet. Déploiement prévu en 2019.

Sûr que les consommateurs sauront faire bon usage de ce label. Une initiative idéale pour encourager tous les fabricants à (re)commencer à produire des produits qui durent et qui ne surexploitent pas notre planète et notre porte-monnaie !

Source : https://positivr.frAxel Leclercq

Publié par : La société solidaire et durable | novembre 12, 2018

Eric Sadin : l’asservissement par l’Intelligence Artificielle ?


Chers lecteurs,

Voici un interview d’Eric Sadin sur l’asservissement par l’Intelligence Artificielle réalisé par Thinkerview.

Mais qui est Eric Sadin ?

Nationalité : France
Né(e) : 1973

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Biographie :

Éric Sadin est un écrivain et philosophe français critique. Il alterne la rédaction de textes littéraires et théoriques. Il a fondé la revue écartS (1999-2003), dédiée aux pratiques artistiques et aux nouvelles technologies, à travers des travaux de création, des articles théoriques, des entretiens.

Éric Sadin est intervenant régulier à Sciences Po Paris, et intervient dans de nombreuses universités et centres de recherches en Europe, en Amérique du Nord et en Asie.

Il a été professeur à l’école supérieure d’art de Toulon, et visiting professor à L’ECAL de Lausanne et à l’université d’art IAMAS (Japon).

Il a publié plusieurs ouvrages, notamment une trilogie explorant l’état contemporain de nos rapports aux technologies numériques. En 2016, il publie un essai : « La Silicolonisation du monde – L’irrésistible expansion du libéralisme numérique ».

Il est le lauréat 2002 de la Villa Kujoyama (Kyoto, Japon) et reçoit le Prix Pompidou Flash Festival 2004 pour Tokyo_reengineering, extension multimédia de Tokyo.

En 2018, il publie un essai : l’intelligence artificielle ou l’enjeu du siècle : anatomie d’un antihumanisme radical.

Mais qu’est ce que l’Intelligence Artificielle ?

L’intelligence artificielle (IA) est « l’ensemble des théories et des techniques mises en œuvre en vue de réaliser des machines capables de simuler l’intelligence ». Elle correspond donc à un ensemble de concepts et de technologies plus qu’à une discipline autonome constituée. D’autres, remarquant la définition peu précise de l’IA, notamment la CNIL, la définissent comme « le grand mythe de notre temps ».

Souvent classée dans le groupe des sciences cognitives, elle fait appel à la neurobiologie computationnelle (particulièrement aux réseaux neuronaux), à la logique mathématique (sous-discipline des mathématiques et de la philosophie) et à l’informatique. Elle recherche des méthodes de résolution de problèmes à forte complexité logique ou algorithmique. Par extension elle désigne, dans le langage courant, les dispositifs imitant ou remplaçant l’homme dans certaines mises en œuvre de ses fonctions cognitives.

Ses finalités et son développement suscitent, depuis toujours, de nombreuses interprétations, fantasmes ou inquiétudes s’exprimant tant dans les récits ou films de science-fiction que dans les essais philosophiques.

Et voici la vidéo : L’asservissement par l’Intelligence Artificielle de Eric Sadin ?

Source : Thinkerview / Wikipedia / Livre d’Eric Sadin


Chers lecteurs,

Voici la troisième et dernière partie du texte, ci-dessous, sur les fondements de la doctrine sociale de l’église qui a été écris par Dominique Greiner, assomptionniste et rédacteur en chef religieux au quotidien La Croix, pour la formation organisés en juillet 2018 par la Commission pour le clergé et les séminaristes de la Conférence des évêques du Vietnam, avec le soutien des Missions étrangères de Paris et d’enseignants du Theologicum de l’Institut catholique de Paris.

3. L’homme et les autres créatures : une fraternité oubliée

Je fais un saut de plus cinquante ans dans le temps, pour arriver à la période contemporaine. Je veux m’intéresser à l’encyclique  Laudato si’, publiée en 2015, quelques mois avant la conférence de Paris sur le climat. Très attendu, ce texte reçoit aussitôt reçoit un écho très favorable, bien au-delà de la sphère catholique. Ce n’est pourtant pas la première fois que le magistère catholique aborde la question écologique. Jean-Paul II et Benoît XVI se sont exprimés sur le sujet en diverses occasions. Mais c’est la première fois qu’un texte de ce niveau magistériel est entièrement consacré à ce thème. Surtout, le pape François articule d’une manière inédite la question écologique et la question sociale. Il affirme clairement qu’il n’y a pas deux crises séparées, une crise sociale d’un côté, et une crise environnementale de l’autre, mais une seule crise qualifiée de socio-environnementale (cf. LS 139). En effet, pour le pape, « tout est lié ». Du même coup, le concept de fraternité connaît une extension inouïe, pour embraser toutes les créatures.

 3.1. Une solidarité foncière à la terre et à tout ce qu’elle contient

« Tout est lié. » Ce leitmotiv qui traverse l’encyclique renvoie à une vision du monde fondée sur une approche relationnelle entre Dieu, l’homme et son environnement. La mention de la Terre apparaît dès le premier paragraphe de l’encyclique, dans la citation du Cantique des créatures de Saint François. Mais la louange pour « sœur notre mère la terre » est aussitôt interrompue par un constat dramatique : « cette sœur crie en raison des dégâts que nous lui causons par l’utilisation irresponsable et par l’abus des biens que Dieu a déposés en elle. (…) Parmi les pauvres les plus abandonnés et maltraités, se trouve notre terre opprimée et dévastée qui ‘gémit en travail d’enfantement’ (Rm 8, 22) » (LS 2).

En présentant la terre comme un sujet qui souffre – un thème issu des théologies de la libération -, le pape François fait prendre conscience que la situation de notre planète est la conséquence d’un paradigme culturel dominé par l’économie et la technique qui ferme les yeux sur les dégâts qu’il occasionne. Cela signifie aussi que nous ne sortirons pas de la crise sans un changement de paradigme, sans l’instauration d’un nouveau rapport avec la terre. Pour le pape François, la tradition judéo-chrétienne, qui est dépositaire d’un « trésor de sagesse », peut y contribuer à condition de la revisiter à nouveaux frais, puisque nous y avons été infidèles. Parcourant à grandes enjambées les Écritures, il illustre combien cette relation entre l’homme et sa terre est constitutive de l’histoire du salut, mais aussi qu’elle est aussi très fragile.

 « Nous oublions que nous-mêmes, nous sommes poussière (cf. Gn 2, 7). Notre propre corps est constitué d’éléments de la planète, son air nous donne le souffle et son eau nous vivifie comme elle nous restaure », écrit le pape François au tout début de son encyclique (LS 2). Habitants de la Terre, nous sommes aussi faits du même matériau qu’elle et nous vivons des ressources qu’elle nous offre. Nous sommes constitutivement liés à la nature : « Cela nous empêche de concevoir la nature comme séparée de nous ou comme un simple cadre de notre vie. Nous sommes inclus en elle, nous en sommes une partie, et nous sommes enchevêtrés avec elle » (LS 139).

Pour le pape, ce lien avec la nature est inscrit au cœur de la législation biblique qui propose à l’homme des normes pour ses relations avec ses semblables, mais aussi avec les autres êtres vivants (cf. LS 68), et avec la terre : « Le développement de cette législation a cherché à assurer l’équilibre et l’équité dans les relations de l’être humain avec ses semblables et avec la terre où il vivait et tra­vaillait. Mais en même temps c’était une recon­naissance que le don de la terre, avec ses fruits, appartient à tout le peuple. Ceux qui cultivaient et gardaient le territoire devaient en partager les fruits, spécialement avec les pauvres, les veuves, les orphelins et les étrangers » (LS 71). C’est pour cette raison, affirme encore le pape, que l’Écriture dénie « toute prétention de propriété absolue » (LS 67). Quand l’homme se comporte en propriétaire absolu de la terre, c’est non seulement la planète qui est en danger mais aussi les pauvres et les générations futures. « La terre est un héritage commun, dont les fruits doivent bénéficier à tous » (LS 93), y compris pour ceux qui viendront après nous : « Chaque communauté peut prélever de la bonté de la terre ce qui lui est nécessaire pour survivre, mais elle a aussi le devoir de la sauvegarder et de garantir la continuité de sa fertilité pour les générations futures » (LS 67).

La lecture du Nouveau testament permet d’approfondir cette relation à la terre. « Pour la compréhension chrétienne de la réa­lité, le destin de toute la création passe par le mys­tère du Christ, qui est présent depuis l’origine de toutes choses : « Tout est créé par lui et pour lui » (Col 1, 16) » (LS 99).

La terre voit sa dignité renouvelée quand le Fils, « par qui tout a été créé, s’est uni à cette terre quand il a été formé dans le sein de Marie ». Dieu est fondamentalement solidaire de la terre : « une personne de la Trinité s’est insérée dans le cosmos créé, en y liant son sort jusqu’à la croix » (LS 99). Avec l’Incarnation du Fils, ce n’est pas seulement la chair de l’homme qui se trouve revêtue d’une nouvelle dignité, mais la terre elle-même et tout ce qu’elle contient. Ceci transparaît dans la sorte de relation que Jésus entretient avec le monde créé. Il vivait en harmonie avec la Création : par le travail de ses mains, il était au contact direct quotidien avec la ma­tière créée par Dieu ; il commandait à la mer et aux vents… « Le Seigneur pouvait inviter les autres à être attentifs à la beauté qu’il y a dans le monde, parce qu’il était lui-même en contact permanent avec la nature et y prêtait une attention pleine d’affection et de stupéfaction » (LS 97).

C’est encore à la lumière du mystère de la Résurrection que le pape invite à considérer le monde créé. « Le Nouveau Testament ne nous parle pas seulement de Jésus terrestre et de sa relation si concrète et aimable avec le monde. Il le montre aussi comme ressuscité et glorieux, présent dans toute la création par sa Seigneurie universelle. (…) De cette manière, les créatures de ce monde ne se présentent plus à nous comme une réalité purement naturelle, parce que le Ressuscité les enveloppe mystérieusement et les oriente vers un destin de plénitude. Même les fleurs des champs et les oiseaux qu’émerveillé il a contemplés de ses yeux humains, sont maintenant remplis de sa présence lumineuse » (LS 100).

Le pape lit ainsi l’Écriture comme nous invitant, de part en part, « à reconnaître la relation paternelle que Dieu a avec toutes ses créatures » (LS 69) et à nous rapporter à elles en conséquence en les aimant de la même manière. Pour faire un usage responsable des choses de ce monde, il nous faut en reconnaître la valeur qu’elles ont devant Dieu qui les a créées par amour : « La création est de l’ordre de l’amour. L’amour de Dieu est la raison fondamentale de toute la création » (LS 77). Toutes les créatures sont en conséquence importantes à ses yeux (LS 96). Il devrait en être de même pour nous.

3.2. Des relations fragiles dans un monde fragile

Le cadre que développe le pape François fournit aussi une interprétation théologique de la crise écologique en termes de ruptures des trois relations fondamentales qui nous constituent. « Selon la Bible, les trois re­lations vitales ont été rompues, non seulement à l’extérieur, mais aussi à l’intérieur de nous. Cette rupture est le péché. L’harmonie entre le Créa­teur, l’humanité et l’ensemble de la création a été détruite par le fait d’avoir prétendu prendre la place de Dieu, en refusant de nous reconnaître comme des créatures limitées. Ce fait a déna­turé aussi la mission de « soumettre » la terre (cf. Gn 1, 28), de « la cultiver et la garder» (Gn 2, 15). Comme résultat, la relation, harmonieuse à l’origine entre l’être humain et la nature, est devenue conflictuelle (cf. Gn 3, 17-19) » (LS 66).

Le pape illustre son propos avec l’épisode du meurtre d’Abel par son frère Caïn (Cf. Gn 4, 9-11) qui montre combien le déséquilibre dans l’une des trois relations fondamentales se répercute sur les deux autres et brise l’harmonie d’ensemble. « Dans le récit concernant Caïn et Abel, nous voyons que la jalousie a conduit Caïn à commettre l’injustice extrême contre son frère. Ce qui a pro­voqué à son tour une rupture de la relation entre Caïn et Dieu, et entre Caïn et la terre dont il a été exilé » (LS 70).

Cet épisode biblique manifeste combien le lien fraternel est fragile mais aussi que « tout est lié ». En conséquence, chacun doit prendre soin de ces relations fondamentales : « La négligence dans la charge de cultiver et de garder une relation adéquate avec le voisin, envers lequel j’ai le devoir d’attention et de pro­tection, détruit ma relation intérieure avec moi-même, avec les autres, avec Dieu et avec la terre. Quand toutes ces relations sont négligées, quand la justice n’habite plus la terre, la Bible nous dit que toute la vie est en danger » (LS 70) : la vie biologique mais aussi la vie sociale : la politique, la liberté, la justice sont menacées (LS 53). Ceci se traduit par des institutions précaires (cf. LS 142), des instances locales fragiles (cf. LS 173) qui ne sont plus en mesure d’apporter la protection dont l’homme et la planète ont pourtant besoin pour perdurer. En cela, la problématique écologique est une tache éminemment politique qui oblige chaque communauté à s’interroger sur le monde que nous voulons laisser à ceux qui nous succèderont, sur ses orientations fondamentales, son sens et ses valeurs. « Si cette question de fond n’est pas prise en compte, je ne crois pas que nos préoccupations écologiques puissent obtenir des effets significatifs. Mais si cette question est posée avec courage, elle nous conduit inexorablement à d’autres interrogations très directes : pour quoi passons-nous en ce monde, pour quoi venons-nous à cette vie, pour quoi travaillons-nous et luttons-nous, pour quoi cette terre a-t-elle besoin de nous ? » (LS 160).

La crise que nous endurons actuellement permet de mesurer « la grandeur, l’urgence et la beauté du défi » (LS 15) que doit affronter l’humanité. Elle nous oblige à nous interroger sur nos conceptions du progrès, du développement, de la liberté, de l’avenir ; elle stimule notre imagination pour inventer d’autres manières de vivre. C’est dans la foi que le pape invite à vivre ce temps, dans l’espérance que Dieu n’abandonne jamais l’humanité dans les difficultés, même quand les hommes en sont responsables : « Dieu, qui veut agir avec nous et compte sur notre coopération, est aussi capable de tirer quelque chose de bon du mal que nous commettons » (LS 80). Mais c’est aussi un mobile éminemment positif qui doit conduire les chrétiens à être des fers de lance en matière d’écologie : leur souci pour la terre n’est pas motivée par la peur d’une catastrophe plus ou moins imminente, mais vient de la vocation propre de l’être humain, « appelé à reconduire toutes les créatures à leur Créateur » (LS 83), jusqu’à la transfiguration finale de toute la réalité créée. « Nous ajoutons ainsi un argument de plus pour rejeter toute domination despotique et irresponsable de l’être humain sur les autres créa­tures. La fin ultime des autres créatures, ce n’est pas nous », écrit encore le pape François.

4. Conclusion

A travers ce rapide parcours dans l’histoire de la doctrine sociale de l’Église catholique, on voit se déployer progressivement une éthique de la fraternité dont le champ s’élargit progressivement : classes sociales, nations, ensemble des créatures. Les situations de pauvreté, d’inégalités, d’injustice, d’exploitation sont interprétées comme des signes d’une carence profonde de fraternité dont les premières victimes sont les pauvres et les plus faibles. Mais quelle proposition faire ?

Cette question de la fraternité est au cœur du message papal pour la journée de la Paix (1er janvier 2014) et rendu public le 8 décembre 2013. « Il apparaît clairement que les éthiques contemporaines deviennent aussi incapables de produire des liens authentiques de fraternité », écrit le pape François. Parce qu’ « une fraternité privée de la référence à un Père commun, comme son fondement ultime, ne réussit pas à subsister. Une fraternité véritable entre les hommes suppose et exige une paternité transcendante », poursuit-il. L’histoire des peuples, à la suite du témoignage biblique, le manifeste : quand manque l’ouverture à Dieu, l’activité humaine est réduite à sa dimension matérielle ; les personnes mais aussi les nations se comportent davantage entre elles en ennemis ou en concurrents que comme membres d’une même communauté humaine ; les personnes et les autres créatures sont considérées comme des ressources que l’on peut exploiter à sa guise pour en tirer du profit. Ce drame, l’Église ne fait pas que le déplorer. Elle indique aussi une voie : celle du service qui est l’âme de la fraternité. C’est à travers le service désintéressé de tous, en commençant par les plus faibles que l’Église fait expérimenter cette fraternité qu’elle annonce, dont elle témoigne pour la faire aimer. En invitant à (re)découvrir la fraternité en toutes choses et à la déployer à travers des gestes concrets de solidarité, l’enseignement social de l’Église indique un chemin sûr pour construire la justice et la paix.

Source : Dominique Greiner, assomptionniste, est rédacteur en chef religieux au quotidien La Croix / https://doctrine-sociale.blogs.la-croix.com


Chers lecteurs,

Voici la deuxième partie du texte, ci-dessous, sur les fondements de la doctrine sociale de l’église qui a été écris par Dominique Greiner, assomptionniste et rédacteur en chef religieux au quotidien La Croix, pour la formation organisés en juillet 2018 par la Commission pour le clergé et les séminaristes de la Conférence des évêques du Vietnam, avec le soutien des Missions étrangères de Paris et d’enseignants du Theologicum de l’Institut catholique de Paris.

2. Entre pays riches et pays pauvres, une fraternité blessée

Entre la fin du XIXe siècle aux années qui suivent la Deuxième Guerre mondiale, un monde ancien disparaît. L’Église catholique est conduite à reconsidérer ses relations avec le pouvoir temporel, mais aussi avec l’ensemble de la société. Elle apprend à se comprendre autrement que comme une institution juridique et à reconnaître l’autonomie du pouvoir temporel. Elle renonce progressivement à l’idée d’un retour à un ordre social-chrétien. Elle accepte l’idée que son refus des injustices rejoint le combat des promoteurs des droits de l’homme (cf. Pacem in Terris). Au lieu de se situer dans une position de jugement et de condamnation, elle va désormais se placer dans une perspective de discernement du vrai et du juste dans un monde en pleine transformation. Ce retournement de perspective est clairement exprimé sous le pontificat de Jean XXIII et entériné par le Concile Vatican II (voir tableau 1).

A la fin des années 1960, l’Église entre dans une période de turbulences. à l’optimisme des années du Concile succède une période de crise et de désillusion. De nouveaux questionnements surgissent avec l’évolution de la situation internationale. Les déséquilibres entre le Nord et le Sud ne se résorbent pas, et même s’accentuent. Des millions d’hommes et de femmes de par le monde souffrent de la faim, vivent dans des conditions indécentes, n’ont pas accès aux soins de santé ou à l’éducation, sont en proie à une violence politique quotidienne. Les questions relatives à la solidarité, à la justice sont prioritaires. C’est dans ce contexte qu’est promulguée l’encyclique Populorum Progressio en 1967, le jour de la fête de Pâques.

2.1. Le développement, une question morale

Dès les premières lignes de son texte, Paul VI souligne que « la question sociale est devenue mondiale ». Il brosse un tableau assez sombre de la situation du monde : les disparités entre pays riches et pays pauvres restent importantes. La décolonisation, les nouvelles modalités de coopération internationale (développement de la FAO, création de la CNUCED, programmes d’aides bilatérales et multilatérales…), n’ont pas permis de résorber les déséquilibres entre nations. Dans certaines régions du monde, la situation est même explosive et « grande est la tentation de repousser par la violence de telles injures à la dignité humaine » (PP 30), voire par « l’insurrection révolutionnaire » (PP 31). Dans ce contexte général émergent des « messianismes prometteurs, mais bâtisseurs d’illusion », avec le risque d’un « glissement vers les idéologies totalitaires » (PP 11). Une phrase clef de l’encyclique frappe l’opinion publique mondiale : « Le développement est le nouveau nom de la paix » (PP 76).

Pour conduire à la paix, le développement ne peut être réduit à sa dimension économique. C’est avant tout une question morale. Son but doit être la promotion de tout homme et de tout l’homme : personne ni aucune dimension de l’existence humaine ne doivent en être exclus. En conséquence, le développement a besoin, non seulement de techniciens, mais aussi de sages pour sa réalisation (PP 20).

Cette vision du développement a des conséquences concrètes sur les actions à entreprendre. Elle rend attentif aux besoins et aux urgences du monde et oriente l’action dans un combat contre les obstacles à la formation d’un monde plus juste. Ainsi, il ne suffira pas de combattre la faim, du moins pas seulement la faim d’aliments, mais aussi la faim d’instruction dans les pays où les personnes n’ont pas accès à une éducation de base. Paul VI affirme : « un analphabète est un esprit sous-alimenté » (PP 35). De même il n’est pas suffisant de faire reculer la pauvreté. « Le combat contre la misère, urgent et nécessaire, est insuffisant. Il s’agit de construire un monde où tout homme, sans exception de race, de religion, de nationalité, puisse vraiment vivre une vie humaine… » (PP 47).

 2.2. La construction d’un monde fraternel, chemin obligé vers la paix

« Le monde est malade. Son mal réside moins dans la stérilisation des ressources ou leur accaparement par quelques-uns, que dans le manque de fraternité entre les hommes et entre les peuples » (PP 66). Ce diagnostic indique aussi le remède : la promotion d’un monde plus humain passe par des engagements en faveur de la solidarité et de la justice mais aussi par un renforcement des liens de fraternité. « L’homme doit rencontrer l’homme, les nations doivent se rencontrer comme des frères et sœurs, comme les enfants de Dieu », déclare le pape, citant un discours antérieur (PP 43). Mais comment nourrir cette fraternité ? Comment faire pour que les peuples ne se comportent pas en concurrents, considérant que le progrès des uns est un obstacle au développement des autres ? Comment favoriser une saine interdépendance qui permette à chaque nation « de donner et de recevoir » (PP 44) et de devenir artisan de son propre destin ? Par le dialogue, répond Paul VI qui reprend ici un thème central de son encyclique Ecclesiam Suam (1964). Le pape a en effet la conviction que le dialogue a toute sa place dans le service du développement par ce qu’il est créateur de fraternité, qu’il est propice au renforcement des liens entre les civilisations comme entre les personnes.

Pour autant, le texte n’ignore pas les nombreux obstacles à la construction d’un monde plus fraternel. Il y a le nationalisme et le racisme. Il y a aussi le poids d’un passé « trop souvent marqué par des rapports de force entre nations » (PP 65) et qui nourrit la méfiance de celles qui ont obtenu très récemment leur indépendance : elles peuvent redouter que derrière l’aide financière ou technique qui leur est proposée pointe une nouvelle expression du colonialisme, « sous forme de pressions politiques et de dominations économiques visant à défendre ou à conquérir une hégémonie dominatrice » (PP 54). C’est pourquoi l’encyclique propose d’inscrire le développement dans le cadre des relations internationales : des accords bilatéraux ou multilatéraux incorporés dans un programme de collaboration mondiale permettraient « de substituer aux rapports de dépendance et aux amertumes issues de l’ère coloniale d’heureuses relations d’amitié, développées sur un pied d’égalité juridique et politique » (PP 52).

Mais pour se nouer les liens de fraternité ont besoin d’expériences concrètes de rencontres des hommes et des cultures. C’est dans cet esprit que l’encyclique invite à soigner l’accueil des jeunes venant des pays pauvres pour un temps d’étude ou des travailleurs émigrés confrontés à un mode de vie qui est sans comparaison avec celui de leur situation d’origine (PP 67-69).

Ceux qui sont appelés à travailler dans les pays récemment ouverts à l’industrialisation sont expressément invités à ne pas renoncer au « sens social » qu’ils pouvaient manifester dans leur propre pays : « pourquoi reviendraient-ils aux principes inhumains de l’individualisme quand ils opèrent en pays moins développés ? Leur situation supérieure doit au contraire les inciter à se faire les initiateurs du progrès social et de la promotion humaine, là où leurs affaires les appellent » (PP 70).

Les experts du développement ne sont pas oubliés. Ils sont invités à ne « pas se conduire en maîtres, mais en assistants et collaborateurs », à faire preuve d’un amour désintéressé et à travailler au rapprochement des civilisations par le dialogue et la collaboration avec tous. Plus de cinquante ans après la publication de l’encyclique, ces orientations demeurent pertinentes.

2.3. Les trois devoirs de l’humanité

L’encyclique Populorum progressio indique trois devoirs pour un développement solidaire de l’humanité : un « devoir de solidarité, l’aide que les nations riches doivent apporter aux pays en voie de développement ; un devoir de justice sociale, le redressement des relations commerciales défectueuses entre peuples forts et peuples faibles ; un devoir de charité universelle, la promotion d’un monde plus humain pour tous, où tous auront à donner et à recevoir, sans que le progrès des uns soit un obstacle au développement des autres » (PP 44).

2.3.1. Le devoir de solidarité

La première urgence est la lutte contre la faim (PP 45). Mais l’enjeu fondamental est plus large. Il s’agit de contribuer à la construction d’un monde juste : « un monde où la liberté ne soit pas un vain mot et où le pauvre Lazare puisse s’asseoir à la même table que le riche (Cf. Luc 16, 19-31) ». Ce devoir de solidarité ne repose pas que sur les institutions publiques ou privées. Chacun doit se demander en conscience : « Est-il prêt à soutenir de ses deniers les œuvres et les missions organisées en faveur des plus pauvres ? à payer davantage d’impôt pour que les pouvoirs publics intensifient leur effort pour le développement ? à acheter plus cher les produits importés pour rémunérer plus justement le producteur ? À s’expatrier lui-même au besoin, pour aider cette croissance des jeunes nations ?» (PP 47). La solidarité a un prix qui suppose un investissement financier et humain. Elle a besoin du déploiement de la générosité.

Dans le même temps, les pays riches doivent renoncer à leur superflu en faveur des pays pauvres (PP 49). PP fait même une proposition concrète : d’établir un « grand Fonds mondial alimenté par une partie des dépenses militaires, pour venir en aide aux plus déshérités » (PP 51). La course aux armements est en effet un « gaspillage » qui relève du scandale, « fruits de la peur ou de l’orgueil » alors que « tant de peuples ont faim, quand tant de foyers souffrent de la misère, quand tant d’hommes demeurent plongés dans l’ignorance, quand tant d’écoles, d’hôpitaux, d’habitations dignes de ce nom demeurent à construire » (PP 53).

2.3.2. Le devoir de justice

L’accent est mis sur l’équité des relations internationales. L’encyclique réfute un monde qui ne serait régulé que par les règles du libre-échange, nécessairement défavorables aux pays les plus pauvres (PP 59). Ces règles ne peuvent valoir qu’entre des partenaires égaux, mais à l’évidence, cette condition n’est pas réunie : « Dans le commerce entre économies développées et sous-développées, les situations sont trop disparates et les libertés réelles trop inégales. La justice sociale exige que le commerce international, pour être humain et moral, rétablisse entre partenaires au moins une certaine égalité de chances » (PP 61).

L’encyclique critique au passage l’égoïsme des nations favorisées qui conscientes des limites de la libre concurrence ont cherché à en équilibrer les effets par des mesures appropriées mais qui ne valent qu’en leur sein : « C’est ainsi qu’ils soutiennent souvent leur agriculture au prix de sacrifices imposés aux secteurs économiques plus favorisés. C’est ainsi encore que, pour soutenir les relations commerciales qui se développent entre eux, particulièrement à l’intérieur d’un marché commun, leur politique financière, fiscale et sociale, s’efforce de redonner à des industries concurrentes inégalement prospères des chances comparables » (PP 60). Or poursuit Paul VI, « on ne saurait user de deux poids et deux mesures. Ce qui vaut en économie nationale, ce qu’on admet entre pays développés, vaut aussi pour les relations commerciales entre pays riches et pays pauvres » (PP 61).

2.3.3. Le devoir de charité universelle

Ce troisième devoir vise à combler « le manque de fraternité entre les hommes et les peuples » (PP 66). PP insiste d’abord sur le devoir d’accueil des étudiants et des travailleurs étrangers. Le texte invite aussi les responsables économiques à « se faire les initiateurs du progrès social et de la promotion humaine, là où leurs affaires les appellent », à préparer l’avenir des pays moins développés où ils pourraient s’installer par la formation et la préparation au partage des responsabilités, et non à profiter de la situation sociale (PP 70).

Les missions de développement doivent se poursuivre, mais l’encyclique met en garde : « Une population perçoit vite si ceux qui viennent à son aide le font avec ou sans affection, pour appliquer des techniques ou pour donner à l’homme toute sa valeur. Leur message est exposé à n’être point accueilli, s’il n’est comme enveloppé d’amour fraternel » (PP 71). Paul VI poursuit : « À la compétence technique nécessaire, il faut donc joindre les marques authentiques d’un amour désintéressé » (PP 72).

Source : Dominique Greiner, assomptionniste, est rédacteur en chef religieux au quotidien La Croix / https://doctrine-sociale.blogs.la-croix.com

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