Publié par : La société solidaire et durable | juillet 11, 2018

À 11 ans, Kareem réalise des dessins hyper-réalistes à couper le souffle et émerveille Macron !


Chers lecteurs,

Il faut parfois le temps d’une vie pour maîtriser son art. À 11 ans, Kareem Waris Olamilekan, lui, est déjà un expert dans l’art très délicat du dessin hyper-réaliste. Ses réalisations sont à couper le souffle.

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Kareem vient de Lagos, au Nigeria. Il a commencé à exprimer son aptitude pour les arts à environ 6 ans, en reproduisant ses personnages de dessins animés préféré. C’est à 8 ans, lorsque la famille a déménagé et qu’il a découvert la Ayowole Art Vocational Academy que son talent a véritablement pu s’exprimer. Malgré les difficultés financières l’empêchant parfois d’acheter ses fournitures, le garçon a pu perfectionner sa technique.

Il n’aura fallu qu’une seule journée pour que les enseignants de l’académie remarquent son talent. Selon les propres mots de Adeniyi Adewole, fondateur de l’académie, Kareem est l’un des meilleurs élèves : “Il pourra aller loin, bien plus loin que nos propres attentes, avec ce qu’il fait se hissera très haut. […] On lui dit souvent de ne pas se voir comme un artiste de rue mais plutôt comme un talent reconnu comme Michel-Ange ou De Vinci.

Aujourd’hui, Kareem Waris Olamilekan est le plus jeune artiste professionnel du Nigeria.

Son compte Instagram a déjà plus de 40 000 abonnés. Ce qui n’empêche pas le garçon de garder les pieds sur terre. D’ailleurs, son inspiration provient en grande partie de sa vie très pauvre. Son dessin le plus connu, “Daily Bread”, dépeint d’ailleurs la difficulté de sa famille à avoir de quoi manger.

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Kareem espère pouvoir un jour devenir aussi célèbre que Arinze Stanley, un artiste Nigérian lui aussi, l’un des plus talentueux dans le monde de l’hyper-réalisme.

Emmanuel Macron émerveillé par le jeune prodige

Emmanuel Macron émerveillé par le talent d’un jeune nigérian. Lors de sa visite au Nigéria, le président français a reçu son portrait dessiné par un tout petit artiste professionnel de 11 ans, qui rêve de devenir Michel-Ange.

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La scène s’est déroulée dans le club mythique de Lagos, le New Africa Shrine, fondé par le père de l’Afrobeat, Fela Kuti. Le président français s’est vu remettre, en marge du lancement officiel de la Saison des cultures africaines prévue en 2020 en France, un portrait réalisé par un jeune Nigérian de 11 ans.

Une œuvre réalisée par Kareem Waris Olamilekan qui surprend positivement Emmanuel Macron. Onze ans et le voilà sous les feux des projecteurs. Il peint depuis l’âge de six ans et est spécialiste du dessin hyperréaliste au crayon. Il vit dans un quartier pauvre de Lagos. À son âge,  ce jeune artiste professionnel qui se fait appeler Waspa est très reconnu dans son pays. Sa popularité dépasse désormais les frontières du Nigéria.

Auto-didacte, Kareem Waris Olamilekan suit les cours de la Ayowole Art Vocational Academy depuis l’âge de 8 ans. Malgré sa jeunesse, il ne cache pas ses ambitions.

«Je dessine mes amis, des bandes dessinées. Je dessine des illustrations à partir de livres et de journaux. Je fais du dessin hyperréaliste au crayon. Je trouve mon inspiration autour de moi, en particulier avec ma famille. Je veux devenir comme Arinze et Michel-Ange. Je veux être dans les musées parmi les grands artistes. Ma plus belle œuvre c’est Daily Bread, à cause de son titre. Il montre la sueur et les larmes. Moi et ma famille travaillons dur pour avoir du pain, pour manger. C’est ça qui m’inspire» confie-t-il dans une interview donnée à la BBC.

Son professeur Adeniyi Adewole reste très optimiste sur l’avenir du petit prodige.  Kareem «pourra aller loin, bien plus loin que nos propres attentes, avec ce qu’il fait se hissera très haut  », explique-t-il.

Sur les réseaux sociaux, le peintre nigérian a une certaine popularité qui lui offre une visibilité assez forte. Sur son compte Instagram, Waspa Art, Kareem Waris Olamilekan partage ses créations et son travail avec près de 40.000 abonnés. « L’art est ma vocation, c’est en moi. Je dessine, je peins, je crée.»

Source  : youtube / culturebene

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Publié par : La société solidaire et durable | juin 26, 2018

Demain en poche, le futur guide d’initiatives locales d’Angers incontournable !


Chers lecteurs,

J’aimerais vous parler du futur guide d’initiatives locales d’Angers que va sortir prochainement l’association En Transition et qui sera incontournable ! Il regroupera environ 300 références locales (50% sur Angers et 1ère couronne / 50% dans le reste du département).

Le guide, c’est aussi la découverte ou la redécouverte de son territoire, des interviews d’acteurs et d’actrices locales : commerçant.e.s, bénévoles associatifs, animateurs…

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Les racines du projet

En 2009, un groupe d’ami.e.s auto-édite un Guide altern’actif d’Angers et ses environs. Il s’écoule à 2000 exemplaires en 6 mois… et est toujours demandé bien des années plus tard, sans être réédité. C’est la vie…

Fin 2009 a lieu le sommet de l’ONU sur le climat à Copenhague (COP15). Nous y étions ! Faute de grand accord international, on est revenu avec pleins d’idées après avoir découvert le mouvement des villes en transition.

En 2011, nous sensibilisons au mouvement de la transition à travers l’association ACF49, où germe l’idée d’un guide de la transition.

En 2013, nous initions le Collectif pour une transition citoyenne 49. Il s’est appuyé sur le  collectif national puis la dynamique Alternatiba. Chaque année en septembre, pour la Fête des possibles, est organisé un événement : Fête de la transition (2014), villages Alternatiloire (2015), balades-découvertes (2016), geocaching-jeu de piste (2017).

Plus de 3000 personnes auront découvert 100 initiatives locales à travers tous ces événements.

En 2018, nous créons l’association En Transition pour être un accélérateur de la transition solidaire et écologique de notre société, des modes de production, de consommation.

Objectif : changer d’échelle avec des solutions imaginées et mises en œuvre par des milliers d’associations, d’entreprises, de collectivités locales et de citoyen.ne.s.

La sortie du guide Demain en poche est le temps fort de l’année de l’association En Transition !

Avec votre soutien, ce temps peut devenir LE temps fort de l’année pour Angers et le Maine-et-Loire, et nous mettre demain à portée de mains !

A quoi servira l’argent collecté ?

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Le guide sera vendu moins de 10 euros pour le rendre accessible au maximum de personnes.

Pour soutenir le projet, nous vous invitons à faire un don à l’association En Transition sur la page helloassociation de l’association ! Cliquez sur l’image ci-dessous pour aller sur cette page !

Source : page facebook En Transition et page helloassociation En Transition

Publié par : La société solidaire et durable | juin 25, 2018

Lou Boland, un autiste artiste incroyable !


Chers lecteurs,

J’aimerais vous parler d’un jeune homme incroyable autiste. Il s’agit de Lou Boland fils de Luc Boland, un adolescent de 20 ans porteur du syndrome de Morsier.

Lou Boland

Mais qu’est ce que le syndrome de Morsier ?

Le syndrome de Morsier – ou Dysplasie Septo Optique / ONH (Optic-Nerve-Hypoplasia) en anglais – fait partie des syndromes dit « Savants » (comme par exemple l’autisme de haut niveau, le « PDD (Pervasive Developmental Disorder), les syndromes d’Asperger, d’Hyperlexia, ou de Williams) tel que définit en 1989 par le professeur Treffert (University of Wisconsin-Madison).

Le Syndrome de Morsier est une malformation du cerveau provoquée par des facteurs qui se sont probablement manifestés durant la cinquième ou sixième semaine de la grossesse.

La plupart des enfants atteints de ce syndrome ont des défauts structurels du cerveau, allant d’une formation insuffisante des nerfs optiques (hypoplasie), à une absence (aplasie) du septum Pellucidum (une cloison située entre les deux hémisphères du cerveau) et parfois aussi du corps calleux contigu (une voie de passage entre les deux hémisphères du cerveau), et enfin une insuffisance de l’hypophyse (une glande qui produit des hormones importantes).

Certains enfants en bas âge ont un tonus musculaire soit très bas, soit très haut. Dans le premier cas, ils peuvent perdre leur tonus de manière brutale et sans avertissement et doivent alors être portés.

Enfin, de rares cas ont été rapportés d’altération des sens du goût et, de manière extrêmement rare, de l’ouïe.

Mais que fais Lou Boland dans sa vie ?

C’est un artiste incroyable à part entière, ayant des facultés musicales hors du commun.

Il chante et joue avec brio au piano depuis l’âge de six ans. Il a appris seul à jouer de ses dix doigts en un an et demi.

La chanson émouvante : « Lou, je m’appelle Lou »

Il a déjà joué de nombreuses fois en public et sur des plateaux de télévision depuis 2009, et réalisé des rencontres musicales étonnantes avec des artistes tels que Archive, Cali,  Lou Deprijck, Konoba, Lemon Straw, Christophe Maé, Maurane, Saule, Thoots Thielemans, Patrick Watson, et d’autres artistes moins connus. Il a marqué les esprits avec ses incroyables reprises de Stromae et Arno, et s’est fait remarquer en 2017 à La France a un Incroyable Talent et aux Francofolies de Spa.

Je m’appelle Lou et Formidable (soirée Cap48 2013)

Maurane et Lou : Prélude de Bach (Cap 48)

Lou B. aux Francofolies de Spa 2017 (l’intégral)

Voici le message important de Luc Boland, son père !

Et voici quelques photos de Lou et Luc Boland !

 

Plus récemment Lou a rendu un hommage à Maurane qui est décédé le 7 mai 2018

Vous pouvez soutenir Lou Boland en visitant le site de sa fondation : http://www.fondationlou.com mais aussi son site personnel https://loub.be/.

Et voici autre moyen de soutenir Lou Boland : en participant au financement de son premier album en cliquant sur le lien ci-contre : https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/un-premier-album-pour-lou-b.

Et ici la vidéo de crowfounding pour le lancement de son premier album !

Source : youtube / http://www.fondationlou.com/ / https://loub.be/ et CV envoyé par le père Luc Boland

Publié par : La société solidaire et durable | juin 24, 2018

Village Alzheimer : la première pierre posée dans les Landes !


Chers lecteurs,

Lundi 4 juin 2018, la première pierre du « village Alzheimer » a été posée à Dax, dans le département des Landes. Ce village pilote se veut un projet thérapeutique innovant dans l’accueil des malades, leur offrant l’occasion rare d’évoluer dans un environnement libre, rassurant et bienveillant.

D’ici fin 2019, 120 résidents atteints par la maladie neurodégénérative d’Alzheimer devraient être accueillis dans le tout premier « village Alzheimer » de France. Un lieu ouvert sur la nature et la ville, favorisant les liens sociaux et les thérapies alternatives, où le rythme et le style de vie de chaque malade sont respectés.

L’idée est venue à Henri Emmanuelli, l’ancien président du conseil départemental des Landes décédé en 2017, après avoir découvert le « village Alzheimer » lancé en 2009 à Weesp, près de Amsterdam. Rien que dans la circonscription, on dénombre en effet 8 000 personnes atteintes par cette maladie incurable.

Le « village Alzheimer » va voir le jour sur un terrain de 5 hectares sans la moindre barrière. Quatre quartiers de vie, soit 16 maisonnées, entoureront une place centrale inspirée des bastides typiques du Sud-Ouest. Tout est prévu pour y préserver le quotidien et les repères des patients : supérette, salon de coiffure, restaurant, bibliothèque, centre culturel, ateliers créatifs, centre de soin… et même un potager et une mini-ferme participative avec des animaux. Sans oublier les nombreux chemins de balade.

De quoi gommer l’habituelle ambiance d’hôpital. Les traitements médicamenteux y seront d’ailleurs mis de côté au profit de thérapies alternatives prodiguées par un personnel soignant qui troquera sa blouse blanche contre une tenue de tous les jours.

Le village landais souhaite également participer à la recherche de solutions innovantes afin de ralentir la progression de la maladie, à l’heure où les médicaments contre Alzheimer sont sur le point d’être déremboursés. Pour ce faire, un laboratoire in vivo unique en son genre permettra de travailler sur le terrain, au plus près des patients, et de comparer les résultats obtenus aux méthodes traditionnelles.

Le tarif journalier dans ce village s’élèvera à 60 euros ; l’équivalent du coût à la journée fixé en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Un projet évalué à un investissement total de 28 millions d’euros, pour un budget de fonctionnement annuel de près de 7 millions d’euros. L’architecture, quant à elle, a été confiée à l’agence danoise Nord Architects.

De quoi inspirer d’autres villes françaises à suivre cet exemple. L’hexagone compte en effet 200 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année.

Source : https://positivr.fr / Raphaëlle Dormieu

Publié par : La société solidaire et durable | juin 24, 2018

Drôme : 5 indiens kogis viennent « diagnostiquer » nos modes de vie !


Chers lecteurs,

Après un Indien dans la ville, des pré-colombiens dans la Drôme. En septembre 2018, cinq chamans issus de la communauté millénaire Kogi viendront poser leur regard sur l’organisation de ce territoire. Une première.

« Pour interroger, il faut être deux : celui qui interroge, et celui qu’on interroge », disait l’écrivain Vercors. Et si cette fois, au lieu d’interroger toujours les mêmes experts, on se tournait vers ceux qui n’ont jamais rompu leur lien avec la nature pour aménager nos territoires ? C’est ce qu’Eric Julien, fondateur de l’Association Tchenkudua, veut rendre possible.

Pendant quinze jours en août, cinq chamans kogis, une communauté millénaire installée dans les montagnes colombiennes, poseront donc leurs valises… dans la Drôme. Quatre d’entre eux quitteront pour la première fois leur coin de paradis montagneux, à cinquante kilomètres de la mer des Caraïbes. Au programme : ballade sur le territoire drômois, dans le Haut-Diois, pour faire un « diagnostic » de la zone, et partager leurs impressions avec huit scientifiques volontaires, venus de l’ENS Lyon, de l’Université de Lausanne, en passant par l’Université de l’Oregon ou du Brésil.

Depuis 1997, Tchenkudua aide les Kogis à sauvegarder leur mode de vie et leurs traditions ancestrales, notamment en reconquérant des terres fertiles. Là-bas, ou plutôt, là-haut — à plus de 5 800 m d’altitude —, les Kogis ont choisi de vivre selon le rythme de leur « Mère Terre ». Ni monnaie, ni écriture, ni trace de notre société de consommation : les 12 000 âmes de cette communauté vivent bien loin de notre confort moderne, dans un environnement préservé, qui concentre 35 % des espèces d’oiseaux du pays. Un modèle dont nos territoires, aménagés selon des intérêts bien loin de ceux de la nature, pourraient s’inspirer ?

« Les Kogis ont une très forte conscience que les humains, dans ses équilibres et déséquilibres, sont le reflet du territoire. On est en bonne santé si le lieu dans lequel on habite est en bonne santé », explique Eric Julien.

Le territoire comme un corps

« Pour eux, le territoire est un corps, qui respire, chute, et créée », explique Eric Julien. Alors, quand on demande aux Kogis de procéder à un « diagnostic de santé territoriale » de la Drôme, ce sont aux symptômes physiques qu’ils s’intéressent : la qualité de l’eau, la présence de la faune et la flore, les caractéristiques de la roche… Tout au long de leur séjour, les cinq Kogis rencontreront des scientifiques venus d’un peu partout dans le monde : géographes, médecins, astrophysiciens…

Pour Eric Julien, l’enjeu n’est pas tant de trouver des solutions concrètes dans l’immédiat, que de changer de regard. « Edgar Morin disait qu’il était temps de décoloniser nos imaginaires : aujourd’hui, l’anthropocentrisme remet en cause nos systèmes de représentations. La meilleure manière de changer de regard est de s’ouvrir à l’inconnu pour faire ressortir de nouveaux systèmes de pensée et registres d’action. »

Drôme : 5 indiens kogis viennent "diagnostiquer" nos modes de vie

Sur le papier, l’idée est séduisante — presque romantique. Mais si chacun comprend la nécessité de renouer avec la nature, la formule relève le plus souvent de l’incantation, et est généralement peu suivie des faits à grande échelle. Avons-nous atteint un niveau de conscience collective suffisant pour être attentifs aux conseils, si bienfondés soient-ils, d’une population qui ne partage en rien notre quotidien ? « Dans cette époque où l’anthropocène détruit notre écosystème, on est peut être plus à même d’entendre ce genre de discours », croit Eric Julien.

« Et si un scientifique dit que ce que font les Kogis n’est pas idiot, cela rendra certainement la parole plus audible. »

Et preuve que la démarche convainc même au plus haut niveau, elle jouit de soutiens non-négligeable : entre autres, celui de l’AFD, l’Agence Française de Développement, mais surtout du Ministère de la Transition Ecologique, qui finance à hauteur d’un tiers la venue des Kogis. La transition éco-kogique serait-elle en marche ?

Source : https://www.wedemain.fr

Publié par : La société solidaire et durable | juin 24, 2018

Phytoremédiation : les plantes peuvent guérir les sols !


Chers lecteurs,

Plomb, cadmium, solvants, nitrate, PCB… Autant de substances toxiques qui polluent les sols.

C’est dit, l’activité humaine a une fâcheuse tendance à polluer l’environnement, et plus particulièrement les sols de notre belle planète. La phytoremédiation pourrait être un moyen de reconquérir ces zones actuellement impropres à la culture. C’est une science toute récente encore à l’état expérimental qui commence tout juste à trouver des applications pratiques et viables sur le terrain afin d’offrir des solutions durables.

Le fait est qu’il y a de plus en plus d’individus à nourrir et qu’il importe de reconquérir des zones agricoles actuellement inexploitables tant les poisons qui les souillent sont nombreux, variés, en sur-dose et tenaces. C’est une véritable gageure agricole mais aussi sanitaire. Alors, des plantes peuvent-elles purifier les sols des PCB, redoutables perturbateurs endocriniens ? Peut-on débarrasser le riz de l’arsenic ou le thé du plomb et du cadmium ? Et surtout, nous français, trouvera-t-on un moyen de sauver notre vin en débarrassant les terres à vignobles des teneurs incommensurables en cuivre provoquées par l’abus de l’utilisation de la bouillie bordelaise ?

Sur le terrain

Au pire il faut parvenir à circonscrire les produits toxiques histoire qu’il ne s’étendent pas aux nappes phréatiques et donc à l’ensemble du vivant. Au mieux, il faut parvenir à nettoyer les sols.

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La phytoremédiation ou l’utilisation des plantes pour soigner les sols – est une discipline prometteuse qui pourrait aider si elle est utilisée à bon escient. Depuis les années 1990, les expérimentations s’intensifient et sont déployées hors des laboratoires en vue d’assainir les sols… Pour autant, si la phytoremédiation est un espoir indiscutable, ses applications jusqu’ici présentent un bilan en demi teinte, surtout aux États-Unis où, dans certain cas, les effets collatéraux ont été aussi mauvais que les pollutions qu’elle était sensée combattre. La moutarde indienne permet d’extraire le plomb des sols : sa culture a nécessité une quantité énorme de produits chimiques qui ont fini par souiller les nappes phréatiques ! Les américains, toujours eux, grands apprentis sorciers naïfs au manichéisme hollywoodien ont tenté de dépolluer des sols du nickel grâce à une OGM turque de leur invention, OGM qui s’est révélée par la suite invasive et coriace… et qui a signé l’arrêt du projet.

Ces exemples permettent d’illustrer et de comprendre toute la complexité du traitement des sols bien différent du traitement de l’eau ou de l’air. La phytoremédiation ne peut fonctionner que si l’environnement de la plante et son écosystème global et local est prise en compte : des feuilles aux racines. En effet, c’est par les racines que travaille la plante en synergie avec les micro-organismes qui peuvent se révéler parfois plus toxiques, mobiles et réactifs que les polluants d’origines…

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Contenir la pollution

Pour autant, la recherche et ses applications continuent activement. Près de cinq cents espèces de plantes hyper accumulatrices sont identifiées à ce jour, capables d’extraire le nickel, le zinc, l’arsenic, ou encore le cadmium.

Ainsi , en Lorraine, le projet Lorver, initié en 2012, permet de stabiliser les polluants de friches industrielles – évitant leur propagation dans l’air, l’eau et le vent – tout en valorisant ces terres aujourd’hui à l’abandon. Cette phytostabilisation permet notamment de contenir des toxiques que l’on ne sait pas encore traiter. Les chercheurs ont choisi de planter du chanvre et des peupliers, des plantes offrant des débouchés économiques (dans les domaines du textile, des nouveaux matériaux composites, de l’énergie…) ce qui permet de rentabiliser le projet.

Dans le Nord, sur un ancien site pollué aux dioxines, ou encore dans le Tarn une équipe de chercheurs mise sur le géranium pour piéger des métaux lourds. Claude Grison, directrice du laboratoire Chimie bio-inspirée et Innovations écologiques, a quant à elle développé un nouveau procédé de phytoremédiation unique au monde. Avec la commune de Saint-Laurent-le-Minier, un petit village du Gard, elle mène depuis 2008 avec son équipe au sein du CNRS, une vaste opération de dépollution de l’ancien site minier du village. Celui-ci contient de telles quantités de zinc et de plomb que la récolte des fruits et légumes est interdite. Grâce à trois plantes locales aux propriétés exceptionnelles (Iberis intermedia, Anthyllis vulneraria et Noccaea caerulescens), les métaux lourds du sol sont absorbés. Les plantes sont ensuite récoltées et valorisées grâce à un nouveau procédé de chimie verte entièrement écologique. Et dont le résultat final intéresse des sociétés japonaises avec qui le CNRS, qui possède onze brevets sur ces découvertes, a signé un contrat. L’innovation devrait être étendue à trois sites en Nouvelle-Calédonie, tandis que des projets sont en cours au Gabon, en Grèce, au Japon et en Chine.

Sur chaque site, il s’agit d’une opération sur mesure en adéquation avec les plantes locales. Mais, grâce à ces nouveaux procédés, la pollution initiale devient aussi une nouvelle ressource économique entièrement verte, rendant viable les projets dans le temps. C’est nécessaire car, sur des sites très pollués comme Saint-Laurent-le-Minier, la dépollution des sols pourra prendre jusqu’à cinquante ans…

Il faut également trouver la plante qui aidera nos amis japonais ingénieurs chez TEPCO à Fukushima en décontaminant les sols et la flotte de toute la radioactivité issue de la centrale. Mais ce n’est pas gagné si l’on en croit l’observation de la dégradation des végétaux de Tchernobil, 30 ans après.

On peut enfin regretter qu’à tout point de vue nous ne sachions sortir d’une logique purement capitalistique de profit tangible où un projet aussi louable soit-il dans ses intentions environnementales ne pourra survivre s’il ne justifie pas économiquement son existence… Je suis sûr que les générations futures  sauront nous remercier.

Pour en savoir plus, nous vous invitons à aller sur ce lien ci-contre : phytoremédiation wikipedia.

Source : http://hydroponie.fr

Publié par : La société solidaire et durable | juin 17, 2018

A Tours, un HLM intègrera une ferme urbaine en 2019 !


Chers lecteurs,

En 2019, à Tours, « Les Jardins Perchés » sortiront de terre. Ce HLM d’un genre nouveau accueillera en son coeur une ferme maraîchère de 2000 m².

Ce ne sont pas les HLM qui vont aux champs, mais les champs qui viennent aux HLM (Crédit : Résidence Les Jardins Perchés et Tours Habitat)Ce ne sont pas les HLM qui vont aux champs, mais les champs qui viennent aux HLM (Crédit : Résidence Les Jardins Perchés et Tours Habitat)

Putain c’qu’il est blême, mon HLM! », chantait Renaud en 1980. Aujourd’hui, certains logements sociaux prennent des couleurs, et tirent même vers le vert.  “Les Jardins Perchés” est le nom d’un vaste projet d’HLM, à Tours (Indre-et-Loire), au coeur duquel sera construite une ferme maraîchère de plus de 2 000 m². Le but, « renouer un contact entre l’urbain et la culture maraîchère tout en créant du lien social”,  expliquent les dirigeants de Tour(s)Habitat, le bailleur social de l’immeuble, dans un communiqué de presse.

Ce projet hybride est l’un des premiers en France qui prévoit dès sa conception de mêler habitat social et production maraîchère. Il vient de gagner le prix “Habitat” du concours européen organisé par “Le Monde Smart Cities” pour récompenser les innovations urbaines. Le jury a salué la démarche écologique et sociale du futur HLM.

Les habitants invités à jardiner

Composée de trois bâtiments de trois étages reliés par des passerelles aériennes, la résidence abritera 75 logements du T1 au T5 . À leurs pieds, un jardin avec 1 200 m² de surfaces cultivables et, sur les toits, 776m² de serres hydroponiques. Le tout sera exploité par un maraîcher professionnel, “sans pesticides”.

En plus de produire des denrées quasiment biologiques – impossible d’obtenir le label bio pour des produits cultivés hors sol – les serres devraient aussi “isoler la toiture et améliorer la performance énergétique des bâtiments”, souligne Grégoire Simon, directeur général de l’office HLM de Tours, interrogé par Le Monde. La consommation énergétique du bâtiment devrait être réduite de 20% par rapport à la réglementation en vigueur.

Et pour les habitants ? Tours Habitat promet que les volontaires seront associés à l’activité agricole. Un espace cultivable au sol leur sera destiné. Ils devraient aussi avoir« la possibilité de participer à des activités proposées par un maraîcher souhaitant partager et transmettre sa passion ».

Le coût total du bâtiment devrait approcher les 10 millions d’euros, selon Infos-Tours. Un projet pas simple à mettre en oeuvre : le maraîcher qui devait cultiver les espaces verts, Macadam Farm, a récemment abandonné le navire, en invoquant des “difficultés de pilotage et de gestion”. L’office HLM est la recherche d’un nouveau partenaire.

Un modèle « reproductible »

Pour faire en sorte que le projet soit économiquement viable, Tours Habitat a fait appel, en autres, à des experts de l’INRA (l’Institut national de la recherche agronomique), de la chambre d’agriculture départementale et de Fermes d’avenir, une association qui propose une alternative écologique et locale à l’agriculture intensive.

Le bailleur souhaite que le modèle de l’immeuble soit « reproductible » : « Il est libre de droit. L’objectif est de tester et de démontrer la viabilité du concept afin d’être copiés, critiqués, améliorés« , poursuit le communiqué.

Écologique, social et nourricier, le concept de potager urbain est dans le vent, tant sur les toits, dans les parkings, ou au coeur des immeubles.

Dans des HLM, à Toulouse, un maraîcher s’est approprié de lui-même les espaces verts environnants, alors qu’à Sarcelles, ce sont les habitants de logements sociaux qui ont créé leur potager de toute pièce.

Source : Wedemain / Emma Derome

Publié par : La société solidaire et durable | juin 17, 2018

On a 20 ans pour changer le monde, au coeur de nos campagnes !


Chers lecteurs,

Réalisé par Hélène Médigue, le film qui est sortie en salle le mercredi 11 avril est une fenêtre sur un monde que certain.e.s veulent changer par la voie des champs. Ses protagonistes font preuve d’une énergie communicative rare qui bouscule les habitudes pour convaincre et embarquer avec eux le plus grand nombre d’acteurs possible.

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Mise à nue

Le premier plan s’ouvre sur une vaste plaine. Une terre mise à nue : peu de haies, peu de vie. Ici, la terre est comme de la pierre – dure, quasi-minérale et presque inerte. C’est un « huitième continent qui se dessine sous nos pieds« , comme l’explique peu de temps après le paysan-permaculteur, auteur et formateur Xavier Mathias. A voir le couple Lydia et Claude Bourguignon (du laboratoire d’analyse microbiologique des sols) creuser difficilement dedans pour en analyser la teneur, on prend déjà la mesure du temps : « Les sols sont fertilisés mais ils ne sont plus fertiles, la profession agricole a décapitalisé » souligne l’expert en qualité des sols, qui avec sa femme, depuis des années, sensibilise au besoin de garder les terres en vie.

Parce qu’elles seraient mortes ? Avec le temps oui. Le temps passé à les saturer de produits chimiques et à les labourer à la force du tracteur les a épuisées. Pire, « c’est une campagne déshumanisée », déplore Xavier Mathias, bien conscient du chantier nécessaire pour inverser la vapeur. A ses côtés, Maxime de Rostolan, fondateur de l’association Fermes d’Avenir (dont je vous parlais déjà ici en octobre 2016) confie LE chiffre clef qui lui a fait quitter la vie urbaine pour se lancer à corps (et à coeur) dévolus dans la vie paysanne : « on a divisé par 25 notre efficacité énergétique pour faire de l’agriculture, comment est-ce possible !? » interroge-t-il face caméra, de cet air candide qui partout l’accompagne, du haut de sa carrure, pour questionner et convaincre les grands de ce monde de mettre fin à « cet état de faillite programmée ».

L’ancien ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll, le militant puis ministre de la transition écologique Nicolas Hulot, le candidat Emmanuel Macron (alors « en mâche » pendant sa campagne, comme plaisantent les membres de Ferme d’Avenir) font partie des personnalités que l’équipe va rencontrer, tour à tour, pour tenter de convaincre de la nécessité de faire évoluer les pratiques agricoles, d’innover en mettant en place d’autres systèmes de production, d’autres modèles économiques. Des rencontres qui donnent aussi le « la » du temps très vite : « le temps long n’est pas intégrable dans le débat politique aujourd’hui, l’immédiat nous plombe au quotidien, l’actualité et les contraintes nous rattrapent« , avoue tout de go Stéphane Le Foll, au début du film…

20 ans

A l’assaut des pouvoir publics – Image extraite du film « On a 20 ans pour changer le monde », d’Hélène Médigue

Histoire d’une désynchronisation

Alors que le film distille habillement des chiffres symboliques (on apprend notamment que la production nationale a chuté en volume et en 15 ans, de 12 % pour les légumes et 26 % pour les fruits; ou que le suicide est la troisième cause de décès chez les agriculteurs exploitants, un suicide tous les 2 jours – soit 20 % supérieur à la moyenne nationale), des séquences aussi drôles que poétiques le parcourent également, tel cet échange avec le célèbre botaniste Françis Hallé, qui émet de « doutes sérieux sur l’être humain en tant qu’espèce zoologique » et déplore que nous ne fassions « que des conneries« , avant de se faire hisser en haut d’un arbre, seul lieu où il se sente véritablement apaisé dans ce monde…

Au fur et à mesure, ces paysans s’apparentent à des abeilles ouvrières qui ne cessent de s’activer pour le gagner, ce fichu temps. « Je suis habitée par cette idée que notre conscience est à la traîne de la science« , confie la réalisatrice Hélène Médigue. Concernée par ces problématiques depuis longtemps, elle inscrit ce film dans la lignée de ces précédents films (sur l’autisme et la médecine générale notamment), dans une quête de sens pour relier deux visions, deux mondes agricoles qui bien souvent ont du mal à communiquer ensemble… « Je me suis concentrée sur l’exemple de Fermes d’Avenir, mais il y a d’autres acteurs qui agissent dans le secteur bien sûr ! En leur compagnie pendant un an avec une caméra au plus près des personnages, j’ai surtout eu affaire à des urbains qui sortent de grandes écoles, des jeunes de 20 à 40 ans qui s’emparent de ces sujets et s’attaquent à la transition sur tous les front – l’information, l’influence, la production, le financement… » explique la réalisatrice, désireuse de relier plus que de dénoncer. « J’ai organisé des rencontres spécifiquement pour le film« , note-t-elle encore, heureuse d’avoir convaincu un agriculteur conventionnel (Vincent Louault) de se lancer dans le défi progressif d’une culture plus biologique… « mais quand il faut changer, il faut aussi que l’état les aide ! » relève Hélène Médigue.

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Fermes d’Avenir convainc un agriculteur conventionnel, Vincent Louault (à gauche) de suivre progressivement leur exemple – Image extraite du film

Si le film a bénéficié de la confiance absolue et l’investissement du producteur, François Charlent, il bénéficie aussi d’une musique sur mesure composée par Christian Olivier, « grand musicien, arrangeur, auteur à texte, interprète et surtout poète ! » s’enthousiasme la réalisatrice, qui s’est tenue à ses côtés image par image afin de ficeler cela au mieux : « J’ai un atelier de création et c’est dans cet endroit un peu hors du temps qu’on se retrouvait pour visionner image après image, on travaillait les sons, Hélène me soufflait des pistes et je sculptais au fur et à mesure les compositions. Ce qui m’inspire ce sont les choses qui se croisent, se bousculent, partent dans tous les sens mais toujours gardent un élément en commun, cette espèce de l qui maintient la spécificité de chaque son, thème, voix et qui les fait vivre ensemble » indique pour sa part le compositeur (cf. la bande annonce ci-dessous)

Vingt ans ?

De fait, une question intrigue avec le choix du titre et cette affirmation qu’il fait sienne, « 20 ans pour changer le monde ». Pas moins ? Pas plus ? « Le climatologue Jean Jouzel dit trois ans, ce qui est un peu flippant. L’écologiste Yves Cochet dit que l’effondrement est inévitable d’ici 2030, et le GIEC nous donnes un horizon de à 2100. Alors je fais comme Obélix, je tranche, et me dis que ce sera plus probablement en vingt ans ! Quand on voit les progrès faits ces dernières vingt années en plus… », relève Maxime de Rostolan quand on l’interroge à ce sujet.

Signe positif, d’après lui : le fait qu’il y ait de moins en moins de débat sur le constat (des menaces climatiques et environnementales), et que les échanges auxquels il prend part se focalisent surtout sur les solutions. « Le débat technico-politico-économique doit toujours être remis en cause, et notre approche a pour ambition d’impliquer institutionnels comme financeurs, paysans comme citoyens, associations comme syndicats » relève encore le fondateur de Fermes d’Avenir, qui pour la sortie du film publie également un livre éponyme dans lequel il s’adresse à une vingtaine de personnalités, du maire de son village à l’humoriste Guillaume Meurice.

In fine, les plus convaincus n’apprendront rien sur le propos de fond du film, les puristes regretteront que seul l’exemple de Fermes d’Avenir soit mis en avant, mais l’énergie déployée par l’ensemble des protagonistes mis en images et en musique dans ce film a de quoi convaincre et faire découvrir un monde bien ancré dans la terre – et ce malgré les cernes, les cheveux en bataille et les vieux t-shirts de ces acteurs de terrain ! Hélène Médigue, pour sa part, envisage de créer maintenant des fermes thérapeutiques adaptées pour l’accueil d’adultes autistes : « ce film a été la confirmation de l’énergie que je veux mettre dans le développement de ces lieux ». Une histoire à suivre, donc, ou comment allier encore plus dimensions écologiques et sociales et oeuvrer pour la beauté du monde…

Source : http://alternatives.blog.lemonde.fr/ Anne-Sophie Novel

Publié par : La société solidaire et durable | juin 17, 2018

Chômage de longue durée : ces 10 territoires ont l’antidote !


Chers lecteurs,

Ramener à zéro le chiffre du chômage de longue durée dans cinq ans, c’est l’objectif de dix territoires qui expérimentent le projet « territoires zéro chômage de longue durée » conçu par ATD Quart Monde. Les premiers résultats sont déjà là.

Une séance de formation dans les locaux d'EmerJean le 7 juin. EmerJean, comme les autres EBE assure la formation continue de ses salariés (crédit Marie Ferapie)Une séance de formation dans les locaux d’EmerJean le 7 juin. EmerJean, comme les autres EBE assure la formation continue de ses salariés (crédit Marie Ferapie)

Halima est en recherche d’emploi depuis deux ans quand elle entend parler, en 2016, du projet mené par la municipalité de Villeurbanne pour le quartier Saint-Jean : créer une entreprise qui ne recruterait en CDI et à temps choisi que des profils comme le sien, au chômage depuis plus d’un an et résidents du quartier.

Les salariés n’y exerceraient que des activités sur mesure. « J’ai imaginé les activités que je voulais et que je pouvais exercer, comme le soutien scolaire, la formation à l’informatique, des services que les autres entreprises locales n’assuraient pas. Je prenais un risque, celui d’être profondément déçue si l’entreprise ne voyait pas le jour, mais aujourd’hui EmerJean existe bien. » 

EmerJean est l’une des dix « entreprises à but d’emploi » (EBE) créées en 2017 sur dix communes ou communautés de communes de l’hexagone pour expérimenter pendant cinq ans le projet « territoires zéro chômage de longue durée »  portée par l’association du même nom, TZCLD. Le projet est né d’une idée simple, d’ATD Quart Monde.

Un chômeur de longue durée coûte 18 000 euros en moyenne par an à l’État et la collectivité ; pourquoi ne pas convertir cette somme en salaire au SMIC, à travers un outil ad hoc, un fonds de collecte des aides publiques pour financer les EBE ? Cette idée a été inscrite dans la loi du 29 février 2016, votée à l’unanimité par le Parlement.

Chaque EBE est financée aux deux tiers par ce dispositif et pour le reste, par ses activités commerciales. À cette date, le bilan est positif, se réjouit Laurent Grandguillaume, président de TZCLD : « En un an, 25 % des chômeurs de longue durée de ces dix territoires ont été embauchés. Les EBE génèrent un chiffre d’affaire suffisant pour grossir leurs effectifs. Une onzième EBE a même été créée mi-mai en Meurthe-et-Moselle ».

Imaginer de nouvelles activités pérennes

L’idée d’ »activer les dépenses passives », et de transformer en salaire les allocations versées par l’Etat et les collectivités ne date pas d’hier. Elle est à l’origine du RMI créé en 1988 sous le gouvernement de Michel Rocard.

Elle a été reprise en 1995 par Jacques Chirac pendant sa campagne présidentielle ; il proposait « une exonération complète de charges sociales assortie d’une subvention de 2.000 francs par mois [soit l’équivalent de 55 % environ des allocations-chômage] pour toute embauche de chômeur de longue durée sur une activité nouvelle »  (Libération, 17 janvier 1995).L’idée a été rejetée : cette mesure aurait produit un effet d’aubaine qui aurait pénalisé les autres demandeurs d’emploi.

« Il y a des besoins auxquels les entreprises ne répondent pas, parce que ce ne serait pas suffisamment rentable ; ce sont ces besoins-là que les EBE veulent satisfaire » explique Denis Prost, chef du projet TZCLD des communes bretonnes de Pipriac et Saint Ganton, en Ille-et-Vilaine.

Entre vingt et quarante activités non concurrentielles ont ainsi été créées par les salariés des EBE : petits travaux de maintenance, blanchisserie, recyclage et compostage des déchets, maraîchage urbaine, épicerie ambulante… qui débouchent parfois sur une proposition d’emploi.

« Je faisais depuis un an des tâches administratives pour la maison de santé de Pipriac quand elle m’a proposé un poste de secrétaire médicale à mi-temps, raconte Lucie. J’ai signé mon CDI le 1ermars, un an et deux mois après avoir signé avec l’EBE le CDI qui mettait fin à une inactivité professionnelle de huit ans ».

« Chaque fois qu’on imagine une activité que ni le centre social ni les entreprises locales n’assurent, explique Bertrand Foucher, président d’EmerJean, on vise la pérennité de l’emploi créé, plus que la pérennité de l’entreprise. L’EBE n’est qu’un tremplin. »

Des territoires dynamisés

Pour fonder une EBE il faut mobiliser tout un territoire. Deux ans de travail de communication, du porte-à-porte souvent, pour informer les habitants et les chômeurs éligibles, vaincre la peur de certains de n’être plus capables, rassurer les entreprises, les convaincre de rentrer au capital ou de nouer un partenariat, avant de créer l’entreprise. C’est un projet qui ne peut se construire qu’à l’échelle d’un petit territoire de 5 000 à 10 000 habitants.

La carte des territoires habilités en 2016 à expérimenter le projet "territoires zéro chômage de longue durée" (crédit TZCLD)

La carte des territoires habilités en 2016 à expérimenter le projet « territoires zéro chômage de longue durée » (crédit TZCLD)

Notre projet au fond est plus qu’un remède au chômage, commente Aurelie Mathelin, cheffe de projet TZCLD en Meurthe-et-Moselle. C’est tout un territoire qui se reconsidère, qui examine le potentiel de ses femmes et de ses hommes, ses ressources économiques, ses gâchis… Je vous donne un exemple : l’une des activités de notre EBE, La Fabrique, est d’assurer l’entretien de vergers, de revaloriser les fruits perdus des vergers abandonnés. On va aller plus loin. Avec les maraîchers du secteur et les arboriculteurs on pense ouvrir une conserverie ».

La dynamique créée par ces entreprises va-t-elle s’éteindre en 2021, date de fin de l’expérimentation ? Selon les informations publiées par Le Monde lundi 11 juin, la prolongation de l’expérimentation et l’extension du projet à quarante territoires volontaires feraient partie du Plan antipauvreté d’Emmanuel Macron, qui sera dévoilé début juillet, à Versailles.

Source : wedemain / Paola De Rohan-Csermak

Publié par : La société solidaire et durable | juin 4, 2018

Les promesses de l’économie bleue d’après Gunter Pauli !


Chers lecteurs,

Gunter Pauli est un entrepreneur belge, né en 1956 à Anvers. Titulaire d’un MBA de l’Insead de Fontainebleau et conférencier passionné, il parle plusieurs langues et a voyagé sur tous les continents.

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De sensibilité écologiste, il lance dans les années 1990 « Ecover », une entreprise productrice de lessives biologiques. Pauli y croit : toute son usine est biodégradable. Il paie même à ses employés le km parcouru à vélo pour se rendre à l’usine.

Vient alors le choc de sa vie : en se rendant en Indonésie d’où provient l’huile de palme dont il se sert pour produire ses lessives bio, il se découvre coresponsable de la déforestation du Bornéo, c’est-à-dire le biotope naturel des derniers grands primates. Car biodégradabilité et recyclabilité ne riment pas toujours avec « développement durable ».

Pauli vend alors sa boite et approfondit sa réflexion. Il rencontre alors le Pr Heitor Gurgulina de Suza, à l’époque recteur de l’Université des Nations unies qui lui demande, 3 ans avant le protocole de Kyoto, d’imaginer un modèle économique qui ne produira ni émissions ni déchets mais permettra la création d’emplois, de cohésion sociale sans coûter plus cher.

Comme réponse à ce défi, Pauli développe le concept d’« économie bleue », une simple référence à la couleur de notre planète vue à distance.

Le bio-mimétisme

Point de départ de sa démarche ? Le bio-mimétisme. Tout part d’un respect et d’une admiration de la sagesse intrinsèque des écosystèmes dont les industriels feraient bien de s’inspirer. Dans la nature, observe Pauli, deux questions qui nous préoccupent n’existent tout simplement pas : les déchets et le chômage. « A-t-on jamais croisé des arbres, des poissons ou des champignons sans emplois ? » s’interroge-t-il.

Car, la feuille morte qui tombe de l’arbre n’est pas proprement un « déchet » puisqu’elle servira d’office de terreau à d’autres cultures. Contrairement à nos productions industrielles qui s’effectuent souvent en se coupant de ce qui les entoure dans la nature, tout est constamment en lien avec tout, et ceci pour le meilleur et le pire.

Définition de l’économie bleue

Pour résumer sa pensée, Pauli différencie trois types d’économie :

L’Économie Rouge, c’est ce que nous connaissons actuellement, a entraîné la faillite mondiale actuelle. C’est une économie qui emprunte à tous et à tout, à la nature, à l’humanité, sans penser à rembourser un jour. Les fameuses économies d’échelles visant une baisse du coût unitaire de chaque article manufacturé en ignorant totalement les conséquences induites (…)

L’Économie Verte, en comparaison, exige des entreprises de nouveaux investissements, attend des consommateurs qu’ils paient plus cher pour des résultats et des produits équivalents ou moindres, mais soucieux de l’environnement. Or, ce qui était déjà une gageure en période de richesse, est devenu en temps de crise quasiment impossible (…)

L’Économie Bleue. Si nous changeons de perspective, nous constaterons que l’Économie Bleue s’attache à des questions de régénération qui vont au-delà de la préservation ou de la conservation. L’Économie Bleue ne recycle pas, elle régénère. D’une certaine façon, l’Économie bleue consiste à s’assurer qu’un écosystème maintient ses règles évolutives afin que tous puissent bénéficier des flux infinis de la Nature en matière de créativité, adaptabilité et abondance.

Objectif zéro déchets

Pour Pauli, l’objectif n’est pas de faire « moins » de déchets, mais en s’inspirant de la nature, d’arriver à « zéro déchets » ! Non pas par des privations et de l’austérité suicidaire, mais par l’ingéniosité et des sauts technologiques. Après tout, abolir les déchets… la nature le fait déjà. Si nos industries ressemblaient à la nature, chaque déchet serait l’aliment d’une autre industrie. Plus qu’une « économie circulaire », il s’agit d’une économie « en cascade ».

Et cela s’avère possible lorsque l’homme, en mobilisant sa créativité invente des nouvelles technologies et des nouveaux procédés permettant de métamorphoser les « déchets » de hier en « ressources » de demain. Et pas besoin de taxes, de subventions, ou même d’investissement, seulement de beauté et d’ingéniosité.

Pour Pauli, le système actuel qui prospère grâce à la pollution, ressemble à celui qui vivait grâce à l’esclavage. Or, comme toute révolution, l’abolition de l’esclavage a dû franchir trois étapes dans l’esprit humain : d’abord on l’a considérée comme ridicule, puis comme dangereuse, puis comme évidente. D’où Gandhi :

D’abord ils vous ignorent, puis ils se moquent de vous, puis ils vous combattent, puis vous gagnez.

Bien qu’il soit membre du très malthusien Club de Rome, Gunter Pauli, auteur de « Croissance sans limites », ne croit pas que l’homme est une métastase cancéreuse de l’univers, tout au contraire. Il adore la science et pense que rien qu’avec les déchets et la connaissance, il y a de quoi nourrir des milliards d’individus sur terre.

L’abolition de la pollution est l’objectif de son Institut de recherche, le Zero Emission Research and Initiatives (ZERI). Entrepreneur dans l’âme, il plaisante en disant qu’il ne s’agit pas seulement d’un think-tank (une boîte à idées) mais d’un do-tank (une boîte capable d’agir). De nombreux inventeurs et scientifiques, bloqués par le conformisme des États et une finance hostile au progrès, apportent conseils et suggestions.

Comment ça marche ?

Voici quelques exemples de l’économie bleue existants ou en cours de réalisation, ou qui n’ont pas réussis :

  • Marc de café pour produire des champignons. Du caféier à la tasse, nous ne consommons que 0,2 % de la biomasse de la plante. Le reste est gaspillé. Absurde ! Le marc de café, est de loin le meilleur compost possible pour la culture de champignons. Car une fois bouillie, la fibre du café est un terreau idéal. Déjà dans des centaines de villes aux quatre coins de la planète, la collecte du marc de café permet d’alimenter des champignonnières. Quant aux surplus de champignons, ils seront utilisés pour nourrir du bétail.
  • Imiter la pêche sélective des baleines et des dauphins. Ces poissons produisent des bulles sous leur proie. Les poissons les plus légers se retrouvent propulsés vers les hauteurs où les prédateurs les récupèrent. Mais les femelles qui portent des œufs, et qui sont donc plus lourdes, restent en bas. Résultat : la pêche ne porte pas atteinte au cycle de reproduction. A titre expérimental, l’Indonésie teste actuellement une dizaine de catamarans équipés de tuyaux injectant des bulles d’air sous les bancs de poissons afin d’imiter le procédé. Le principe est génial, mais c’est loin d’être gagné d’avance.
  • Couches culottes pour faire pousser des arbres fruitiers. A Berlin, on tente l’expérience. Les parents de nourrissons se voient offerts de couches culottes gratuites. Une seule condition pour en profiter : les ramener lorsque bébé a fait ses besoins. Les couches culottes en question se transforment en « terre noire » favorisant grandement la culture d’arbres fruitiers. En bout de chaîne, c’est la vente des arbres qui permet la gratuité de l’ensemble de la chaîne.
  • Déchets de viande pour produire des médicaments. Les armées de Napoléon se servaient d’asticots pour nettoyer les plaies des blessés. Aujourd’hui, un abattoir africain utilise ses déchets de viande, en les exposant aux mouches, pour en produire. Trempés dans de l’eau bouillante, les asticots, après avoir libéré l’enzyme précieuse qui permet de soigner les plaies, servent de nourriture aux cailles et aux poissons.
  • La pierre pour produire du papier. Aujourd’hui, pour produire une tonne de papier, il faut de la fibre et sept tonnes d’eau. Énorme ! Un nouveau procédé permet de produire du papier sans eau et sans arbres, uniquement avec de la poussière de pierre, de craie et du plastique recyclé. Résultat : du papier recyclable une centaine de fois, trente fois plus qu’aujourd’hui.
  • Transformer le CO2 en nourriture. Comme tout le monde, Pauli constate que les centrales à charbon rejettent du CO2. « On dit que le CO2 est mauvais parce que nous ne savons pas quoi en faire. Donc c’est nous qui sommes mauvais ! » Or, le CO2, on peut le capturer avec de la spiruline, une micro-algue qui représente un complément alimentaire idéal et facile à produire. A ce titre, elle intéresse beaucoup l’Agence spatiale européenne qui réfléchit beaucoup sur comment, lors de voyages interplanétaires, transformer « les déchets » des astronautes en ressources utiles.
  • Appareils sans piles. Le système naturel cherche toujours à faire plus avec le moins d’énergie possible. Comment les systèmes naturels génèrent-ils de l’électricité tous les jours ? Ce n’est pas grâce au soleil comme on le croit souvent. Mais par la gravité et la biochimie. Les systèmes naturels n’utilisent ni piles, ni métaux : comment peut-on résoudre le problème de la connectivité, si ce n’est en regardant comment la vie elle-même génère de l’électricité ? Et de montrer un prototype de film électrocardiogramme (thin film electrocardiogram), un électrocardiogramme qui marche sans batterie, comme un patch, qui permet, en utilisant la connectivité naturelle du corps, de fonctionner pendant 24 heures, sans piles, sans fil. « Oubliez les technologies qui ont besoin de trop d’énergie pour fonctionner comme le Bluetooth ! » Faisons tout sans piles. Les prothèses auditives, les téléphones mobiles peuvent fonctionner par la conductivité naturelle que nos corps produisent. Comme le dispositif nanométrique inventé par le Pr Jorge Reynolds qui permet de récupérer l’électricité produite par notre corps et qui nous permet d’envisager bientôt des Pacemakers ne nécessitant ni chirurgie, ni anesthésie, ni piles pour fonctionner… Le Fraunhofer Institut est en train de produire le premier téléphone mobile qui fonctionne en convertissant la pression générée par la voix en électricité ! On peut créer de l’électricité avec le corps (60 volts/heure) ou par la pression de la voix et cela permet d’envisager de faire fonctionner un téléphone mobile pendant plus de 200 heures ! Plus vous parlez, plus votre téléphone est chargé !
  • La soie pour se raser. La nature produit depuis des milliards d’années des polymères à partir des acides aminés d’insectes (vers à soie, araignées, etc.) ou de mollusques (moules, etc.). Si nous étions capables de les fabriquer comme eux plutôt que d’utiliser la pétrochimie, nous arriverions à révolutionner profondément la production. Aujourd’hui, on est capable d’utiliser la soie pour faire des réparations nerveuses ou osseuses. L’araignée est capable de produire 9 types de soies différentes, avec des qualités de résistance différentes selon l’eau qu’elle y incorpore. « On utilise 100 000 tonnes d’acier pour fabriquer des rasoirs jetables », s’enflamme Gunter Pauli, « alors que la capacité de la soie pourrait nous permettre de nous raser sans jamais pénétrer la peau. On pourrait remplacer l’acier et le titane de nos lames de rasoir par de la soie, ne nécessitant ni pétrole, ni énergie, ni déchets. Un hectare de mûrier permet de produire 2 tonnes de soie. La Chine ancienne a travaillé à régénérer des sols arides en y plantant des mûriers dont la soie a été le sous-produit. Pour fabriquer des rasoirs avec de la soie, il faudrait planter des mûriers sur 250 000 hectares de sols arides qu’on pourrait reconquérir par ce moyen et qui permettraient de générer plus de 12 500 emplois », explique Pauli, chiffres à l’appui. Au final, « l’observation et l’imitation des systèmes naturels pourraient nous permettre de générer des polymères naturels, conquérir des terres arides et créer des emplois ! »

On le voit, pour Gunter Pauli, l’économie bleue sera une occasion fantastique pour notre réindustrialisation et un gisement énorme d’emplois non-délocalisables. « 10 ans, 100 innovations, 100 millions d’emplois », est d’ailleurs le sous-titre de son ouvrage « L’Économie bleue », paru aux éditions Caillade en octobre 2011.

Ses idées sont tellement simples qu’il en a fait un livre de fables pour les enfants. En 2013, la Chine a autorisé la diffusion de ses fables dans ses écoles maternelles et l’édition francophone, imprimé aux Pays-Bas sur « papier-pierre » est désormais disponible. (Les Fables de Gunter, pour ne jamais cesser de rêver, Bluekids 2014).

Conclusion

Deux questions restent cependant à éclaircir. D’abord, à l’intérieur du système financier néolibéral et suicidaire actuel, l’économie bleue, en tant que mouvement entrepreneurial écologique, sauf à se contenter d’être « une niche » de survie, ne pourra jamais réellement réaliser ses objectifs. Pour cela il faut, comme l’exigent Lyndon LaRouche et Jacques Cheminade, rétablir le temps long, celui de la créativité humaine et son interaction avec la nature.

Ensuite, ni Pauli, ni des jeunes chercheurs tel que le scientifique français de talent Idriss Aberkane qui s’en inspire, ne comprennent réellement le rôle fondamental de l’homme, une créature qu’ils continuent à considérer comme en contradiction avec une nature qu’ils ont tendance à déifier et dont ils demandent que l’on « imite » l’intelligence ». Ils oublient que [lorsque l’homme « imite », non pas la nature mais les principes physiques qui le régissent, il ne fait qu’agir en accord avec sa propre nature, celui d’être la conscience pensante et donc le pilote responsable de l’univers. Nous leur disons :

L’anthropocène a commencé depuis plusieurs décennies et aucune issue ne nous ramènera vers le passé.

Vous pouvez lire le livre de Gunter Pauli, l’économie Bleue et visiter son site internet en cliquant sur l’image ci-dessous !

Source : https://www.gunterpauli.com/ et http://www.solidariteetprogres.org/

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